RÉCAPITULATION. CE QUI SUBSISTE DES PLUS ANCIENNES TRADITIONS
destlDées humaines, une réalisation suprême et une garantie finale du bien, placées dans une conscience souveraine. Ici l'anthropomorphisme éclate enfin, non pas celui que la refiexion mit en évidence dans les dieux complexes du polythéisme aryen, et qui les rendit impossibles à fixer ou à comprendre, mais celui qui, posé dès le début, et gardé fermement, n'eût qu'à se défendre de l'introduction des éléments étrangers. L'anthropomorphisme étant le fond de plus en plus manifesté de toute religion dans Thistoire, celle des nations qui attacha avec le plus d'énergie et de pureté sa foi à ce principe dut en fournir tôt ou tard le modèle de toutes les autres.
Est-ce à dire que rien ne nous reste maintenant du polythéisme des autres peuples? Il est vrai que le sens primitif de leurs dieux s'est oblitéré, et nous n'avons point à le regretter. Mais le concept de la pluralité divine a survécu et s'est développé à nouveau, à la condition de ne plus s'appliquer à des phénomènes physiques, à des éléments, à des lois, ni même à des attributs symbolysés, à moins de porter en même temps et ouvertement sur des personnes qu'il fût possible de supposer réelles. D'autres personnes, cette fois plus directement anthropomorphes, et enfin tout à fait humaines, accompagnèrent les premières.
Et, en effet, le monothéisme hébreu reçut d'abord l'angélologie. Ensuite les idées de Parole et de Sagesse s'étant élaborées au point de se rapporter à une haute personnalité distincte, un médiateur fut imposé à Dieu. Il revêtit une nature humaine positive, historique. Le moteur de la vie spirituelle devint à son tour une personne procédant au sein de Dieu des précédentes. Les saints s'ajoutèrent aux anges, et, par-dessus les saints, vint la Mère de Dieu. C'est bien l'incontestable logique du polythéisme, en dépit des explications et des hiérarchies, qui met au ciel une population d'immortels^ en rapport de culte avec les hommes et de connaissance avec l'être suprême, et qui envisage, dans ce dernier ^d^ personnes de construction idéale, assez réelles, assez divisées, dans leur unité métaphysique, pour qu'une seule d'entre elles ait pris un corps sur la terre. Cependant le progrès de l'anthropomorphisme, accusé par ces applications croissantes, dégage plutôt qu'il ne contredit le premier principe de l'évolution judéo-chrétienne, car définir et multiplier ce n'est pas nier. Une loi semblable nous apparaîtrait si nous examinions une série toute différente, celle qui partant de Témanateur unique universel, dont un songe est le monde, aboutit, dans le bouddhisme, à remplir les espaces de la béatitude avec des êtres qui tous ont été ou peuvent être des hommes.
En résumé, les deux principales traditions religieuses dont les