DIVINITÉS MÉTÉORIQUES DE L'ARYE
elle aussi, donne le bohneur. D'autres divinités sont présentées tantôt comme bienfaisantes et tantôt comme nuisibles dans les mythes ou elles ont des rôles en ce qui touche les intérêts humains. Elles ne se classent point par ce caractère, tant Tobservation et la traduction mythique des faits célestes ou atmosphériques dominent les sentiments du bien et du mal. Mais la divinité d'Indra, dont, au surplus, la prééminence ne remonte pas aux temps primitifs, est invariablement favorable. L'œuvre capitale qui est la sienne, la délivrance des « vaches célestes » dont nous verrons tout à Pheure le sens, met Indra entièrement à Çart des autres dieux.
La plupart de ces derniers appartiennent à Tordre des conceptions météoriques. Le Soleil lui-même (Sourya, Aditya, Mitra^ Savitri, etc.), sous la multitude de ses noms, n'est pas cet astre, ce corps toujours le même que voit l'homme devenu plus ou moins observateur et astronome : c'est un véritable météore que Timagination personnalise distinctement pour chaque état que lui prêtent les sens, par exemple levant ou couchant, visible le jour ou invisible la nuit, ou pour chaque fonction qu'il semble remplir dans l'atmosphère. Au milieu de ce labyrinthe de notions souvent obscures pour nous, se trouve quelquefois nommé le dieu solaire Vichnou, destiné à devenir l'être adoré d'une religion bien différente, sous la prétention de Tidenlité, Un dieu rival de celui ci, et d'une illustration non moindre dans l'Inde, Siva, n'appartient pas davantage au cycle ancien. Il est vrai que Rendra, un des noms de Siva, figure dans nos hymnes; mais le Roudra primitif paraît n'être qu'un chef, un père des Vents dont la fougue est un fléau. Quand le concept renfermé dans son nom se généralise, ce dieu, qui fait j)lcurei\ devient la personnification vague de tout ce qui apporte la mort aux hommes et aux troupeaux, quelque chose comme Nirriti, autre symbole, cette fois féminin, du Mal et de la Mort; mais son caractère ne trahit rien du culte que les Indiens vouèrent à la Nature dévorante, à l'époque où Siva, divinité d'origine étrangère, usurpa le nom védique de Roudra.
Au reste, la terreur n'est point un mobile religieux des Aryens primitifs. L'ordre d'idées et d'images où se complaît leur poésie est presque toujours aimable. On en jugera, par exemple, d'aprèsla place qu'y occupent les Aurores et ces Cavaliers jumeaux (les Asvinas) dans lesquels se personnifient les premières clartés matinales. La naissance du jour est, pour les auteurs des hymnes, une source intarissable de sentiments d'admiration et de reconnaissance. Puis leur pensée se porte sur le Soleil, sur Indra, sur les Vents et sur les Ondes. Mais, avant l'aurore même, ils ont pensé au Sacrifice; ils ont fait naître du Bois le Feu terrestre, dieu chargé de leur amener les autres dieux autour du Foyer, sur le Gazon ; ils ont nourri la Flamme avec ce