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SACRIFICES ET RITES

symbole d'égalité entre les personnes de tout rang (1). La victime la plus élevée est le cheval, sacrifié aux funérailles des empereurs et enterré dans leurs tombes; encore est-ce moins un sacrifice peutêtre qu'une superstition, ordinaire aux religions primitives.

L'offrande du sang est destinée aux génies de la Terre et des productions de la Terre, au principe femelle. Les victimes sont alors de la petite espèce, et les dons sacrés sont déposés dans la terre, dans Teau, sur des tertres, au bord des puits, selon qu'ils s'adressent à des génies de telle ou telle résidence. Le principe mâle ou du mouvement n'est pas remercié par l'offrande du sang, mais les victimes, par exemple le bœuf sacrifié aux corps célestes, sont consumées sur le bûcher et mêlent leur fumée à celle des étoffes et de quelques autres objets.

Enfin on doit mentionner, suivant les cas, les libations de liqueurs fermentées, les exhibitions de pierres précieuses dont les formes et les couleurs représentent symboliquement le Ciel, la Terre, les Esprits, le Printemps et sa force productive, etc. ; les cérémonies et invocations musicales propres aux différents genres d'esprits et d'offrandes, les règlements concernant le Feu et ses usages religieux et hygiéniques, les jeûnes qui précèdent les sacrifices, les prescriptions de pureté et de propreté pour les vases et autres instruments de culte, et le cérémonial minutieux qui détermine l'ordre des personnes et des choses.

Plusieurs de ces traits du culte chinois sont communs à bien d'autres religions et me semblent naturels chez toutes plutôt qu'empruntés chez aucune. Quelques-uns sont caractéristiques: ainsi l'emploi exclusif des couleurs et des figures, sphères, cubes, octaèdres, fers de lance, etc., pour symboliser les essences et vertus divines. Un trait qui n'est pas moins remarquable chez la nation chinoise et qui est des plus nobles, c'est l'étroit lien établi entre l'état de mariage et le sacrifice de famille. L'épouse et l'époux sont également indispensables à l'accomplissement de ce rite religieux. L'homme n'entre en rapport sacré avec ses ancêtres que par le mariage, et par un acte commun avec la femme qu'il a reçue d'une famille étrangère.

Le sacrifice avait primitivement pour objet de nourrir les Esprits de la partie la plus subtile des offrandes ; les hommes mangeaient, disaiton^ les restes des Esprits. Ensuite il exprima plus symboliquement la reconnaissance, la joie, la soumission à la loi du devoir (v. Li-kij ch. xx). Il y avait aussi des rites de déploration pour compatir aux maux des personnes et des royaumes, des rites de consolation dans

(1) Le Li-Ari est formel à ce sajet. Voir le chap. xix de la traduction de M. Callery.

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