‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoire. Les idées. Les religions. Les systèmesChapitre 230 sur 291 · EXTÉRIORITÉ DES ARYENS ET DES SÉMITES · texte numérisé non relu

EXTÉRIORITÉ DES ARYENS ET DES SÉMITES

dessus tout un air de famille dans leurs aptitudes essentielles et leurs traits extérieurs (1). :»

Je ne sais si je me trompe, mais une telle explication me parait plus cruelle pour Thypothëse de Tunité que ne le serait la réfutation la plus rigoureuse. Les traits^ les aptitudes dont on y parle sont Tunique argument, à y regarder de près. Il serait fort, si nous avions la moindre raison d*assurer que des traits et des aptitudes encore plus semblables ne peuvent avoir été déposés par les « causes analogues 9 chez d'autres que les enfants des mêmes parents; passons. La preuve que plusieurs philologues s'épuisent à tirer du langage est réduite à sa juste valeur, et consiste en analogies imperceptibles. Les différences, trop visibles, nous les connaissons d'ailleurs. Restent les quelques idées communes. Elles sont bien affaiblies par un si de la critique : Si les traditions comynunes admises par MM, Ewaid et Lassen ont quelque réalité! Il ne s'agit pas moins de faire comprendre cette origine commune dont la preuve semble excessivement incertaine et le moyen presque impossible. Il est interdit de faire parler la même langue aux deux frères, TAryen et le Sémite^ parce qu'ils en auraient conservé les caractères essentiels ; et il n'est pas permis de leur faire parler deux langues différentes, quand ils ont des parents qui sans doute en parlent une, et doivent la leur transmettre, comme cela se fait d'ordinaire. Il est donc nécessaire que les enfants, avant de se séparer l'un de Tautre et de leurs parents, n'aient pas ce qui s'appelle parlé, qu'ils aient, si Ton veut, bégayé. Encore faut-il qu'ils n'aient pas bégayé trop, nous dit-on, parce qu'on ne s'expliquerait plus les souvenirs communs qu'ils ont gardés de ce temps de confusion de Tesprit et des lèvres. Jamais problème ne parut plus sérieusementembarrassant que celui qu'il estquestion de résoudre par la comparaison des deux races à deux jumeaux, unis et séparés à des âges convenablement choisis.

Dans cette sorte de légende philosophique, la nature et les degrés de liaison et de séparation des jumeaux, c'est-à-dire des tribus de même origine, échappent à toute définition; encore plue l'inqualifiable idiome dont ils se seraient servis, sans le fixer pour leurs descendants, avant l'époque où ils en ont rencontré un qui fût transmissible. Il faut une période de communauté, menant à la séparation, et on ne la conçoit point; car ces enfants, qui sont des hommes, de quel langage ont -ils usé entre eux, et d'abord avec leurs ancêtres, avec la famille-mère? On est rejeté malgré soi dans l'hypothèse qu'on a répudiée, celle d'une époque anté-grammaticale du genre humain. Ni les jumeaux ni leurs parents ne doivent, en effet, ni avoir eu

(1) Renan, op. ct7., p. 462 et 481.

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