‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoire. Les idées. Les religions. Les systèmesChapitre 229 sur 291 · EXTÉRIORITÉ DES ARYENS ET DES SÉMITES · texte numérisé non relu

EXTÉRIORITÉ DES ARYENS ET DES SÉMITES

jusque dans ses grandes hardiesses; l'autre est le préjugé de l'unité en toutes choses, préjugé qui domine cette même école et ne la domine pas seul, mais se lie aux sentiments panthéistes, substitués de notre temps à la doctrine monothéiste pure de Tâge précédent. L'auteur français dont il faut ici louer l'œuvre exégétique accomplie dans notre pays, abandonne la thèse dogmatique de l'ancienne érudition, mais non sans en conserver des points importants qui permettraient de la reconstruire. Ainsi il nie résolument que des hommes de même origine et de même langage soient arrivés jamais, en se séparant, à composer leurs modes de parler sur des types grammaticaux mutuellement incompatibles ; il nie que des rapprochements de lettres, faits au hasard, aient la moindre valeur scientifique pour identifier des langues; il nie, de plus, que des peuples à idiomes hétérogènes puissent être supposés avoir vécu ensemble, fils des mêmes pères, à une époque anié -ver baie ^ ou seulement anté- grammaticale \ et, en effet, cette hypothèse est vaine. Mais ensuite il se laisse toucher parla ressemblance physique et intellectuelle des deux races (aryenne et sémitique) ; il attribue à la communauté de leurs mythes de bonheur perdu et de séjour paradisiaque une antiquité démesurée, dont leurs communications historiques rendent la supposition inutile. Ajoutons que la similitude entre ces mythes, des deux parts, n'est pas assez exacte pour n'être pas sufûsamment explicable par Texistence d'une pente naturelle de l'esprit de l'homme sur de certains sujets, vers de certaines croyances.

Mais comment concevoir une fraternité dont on a renversé les arguments positifs, et supprimé les moyens? c Je me représente, dit le critique jusque-là si résolu, l'apparition des langues sémitiques et celle des langues ariennes comme deux apparitions distinctes, quoique parallèles, en ce sens que deux fractions d'une même race, séparées immédiatement après leur naissance, les auraient produites sous l'empire de causes analogues, suivant des données psychologiques presque semblables, et peut-être avec une certaine conscience réciproque de leur œuvre. > — c L'humanité comme l'individu ne saurait se souvenir sans la parole, et si les traditions communes admises par MM. Eyrald et Lassen ont quelque réalité, il faut reconnaître que le commerce des deux races se prolongea au delà des premiers jours de leur existence. On pourrait comparer ces relations primitives à celle de deux jumeaux qui auraient grandi à une petite distance l'un de l'autre, puis se seraient séparés tout à fait vers l'âge de quatre ou cinq ans. En se retrouvant dans leur âge mûr, ils seraient comme étrangers entre eux, et ne porteraient guère d'autres signes de parenté que des analogies imperceptibles dans le langage, quelques idées communes, telles que le souvenir de certaines localités, et par

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