‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoire. Les idées. Les religions. Les systèmesChapitre 215 sur 291 · BERCEAU DES RAGES SÉMITIQUES I DOCUMENT ÉLOHISTK · texte numérisé non relu

BERCEAU DES RAGES SÉMITIQUES I DOCUMENT ÉLOHISTK

sang, formaient la base de la populalion palestinienne, en y joignant au sud les Philistins, qui ont laissé leur nom à toute la contrée. Gfs derniers, venus des îles de la Méditerranée, ne nous sont pas connus avec certitude, quant à la race (1). Mais les Phéniciens étaient incontestablement des Sémites, quoique répudiés par les Hébreux, pour les mêmes motifs que les anciens habitants de la Babylonie et de l'Assyrie.

Les Phéniciens, avant de s'établir sur les côtes de la Méditerranée, avaient occupé les bouches de TEuphrate. Leur émigration dut être antérieure au déluge^ puisque, dans le cas contraire, ils auraient certainement conservé la mémoire et composé^ comme d*autres, la légende d'un si grand événement (2). Il ne doit plus y avoir aujourd'hui de difûculté à accepter la tradition des Tyriens, qui faisaient remonter la fondation du temple fameux de THercule sémitique à vingt-trois siècles avant Hérodote (au témoignage de ce dernier). A la même époque, qui répond à celle du Moyen Empire égyptien, les monuments constatent déjà des incursions de Sémites dans la Basse- Egypte; et ce synchronisme a de Timportance. Enrichis par le commerce, dont ils furent les agents dans la haute antiquité, les Phéniciens durent avoir de bonne heure de puissantes villes. Au temps d'Abram et dans les siècles suivants, les nomades hébreux ne purent donc pas songer à leur disputer leurs possessions principales, pas plus qu'à s'emparer de la Babylonie ou de TÉgypte. Les Philistins eux-mêmes, petit peuple très belliqueux, furent longtemps exceptés de leurs projets de conquêtes.

Mais les tribus intérieures de ces Kananéens, les Hétéens^ les Jébuséens, les Amorréens, etc., paraissaient sans doute assez faibles, assez divisés pour que les fils de Térach, promenant autour d'eux leurs regards, comme le fait Abram dans ses visions, aient pu jeter leur dévolu sur un pays à la fois le moins capable de résistance et le plus odieux, à cause du contraste des mœurs dans Tidentité de race. Cette pensée, née peut-être avant toute espérance raisonnable, a couvé

(1) Les arguments qui militent ea faveur du sémitisme des Ptiilistius me semblent pourtant de meilleure nature que les arguments contraires. Et il n'est pas invraisemblable que les Sémites se soient étendus à l'ouest étaient fondé des établissements jusque dans l'Ile de Crète, avant l'époque oii les Aryens, c'est-à-dire ici les Pélasges, vinrent en quelque sorte les tourner en gagnant la Grèce après avoir longé le Pont-Euxin. Ceci nous fait remonter aux temps des plus anciens établissements pbéaiciens sur la Méditerranée, qu'un passage important d'Hérodote fixe au xxviii» siècle.

(2) Dans celte supposition, l'établissement aujourd'hui prouvé d'un peuple de race touranienne serait postérieur à l'établissement phénicien dans cette contrée si anciennement envahie et disputée et que Ton conçoit si bien avoir dû l'être, avant et après le déluge.

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