DIVISION INTELLECTUELLE ET MOHALK DES SÉMITES
consacrée pour ce dernier sens est hgélion que j'ai déjà eu occasion de mentionner (1). On ne saurait douter que ce concept du Divin sous l'emblème de l'Élevé ait appartenu au sémitisme autre qu'hébraïque, attendu que le nom d'Hélioun se retrouve à Byblos, comme synonyme d'Adonis, et joue un assez grand rôle dans les fragments phéniciens de Sanchoniathon. Mais le polythéisme en altéra le caractère absolu de deux manières, en le faisant entrer dans des systèmes de dynasties divines, et en l'assimilant à des êtres naturels tels que les astres, ce qui fut aussi le sort de Bel (21.
Reste maintenant le radical de Vêtre, hvh, dont les Hébreux ont, tiré celui des noms de la divinité qui devait représenter pour eux, après Moïse, le monothéisme le plus net, et qui, en effet, se prêtait moins que d'autres à l'interprétation polythéiste. L'emploi de ce radical ne paraît pas leur avoir été rigoureusement propre, mais à dater d'un certain moment, il a été de leur part très résolu, très systématique, aussi exclusif que les traditions le permettaient. Comme il s'agit d'un nom postérieur aux autres, sinon en son origine même, au moins en tant qu'il marqua le sens d'une évolution religieuse commencée et poursuivie avec les plus grands efforts pour affranchir l'idée de Dieu des déterminations particulières de l'idée de Puissance, j'aurai à y revenir dans la suite.
On doit voir clairement en quoi le concept ontologique religieux des Sémites ditïéra de celui des tribus aryennes. L'anthropomorphisme primitif et nécessaire de l'esprit humain était le même des deux parts, je veux dire également intense, mais plus simple et plus intelligible pour nous chez les Sémites, qui divinisaient ce que l'homme saisit essentiellement et immédiatement dans la conscience du moi, la Cause, et non pas ces phénomènes externes, cette nature dont l'essence profondément cachée est l'objet inépuisable des éludes prolongées de la science et d'une expérience assidue que tirent sans cesse en tous sens les hypothèses et les systèmes.
On doit voir aussi qu'une division devait nécessairement se produire entre les hommes qui se plaçaient à ce point de vue de la Cause et de la Force attribuées à telle personne supérieure, mystérieuse^ à un ou à des Puissants, à un ou à des Élevés, etc., selon ce que les idées de culte et les mœurs, le genre de vie, nomade ou sédentaire, les impressions, naturelles ou nées de la civilisation, l'étendue ou l'étroitesse de l'intelligence, l'énergie et la simplicité, ou la faiblesse
(1) Remarquer aussi les formes hrjilddh tislàhà hgilâàh, qui dénotent des idées semblables en dehors du milieu hébreu pur {Daniel, iv, li, et m, 26).
(2) Mardouk (=Mérodach), la planète Jupiter. — Bel Mérodach est le grand dieu tutélaire de Babyloue.
INTRODL'CTION 29