‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoire. Les idées. Les religions. Les systèmesChapitre 155 sur 291 · DIVINITÉS MÉTÉORIQUES DE L'ARYE · texte numérisé non relu

DIVINITÉS MÉTÉORIQUES DE L'ARYE

Il n'y a point de hiérarchie : chacun des dieux agit dans sa sphère naturelle, en accord ou en lutte avec les autres, ainsi que se cornportent les phénomènes, sans qu'aucun règne en maître comme dans ce palais élhérien que la mythologie de l'Olympe nous a rendus familier. Mais il y a une idée divine dominante, l'idée générale du feu et de la lumière en ses innombrables applications. Les dêvas sont proprement les Lumineux, et c'est le radical div de ce mot Dêva qui est Télément encore reconnaissable des formes variées du mot Dieu, et quelquefois aussi du mot Jour, dans les langues grecque, latine et néo-latines, dans la nôtre pour ne nommer ici que celles-là. Un dieu continuellement invoqué dans le Rigvéda est le Feu lui-même (Agni, %gnis)y comme le premier agent du bien de l'humanité sur la terre, faisant place à l'homme et à ses travaux au sein des forêts, qu'il détruit impétueusement^ ami du monde, gardien du foyer, prêtre et sacrificateur, ministre chargé de convoquer les autres dieux qui assis* tent avec lui au sacrifice et prennent, comme lui, leur nourriture de la main de l'homme. On voit que ce feu n'est point un feu céleste et mystique ; c'est expressément le Fils de la force et le Fils du bois frotté, un dieu de la terre, que Manou, le premier patriarche, institua pour présider au culte, c'est-à-dire au repas sacré de la famille.

Indra et la troupe violente des Vents (Maroutas) déploient dans Tair, pour le bénéfice de l'homme, une énergie terrible et violorieuse comme celle d'Agni sur la terre. Indra, dont la plupart des attributs développent Tidée la plus vaste possible du domaine éthéré, ou de l'air en tant que lumineux, ou enfin du ciel, si nous attachons à ce mot sa plus haute et sa plus pure signification météorologique, Indra est la forme universelle et bienfaisante de Tlgné céleste. Tout brillant d'or, traîné par des chevaux d'azur, il porte, il lance la foudre contre les démons de l'obscurité, les nuages ; il ouvre au soleil sa voie, il répand Teau sur la terre et se manifeste ainsi comme le maître de la vie, le multiplicateur des troupeaux, l'auteur de toutes les richesses. Il a pour compagnon le dieu Vayou à la grande voix, c'est-à-dire l'air comme souffle^ et les Vents particuliers, les puissants Maroutas, qui chassent devant lui les nuées. Ce dieu, dont le caractère atmosphérique est si accusé^ n'est pas moins celui de tous qui peut-être a la personnalité la plus éclatante. C'est un souverain, un maître sage autant que fort, et toujours jeune, qui protège les descendants de Manou, entend leurs prières, ses épouses^ est flatté de leurs louanges, leur envoie des fils, des chevaux, des vaches, des récoltes, lutte et triomphe avec eux dans les combats et vient tous les jours s'asseoir sur la pelouse du sacrifice. Car il aime les mets, il est altéré de toutes les libations, surtout de cet enivrant Soma, la Liqueur-Dieu, qui,

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