‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoire. Les idées. Les religions. Les systèmesChapitre 153 sur 291 · ESPRIT MYTHOLOGIQUE DES PEUPLES ARYENS · texte numérisé non relu

ESPRIT MYTHOLOGIQUE DES PEUPLES ARYENS

l'esprit s'est retiré. Enfin, nous verrions se joindre au cycle des dieux naturels un cycle plus ou moins complet de dieux intellectuels et moraux personnifiant des idées, des passions et des intérêts.

Une fois ce développement accompli, toutes les religions polythéistes se trouvent avoir à peu près le même panthéon, sauf la préférence de culte accordée à telles divinités. Aussi, si ce n'eût été l'inépuisable variété de la matière mythique, celles des nations aryennes qui dogmatisèrent peu, et les autres encore jusqu'à un certain point, parties des mêmes prémisses, se seraient presque rencontrées dans les mêmes conclusions. C'est le sentiment de cet accord intime qui rendit le syncrétisme religieux si facile, entre les Grecs et les Romains d'uLord, puis des uns et des autres avec tous les peuples dont ils faisaient la connaissance. Partout et sous tous les noms possibles, à les en croire, il n'y avait qu'un Jupiter, un Mars, un Pluton, un Hercule, etc. L'erreur n'eût point été radicale si l'assimilation se fût bornée aux croyances d'origine aryenne, et particulièrement aux moins développées.

Mais je ne veux qu'indiquer le rapprochement des époques semblables, et cependant si distantes pour nous, des mythoiogies aryennes. La suite de mes études laissera de côté le plus grand nombre de ces dernières, parce qu'elles ne sont jamais entrées dans le courant universel des idées et de la foi de l'humanité. Mais je peux me tenir aux généralités pour des religions restées à l'état rudimentaire, comme chez les Germains et les Slaves, ou parvenues tardivement à des dogmes qui ne nous sont pas aussi connus que nous le voudrions, comme chez certaines familles celtiques. Leur mythologie à toutes nous apparaît comme un même moment dans Thistoire de chacune. Je vais donc tâcher de caractériser la religion de l'Arye antique. Elle nous offre, dans ses traits fondamentaux, un type de ce qui lut commun aux nations dont je ne parlerai point, et, de plus, elle est la matière première des religions de l'Inde, dont je suivrai l'importante série.

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