‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoire. Les idées. Les religions. Les systèmesChapitre 121 sur 291 · PREMIERS ÉLÉMENTS DE REU6I0N EN CHINE · texte numérisé non relu

PREMIERS ÉLÉMENTS DE REU6I0N EN CHINE

dirigeantes de la société^ ou le reconquérir quand il paraissait compromis.

Ces notions religieuses peuvent se réduire à six chefs : !<> reconnaissance d'un Seigneur suprême, le Ciel, et d'une certaine correspondance entre Tordre des phénomènes célestes et atmosphériques et la conduite des hommes; 2* reconnaissance des Esprits attachés aux corps célestes et aux grands météores ; 3** des Esprits terrestres qui président aux monts, aux lacs, etc., et aux difTérentes localités; 4** de ceux du genre de l'homme, c'est-à-dire des vivants ancêtres, protecteurs de la Chine; 5* sacriQces, libations, invocations à ces différents ordres d'esprits; 6" procédés d'auguration pour dévoiler l'avenir et régler les décisions humaines.

CHAJ^ITRE IX

Religion patriarcale des Chinois et des Japonais. — Morale

des Chinois.

Le même sentiment, qui^ chez les peuples à vues grossières et basses, engendre le fétichisme, persuada aux Chinois que tous les phénomènes sont liés, et que rien ne peut arriver dans le ciel, ou dans Tatmosphère, ou ne fût-ce que sur le dos d'une écaille de tortue exposée au feu, qui ne soit signe, cause ou effet à Fégard des intérêts himiains : de là naquirent les superstitions et les pratiques de la divination ; de là la terreur causée par les éclipses de lune et de soleil ; mais de là aussi l'idée que Tordre des saisons et la distribution de la chaleur, de la pluie et des vents, dépendent de l'exactitude des hommes, et principalement des puissants, à se soumettre à la loi du devoir. C'est ainsi que la notion de la moralité transforma des croyances qui ailleurs n'obéissent qu'au caprice des passions les plus désordonnées, et que l'idée générale de l'ordre du monde, comprenant avec les phénomènes physiques ceux d'une volonté réglée par la justice, devint le mobile essentiel de la religion. Il est dit formellement dans un des chapitres du Chou-kin, dont le caractère antique est parfois très frappant, que le Seigneur-Ciel irrité contre Kouen, qui n'avait su que troubler les cinq éléments en opposant des digues aux eaux de l'inondation diluvienne qu'il était chargé de faire écouler, lui refusa la connaissance des neuf grandes lois ; mais qu'il la révéla à son fils Yu, en sorte que l'ordre universel des conditions humaines put refleurir. Or ces lois sont liées entre elles, et l'exacte observance de celles qui dépendent directement de l'homme assure le fonctionnement régulier des autres. Ce sont : !<> cinq qualités propres des cinq éléments, comme pour l'eau de descendre, pour le feu de monter, pour le bois d'être élastique, etc. ; 2® cinq qualités de perfection humaine, dans la tenue du corps, dans la parole, dans les sens, dans la pensée ; 3<> huit principes de vie et de gouvernement : denrées, commerce, culte des Esprits et de la parenté, travaux publics, magistrature des mœurs et de la justice, hospitalité, milice; 4^ cinq choses concernant le temps et ses divisions, l'an, le

Page 1