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IDENTITE DU CIVILISÉ COMMUN ET DU SAUVAGE :?:M

sa passionelce qui est juste. Or cette distinction et cette opposition sont précisément ce qui est caractéristique, et l'on peut mettre au défi les auteurs de la confusion des espèces, les John Lubbock, les Tylor, les Romanes et toute l'école darwiniste, de produire un homme de race quelconque, s'il n'est idiot, dont les croyances soient bornées au simple effet des impressions, et qui ne mette jamais en balance sa passion et l'idée qu'il a de ce qui doit être fait dans un cas donné, tellement qu'il ne sache point ce que c'est que promettre et ce que c'est que mentir, cariln'en faut pas davantage. En un mot, les dispositions vicieuses du sauvage, comparé au civilisé, ne peuvent recevoir cette'qualification que parce que le premier n'y est point condamné par sa nature, et que le second est loin d'y échapper toujours par l'exercice de sa liberté.

Les hommes de la civilisation étant plus ou moins infectés des vices des sauvages, suivant les nations et les mœurs, suivant que la coutume et la religion varient, et, dans chaque nation, suivant les milieux où ces hommes sont élevés, les maximes qu'ils voient professées, les exemples qu'ils reçoivent, et le degré de leur participation à la culture du lieu ou du temps où ils vivent, il est naturel de penser que l'état sauvage est simplement celui des sociétés, nécessairement peu étendues et d'une organisation peu complexe, pour lesquelles les événements de la vie ont réuni les plus défavorables de toutes ces conditions. La plus fâcheuse est l'absence de cette élite que j'ai distinguée plus haut de la masse d'un peuple, et dont la culture tranche sur la moyenne d'intelligence toute coutumière des individus dont elle a la charge morale, et dont seule elle est en possession de déterminer les règles générales de conduite, ou par commandement ou par voie d'influence. Qu'il s'agisse d'un sacerdoce ou d'une caste, ou d'une aristocratie ou d'une classe dirigeante, que celle-ci soit plus ou moins ouverte, exerce une autorité avec ou sans privilèges, et se distingue bien ou mal de la masse quant aux apparences, la masse est en réalité toujours conduite; les variations que son état peut subir lui viennent de l'élite, qui elle-même se modifie grâce à l'initiative des quelques hommes de chaque génération qui sont investis de dons supérieurs par leur caractère natif, et d'un crédit particulier par les circonstances. Les civilisations diffèrent grandement les unes des autres selon la nature et le mode d'organisation de ces pouvoirs originairement naturels, ensuite artificiels et de contrainte dans une mesure variable, mais il n'exista jamais de civilisation sans eux. Les institutions et, sur quelques points plus favorisés, les lois écrites, les constitutions

ajouter, quand il s'agit de l'iiomme, les idées de rétlexion, aurait dit Locke, et celles qui naissent de la représentation des possibles égaux, du libre arbitre, ne fût-elle qu'illusoire; et voilà encore le caractère spécifique.

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