VISIONS ET RÉVÉLATIONS DIVINES
ressemblance de l'Homme et représentent l'Homme parfait, immortel et maître des choses. Le créé communique par les sens avec la créature. Adam, ses fils et les patriarches descendants de Noah ont des visions divines d'un caractère anthropomorphique net, indéniable.
Il résulte de là que les Hébreux, comme les Grecs, élèvent la personne humaine à un très haut degré de dignité. L'idée d'alliance ou contrat de l'Homme avec Dieu devient le principe générateur de la religion d'Israël, et appose à sa foi le sceau éclatant de la justice et de la liberté, grâce à l'identité d'essence des contractants et nonobstant l'inégalité sans mesure des puissances.
La croyance anthropomorphique se marque en traits plus nombreux et plus familiers dans le jéhovisme que dans l'élohisme, non pas plus accusés au fond. L'Élohim de la cosmogonie est un être qui voit, dit, fait, juge, bénit, se repose. Adam est à sa ressemblance comme Selhestà la ressemblance d'Adam [Genèse, i, 27, et v, 2, 3). L'Élohim du déluge parle à Noah, lui révèle ses intentions, lui détaille les moyens de salut, lui parle de nouveau pour le faire sortir de l'arche, fait alliance avec lui, avec sa semence, avec les animaux, avec la terre, et promulgue une loi morale. Si nous passons aux légendes des patriarches hébreux, Élohim parle à Abraham prosterné, lui promet un fils de Saraï, une postérité puissante, innombrable, un établissement territorial, et lui prescrit la circoncision de sa race en signe d'alliance, puis monte en s'élolgnant. Après la naissance d'Isaac, Élohim intervient pour rassurer le cœur d'Abraham sur le sort dlsmaël et de la mère d'Ismaël, et lui commander d'obéir sans scrupule aux passions de Saraï. Dans le désert de Beer-Chébah, il entend la voix de l'enfant abandonné, et communique avec Hagar par un envoyé. Il apparaît en songe à Abimélek pour lui apporter un avertissement et des menaces. Enfin, c'est lui qui met à Vépreuve Abraham dans la première partie de la légende du sacrifice d'Isaac.
Les envoyés d'Élohim jouent un grand rôle dans les légendes de Jacob. Le patriarche en rencontre décampes au lieu qu'il nomme Mahanaïm, ou Deux-camps (le camp d'Élohim et le sien) ; et il lutte sans plier, du soir au matin, avec un homme du nombre de ces êtres divins, ou plutôt et plus littéralement avec Élohim lui-même, dans cet autre lieu qu'il nomme Penou-El {Face de El) parce qu'il y est resté vivant après avoir vu Elohim face à face (xxxii, 24-30). C'est l'origine du nom d'Israël [Droit devant El) donné à Jacob le Supplanteur. Dans la crise qui suit le crime de Siméon et de Lévi, Élohim indique Beth-El comme lieu de retraite au fugitif, et lui dit d'y élever un autel à cet El qui déjà lui est apparu quand il fuyait la colère