MYTHOLOGIES ITALIQUES
libres institutions municipales, car sa centralisation fut moins civile que politique ; elle résista par sa ténacité aux incursions gauloises, qui lui facilitèrent la conquête de l'Étrurie; elle dépouilla à son profit rétablissement étrusque de tout ce qui était acceptable en lui, et laissa patiemment tomber dans l'oubli ce que cette théocratie, réputée si puissante et si savante, avait d'incompatible avec le progrès des lois et des mœurs et Tépuration des rites. On ne sut bientôt plus au juste en quoi avait consisté la connaissance fameuse des dieux occultes et des destins, la haute spéculation sacerdotale que le lointain grossissait.
Au fond, ce que le patriciat romain s'appropria, c'est la collection des procédés auguraux, les recettes divinatoires d'après l'inspection des signes, les rites de l'expiation, de la dévotion, des sacrifices^ le calendrier religieux avec ses jours fastes et néfastes; et les plébéiens obtihrent peu à peu, de gré ou de force, la communication de presque tous ces grands secrets. Ce que le patriciat élimina, c'est, en religion, la partie barbare du culte k mesure qu'elle lui sembla surannée et sans application raisonnable; en politique, ce qu'il repoussa, avec l'énergie que Ton sait, c'est le système qui réunit toute Tautorité sur la tète d'un seul rex, afin de mieux défendre les privilèges des autres nobles et de fermer plus sûrement leurs rangs à la poussée de la plebs. Parla, les patriciens ouvrirent inévitablement les leurs, bien qu'à leur corps défendant, et le Peuple romain se constitua. Dès ce moment, le principe du gouvernement tyrannique passa du côté de l'aristocratie à celui de la multitude, dont il fut la tentation à plusieurs reprises et qu'à la fin il séduisit, quand elle eut elle-même perdu les vertus aristocratiques ou le désir de les atteindre.
La fusion des religions italiques entre elles, y compris celle de l'Étrurie, de même que leur identification postérieure avec les religions de la Grèce, et encore plus éminemment, fut favorisée par la similitude du procédé mythologique et des principaux concepts primitifs de tant de nations. Cette similitude ne nous parût-elle pas suffisamment claire, nous devrions la conclure de l'absence de toute lutte, etniême de tous tiraillements sensibles observés pendant le cours d'une alliance qui se forma progressivement. C'est même là uneconsidération qui milite, pour moi, en faveur de Torigine aryenne des Étrusques, et de la faible importance à attacher tant aux éléments supposés orientaux de la civilisation qu'au caractère plus réellement oriental du plus ancien art étrurien. Je dis du plus ancien^ parce qu'il est universellement accordé que les formes de l'art grec y deviennent dominantes à Fépoque où elles nous apparaissent dans la Grèce même. Au reste, je reviendrai ailleurs sur la religion des Étrusques, la chronologie seule