‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoire. Les idées. Les religions. Les systèmesChapitre 228 sur 291 · EXTÉRIORITÉ DBS ARYENS ET DÉS SÉMITES · texte numérisé non relu

EXTÉRIORITÉ DBS ARYENS ET DÉS SÉMITES

races plus anciennes, que ces peuples eux-mêmes ont trouvées et exterminées sur la terre de leurs établissements, comme leurs traditions le rapportent. Je laisse également de côté, à Textrême Orient, la civilisation et le monosyllabisme chinois, qui restèrent en dehors du point de vue des nations de l'Asie occidentale et moyenne et de l'Afrique, et n'avaient point eu de relation originelle avec elles. Et je ne parle pas non plus des langues polysyllabiques agglutinantes, ni de la langue de ces Touraniens dont l'intervention dans les civilisations de l'Asie est un sujet d'études et de découvertes plus récentes (1). Mais même dans la sphère où je me resserre ici, il y a trois éléments qu*il n'est pas permis de confondre, à quelque obscure époque et à quelques peuples primitifs qu'on veuille remonter. Je les ai déjà fait connaître en partie dans leurs sources, et j'ose dire que la diversité des dispositions morales et religieuses des hommes des trois séries, la diversité des premiers fruits qu'ils ont tirés de la réflexion et de la liberté, appliquées à leurs caractères natifs et à leurs milieux, n'éclatent pas moins que la spontanéité variée des langages.

Les trois éléments sont l'aryen^ le sémitique et le chamitique. J ai contesté la distinction de l'élément kouschite, ou céphène, ainsi qu'on le nomme quelquefois. Tout ce qu'il est possible d'admettie, en fait de rapport de Semei de Cham, c'est une très ancienne communication, une action et une réaction entre les Sémites et les nations monosyllabistes africaines. Celles-ci, sous l'influence des premiers, auraient, non pas changé de grammaire, ce qui est impossible, mais adopté peu à peu une grammaire imparfaite qui leur manquait. La même cause expliquerait des ressemblances d'une autre nature entre la langue de rÉgypte et les langues sémitiques, dont elle s'éloigne radicalement d'ailleurs (2). Cette division ternaire est conGrmée d'une manière précieuse par la plus ancienne tradition ethnologique conservée chez les Sémites ; car on peut donner ce nom à la légende de Sem, Cham et Japhet, toute légende qu'elle est, et tout incomplète qu'elle reste après le dépouillement de la fable.

A l'égard des rapports d'origine entre Sémites et Aryens, j'ai discuté et rejeté leur prétendue tradition commune, touchant un séjour primitif paradisiaque. Mais Tirréductibilité des langues est l'argument par excellence, et j'ai tâché de le présenter dans sa force.

Toutefois le critique le plus savant et le plus indépendant ne se soustrait pas lui-même sans peine à deux causes d'hésitation : Tune est l'exemple donné par l'école allemande, restée encore si théologique

(1) Voyez, pour la questioa de FethQique chaldéen le plus ancien, le c. xxix ci-dessous.

(t) Renan, op. et/., p. 79-90.

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