ORIGINE DES IDÉES DE LA MAÏA ET DE LA MAGIE INDIENNE
pose, produit des effets qui paraissent très surprenants quand Thabîtude n'en simule pas l'intelligence : ce même pouvoir amplifié et exalté, il peut l'appliquer au dieu, particulièrement à celui qui étend ses créations sur la scène du inonde, et en faire sortir cette scène elle-même, et ses acteurs, et les corps qui sont leurs costumes. Tout cela, dira-t-on, est bien idéaliste. Mais cet idéalisme remonte incontestablement à la haute antiquité dans llnde.
Déjà dans les hymnes on voit Indra lutter à Taide d'une magie supérieure contre la magie des Asouras qui assemblent les nuages où ils retiennent captives les Ëaux^ les Vaches célestes. Les météores se trouvent donc être des prestiges exercés par une puissance divine, c'està-dire humaine, mais amplifiée. Que cette manière devoir se généralise, et la nature elle-même, la nature entière deviendra la Maîa des temps postérieurs, et nous tenons l'origine de la croyance aux ensomatoses, aux métamorphoses, à tous les jeux de la divinité et aux imitations qu'il sera donné d'en faire aux ascètes suffisamment mortifiés par la pénitence et divinisés par l'extase. Enfin nous devons comprendre quelle perturbation intellectuelle et morale se lie à de telles doctrines. Elles sont un principe véritable d'aliénation mentale pour des hommes qui ont perdu la naïveté primitive, qui sont même passés à l'état contraire, et apportent unesubtilité extrême à l'agencement deleurs idées. L'illusion et la magie sont si bien ce qui les impressionne, au spectacle du monde, et, avec cela, le sentiment religieux les pousse à tel point à s'extravaser de la vie présente, qui n'a aucun prix à leurs yeux, qu'ils en viennent à perdre totalement le sens critique et le sens historique. On a souvent fait cette remarque que les Indiens ont aboli, autant qu'il a tenu à eux, toute succession et toute chronologie; mais elle est plus vraie qu'il n'est possible de l'exprimer. C'est un peuple d'aliénés qui supprime le temps, Tespace, confond tout, et ne regarde ni aux contradictions ni aux anachronismes, parce que pour lui tout coïncide, tout est identique. On trouve dans les Pouranas des exemples étourdissants du doublement des personnes et de leur présence en plusieurs lieux ou sous plusieurs conditions incompatibles.
Nous avons défini l'anthropomorphisme qui succéda au naturalisme primitif des Aryens, et ce sujet nous a conduit à démêler les éléments psychologiques de l'idée de magie dans l'Inde. Ce serait anticiper sur les doctrines que de rechercher maintenant l'origine de l'ascétisme, si étranger aux chantres du Rigvéda et si caractéristique
règles, des loiSj et à se poser en science. Dans la magie supérieure de la création, les Indiens introduisirent aassi des idées systématiques, des périodes. Je ne crois pas moins que le premier fonds de la magie de Tlnde est dans rattribution faite à Tessence humaine idéalisée de produire arbitrairement toutes sortes de formes et d'apparences naturelles.