‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoire. Les idées. Les religions. Les systèmesChapitre 232 sur 291 · GARÂCTÉRISTIQUE MORALE DES SÉMITES · texte numérisé non relu

GARÂCTÉRISTIQUE MORALE DES SÉMITES

ments politiques, l'esprit de calcul et de commerce, ajoutons d'industrie et de travail.

On a dit que le Sémite n'était pas travailleur. C'est qu'on n'a voulu considérer dans sa race que les branches nomades. Mais les nomades mêmes, à supposer qu'on veuille tenir la vie pastorale pour fainéante, sont plus d'une fois devenus sédentaires, et là où ils ne l'ont pas été, ils habitaient le désert ou des contrées plus propres à la dépaissance qu'au labour. En Arabie, en Egypte, quand elles l'ont pu, des tribus errantes se sont fixées. Les Abrahamides ont rêvé de très bonne heure, autant que nous pouvons en juger, un établissement territorial, et quand ils l'ont possédé, ils se sont assez appliqués à l'agriculture pour s'élever à une population considérable dans un petit pays médiocrement fertile et sans côtes maritimes. Ailleurs, et dès une époque beaucoup plus ancienne, les empires duTigreetdel'Euphrate, dontle fonds de la population était sémitique, ont eu besoin d'une grande production agricole, et il n'est point à présumer que les conquérants aryens, quand il en est venu, se soient chargés de se nourrir et de nourrir leurs sujets. Ces Aryens, qui, dans l'opinion que je combats, auraient eu seuls les goûts et les vertus du travail, on les voit, au contraire, dans le monde entier, ne devenir sérieusement cultivateurs que chez certaines branches de leur vaste famille. D'autres, et de très importantes, comme les Germains et les Celtes, restent le plus longtemps possible à l'état mobile si ce n'est nomade (au moins leurs classes supérieures), et préfèrent à la vie laborieuse les courses militaires sans fin et les ressources du pillage.

Le Sémite est donc travailleur. Mais il ne se livre pas seulement à la culture comme l'Aryen des branches les plus sages, il est industriel comme le Chamite, du moins là où il est passé de temps immémorial à la vie civilisée. On ne peut attribuer qu'à lui le grand développement matériel de Babylone et de Ninive, à lui ou en tout cas au peuple issu de son croisement avec d'autres races. EnOn, le Sémite est éminemment propre au commerce. Il suffit de rappeler le rôle des Phéniciens dans l'antiquité et celui des Juifs dans notre moyen âge. Si l'esprit mercantile a, malgré ses vices connus, été de quelque utililité pour le progrès des différents groupes humains et de leurs relations paciGques ; si tout trafic suppose et applique la confiance et la bonne foi, dans une certaine mesure, et appelle la paix; si l'invention du crédit, si les usages et les institutions qui en sont nés et en naissent encore ont une importance considérable dans le monde moderne, et destinée à grandir encore dans les âges futurs, il est impossible de ne pas lendre aux naticns qui ont pris pour elles l'apostolat du gain et de l'intérêt la justice que leur ont toujours refusée celles qui oui piéféré la civilisation par le sabre.

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