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CHRONOLOGIE DES PATRIARCHES HÉBREUX

jours; ordre de monter avec les sept Richis et la collection de ious les êtres vivants dans un vaisseau qui s'offrira; réalisation des choses prédites ; amarrage du navire à la corne du Poisson, démesurément grandi, et à l'aide d'un Serpent gigantesque servant de corde; sauvetage du Véda, c'est-à-dire de TÉcriture, ou plutôt, ici, de la Parole brahmanique flottant sur les eaux. On reconnaît, sous ce travestisse» ment original, la forme chaldéenne du déluge et, de plus, une imitation du Dieu-Poisson de Babylone, dont je m'occuperai ailleurs. Et voici où se trahit l'emprunt.

Satyavratây le héros du délugcy est un Manou, c'est-à-dire un personnage mythique r^nant sur l'âge actuel du monde. Le cataclysme a lieu sous son règne : ainsi l'exigeait Tadoption d'une légende humaine qui supposait des hommes avant la catastrophe, et y survivant. Or, ceci est incompatible avec la doctrine indienne des ^4^/'^ et des cataclysmes. On verra ailleurs que cette doctrine, œuvre propre et caractéristique des Brahmanes, admettait deux espèces de renouvellement des êtres, à d'immenses intervalles : l'une impliquant la destruction brusque et absolue, à la fin de chaque Jour de /irahma; l'autre, une décadence progressive et une décrépitude suivie d'anéantissement partiel, à chaque changement de règne des Manous. Les grands renouvellements n'ont ainsi rien de commun avec une légende de déluge. Les autres en dilfèrent d'une manière essentielle par la durée et les signes précurseurs. De là les contradictions relevées chez les grands compilateurs-poètes, qui ne savaient où placer dans le corps des mythes nationaux une tradition apportée du dehors. De là les doutes et l'embarras des commentateurs. Un des plus illustres et des plus orthodoxes n'y échappa qu'en soutenant que le déluge de Satyavrata était un fait dénué de réalité, un spectacle magique offert par la grâce du Dieu-Sauveur, pour l'édification du Manou régnant sur la présente période du monde. L'explication est conforme au génie de la spéculation indienne, et n'en est que plus instructive.

Concluons que la légende du déluge, spécialement celle de Xisouthros, fut reçue et élaborée par les peuples de Tlnde, mais comme un produit étranger dont l'assimilation ne devint jamais complète.

Et concluons, de l'ensemble de notre étude, que cette légende suppose un fait historique, intéressant trois des nations de l'ancien monde qui nous ont laissé mémoire d'elles et de leurs temps antiques, un événement par lequel s'est longtemps ouvert, en ce qui les concerne, l'ère formelle de l'histoire, et dont l'époque peut se fixer avec assez de précision au premier quart du xxin^ siècle.

Ce résultat général implique une sorte de confirmation de la chronologie des patriarches hébreux, depuis Noah jusqu'à Joseph; je

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