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ESPRIT MYTHOLOGIQUE DES PEUPLES ARYENS

nement séparées selon toute apparence, et dont nous ne connaissons que peu ou point les anciens âges^ Lien qu*elles nous touchent de plus près par le sang, ont eu des panthéons, des mythes et des légendes qui ne manquent d'analogie ni entre eux ni avec le contenu deTantique Véda.

Le dernier mot de ces rapprochements est très loin d'être dit; mais dussent-ils rester toujours bornés, et souvent douteux, on ne sera pas moins frappé de l'identité de l'esprit mythologique aryen, là même où la matière qu'il met en œuvre s'est le plus diversifiée. Et comment cetle matière serait-elle demeurée constante, sous tant de climats divers, des marais de la Germanie et des steppes du Don à l'archipel d'Ionie et aux plaines et montagnes de l'Asie centrale ! J'ajoute qu'un caractère saillant de la religion des peuples aryens, tant qu'ils demeurent à l'état de tribu, et même encore après qu'ils semblent s'être enchaînés par des institutions, c'est précisément la mobilité qu'ils apportent à construire ou à modifier leurs mythes^ en raison des impressions qu'ils reçoivent et des réflexions auxquelles ils sont accessibles. Et il n'en saurait être autrement chez des races dont la faculté dominante est l'intelligence.

Il serait intéressant, et ce serait le lieu, de comparer les dieux et les principaux mythes connus de tous ces peuples de même origine et de destinées si différentes, en les prenant aux époques analogues et qui peuvent passer pour également primitives^ même alors qu'un intervalle de quinze ou vingt siècles les sépare. Nous verrions comment le concept du divin se place tout d'abord et partout dans le phénomène naturel, distingué et personnifié autant de fois que se distinguent sensiblement les puissances de la nature; comment les mythes expriment les rapports des phénomènes, en racontant la vie et les aventures, les amours, les haines et les luttes des personnes qui sont ces mêmes phénomènes pleins de passion et de volonté ; quelles dispositions de l'âme empreignent de grâce ou de cruauté les scènes que l'instinct mythologique l'engage à se peindre le plus habituellement parmi celles qui la touchent; quels changements de mœurs peuvent faire que le même dieu, qui naguère était un Soleil, auteur de la vie, devienne un combattant qui donne la mort pour signaler sa puissance, et dès lors un symbole de toutes les violences, un dieu de la guerre, et quelles faciles inflexions d'idées se prêtent toujours à servir les mouvements du cœur. Nous reconnaîtrions Théroïsme d'une nation et puis sa bassesse, écrites l'une et l'autre dans ses légendes familières ; et cette élévation de vue, d'où naissent des symboles de l'ordre général du monde ou de la vie humaine; et cette sorte de niaiserie enfantine ou sénile, si remarquable dans les innombrables sornettes par lesquelles finissent les mythologies dont

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