‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoire. Les idées. Les religions. Les systèmesChapitre 233 sur 291 · CARACTÉRISTIQUE INTELLECTUELLE DES SÉMITES · texte numérisé non relu

CARACTÉRISTIQUE INTELLECTUELLE DES SÉMITES

Et combien ce jugement est fortifié quand nous songeons à ce qu'on oublie trop, au service capital rendu à Thumanité par les Sémites inventeurs et propagateurs de l'écriture alphabétique! Ce moyen d'expression et de communication exacte de la pensée fut peut-être recommandé à leurs yeux par les facilités qu'il donne à la pratique, beaucoup plus que par ses services dans la spéculation transcendante, mais il s>st trouvé être la condition par excellence du travail intellectuel et du progrès des idées.

Les qualités de race que je viens de passer en revue appartiens nent à cet ordre passionnel qui occupe en quelque sorte le milieu entre les aptitudes intellectuelles et les déterminations morales. A la rigueur, on pourrait y voir moins un tempérament moral inné que le produit des aptitudes sans doute, mais aussi des circonstances, et des premières décisions et des antiques effets de la liberté. Mais ce point de vue n*est vraiment plus soutenable devant d'autres caractères opposés que présentent les deux races que je compare. Il s'agit des formes qu'affectent leurs intuitions respectives du naturel et du divin, des phénomènes et de leurs causes. Ici^ les langues, en nous donnant un moyen d'atteindre les idées primitives, nous y révèlent une divergence radicale dans l'imagination et dans l'entendement, deux emplois vraiment contraires de la raison, deux principes appliqués à Texclusion l'un de l'autre. Chez les Aryens, la substance et la pluralité; chez les Sémites, la causalité et l'unité, sont les idées directrices de la réflexion qui s'éveille au spectacle de la nature.

Déjà nous avons pu remarquer qu'à autant de grandes races distinctes correspondaient tout autant de manières d'envisager la vie générale et les moteurs du monde, quoique certaines lois religieuses, telles que le sacrifice, se retrouvent partout également. Ainsi, nous avons observé chez le Chinois une notion générale de Tordre cosmique enveloppant l'ordre humain, et Tidée de la personnalité étendue à la terre et au ciel, aux éléments et aux corps célestes, au moyen d'un spiritisme mal défini, de signification surtout morale. Avec l'Ëgyptien c'est autre chose : l'Égyptien nous a paru avant tout frappé des phénomènes divins de fécondation et de génération : partout, dans le soleil, dans le Nil, chez les dynastes antéhis toriques, assimilés à des forces de la nature, chez les animaux divinisés, il a vu et adoré la reproduction et Vincarnation de certains êtres porteurs et transmetteurs de vie, dont il a construit des familles, jusqu'au point oixy forcé de s'arrêter, il s'est mis en face de la génération de soi et en soi. L'incarnation et la métempsychose, le culte des animaux et celui des corps délaissés par leurs âmes sont des corollaires d'une même conception.

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