‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoireChapitre 236 sur 243 · RÉCAPITULATION. LA DOCTRINE DES AMES · texte numérisé non relu

RÉCAPITULATION. LA DOCTRINE DES AMES

mais que nul n'a le droit de déclarer absurdes au fond et impossibles. A son tour, la doctrine métaphysique, avec sa thèse tout abstraite, a soutenu dans la sphère de l'idéal des philosophies qui seraient descendues sans elle aux spéculations plus tristes d'un matérialisme non moins illusoire. Mais on ne s'est pas contenté d'envisai,^er une voie générale de continuation de la personnalité, et d'y attacher l'espérance et la foi. On a voulu connaître le passé des âmes. Alors s'est trop aisément offerte à la pensée cette hypothèse des transmigrations, si grossière, si improbable (pour ne la prendre ici que sous ce point de vue] au milieu des possibilités indéfinies que la masse et le fond des lois inconnues du monde ont en réserve pour la vérité. La passion de savoir au delà de ce que permet la condition humaine, celle aussi d'expliquer et de justifier le mal en dépassant la sphère actuelle de la conscience, en supposant des vies antérieures et coupables, ont jeté des doctrines aventureuses hors des sûres lumières de la raison pratique ; et les faits ont prouvé que si tous ces systèmes d'émanation^ de descente et de métamorphoses des âmes sont loin d'apporter une solution rationnelle au problème de l'existence, ils ne réussissent pas mieux à enseigner à l'homme la sagesse, à donner à la société sa règle. L'ambition du savoir ne perdit pas les Hébreux. Pénétrés du sentiment de la puissance divine, qui leur faisait regarder la nature comme l'œuvre d'une volonté, et la vie humaine comme un don plutôt que comme une nature ; très attachés d'ailleurs aux biens matériels et bornés de cette vie, et n'en rêvant pas une autre, ils ne crurent pas à l'immortalité des ancêtres et n'imaginèrent aucun mode de permanence des mânes (si ce n'est peut-être cet état indistinct que pouvaient imaginer ceux pour qui le Scliéol était non pas le tombeau simplement mais un lieu analogue à Vlladès des Grecs un séjour des ombres). Quand un patriarche approcha de l'idéal divin aux yeux de son peuple, la vie de celui-là passa pour se continuer simplement auprès d'Élohim qui l'avait pris. Mais comme deshommes si religieux ne pouvaient demeurer toujours dans cette indifférence, ni éviter le choc des démentis donnés par l'expérience à la doctrine de la rémunération temporelle des mérites, ni adopter les dogmes égyptiens, de tout point contraires à leurs tendances, ni enfin se contenter des superstitions que leur communiquaient parfois de petites nations voisines, le moment vint où le peuple juif élabora (seul ou aidé d'un autre peuple, il n'importe pas ici) une doctrine originale qui donnait satisfaction à ses besoins nouveaux, à son esprit de tous les temps. La résurrection des corps, une seconde vie sur la terre fut la forme d'immortalité qui convint à ses vues : elle donnait satisfaction à la puissance de Dieu, seul maître de la vie et de la mort, assurait la récompense aux mérites des justes et s'adaptait au genre terrestre et

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