‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoire. Les idées. Les religions. Les systèmesChapitre 65 sur 291 · MORALE DE HEGEL · texte numérisé non relu

MORALE DE HEGEL

personne. Pour eux, l^universel et son développement ont compris toutes les manifestations de forme individuelle, à titre de simples moments de cette grande vie, inconsciente pour soi^ transitoirement consciente en elles. '

Hegel a souvent laissé voir le fond de sa pensée dans ces saillies vigoureuses dont il aime à relever ses longues déductions; et sa sincérité montre bien jusqu'où va Fa vertu d'un système pour enfanter et pour innocenter des énormités. Ce fond de la pensée de H^el est Tévanouissement de la moralité dans l'individu, dans TËtat, dans le monde. Dans l'individu d'abord , le libre arbitre apparent n'étant qu'une nécessité voilée, et la liberté réelle consistant seulement dans cette même nécessité reconnue et embrassée, la notion du moral ou ce qu'il en reste passe de la personne ainsi effacée à l'ensemble des manifestations qui la comprennent. Le mal, vu dans l'individuel, les vices et méfaits des individus sont des accidents sans intérêt, indifférents (c'est dit en propres termes), et qui n'arriveraient à quelque importance qu'en devenant essentiels, substantiels, universels. Mais ceci ne se peut, car l'universel se justifie par lui-même ou par son évolution, comme on l'expliquera. Voilà donc le bien et le mal, la moralité, réduits à rien dans le cercle personnel. Chercbons-les dans l'État. L'État est irresponsable vis-à-vis de ses membres; il est leur généralité, leur substance ; et la substance ne doit rien à ses modes ; les individus peuvent être respectables les uns pour les autres, mais ils ne sent point respectables pour leur tout : autre tbèse énoncée formellement. Cberclions le moral dans une spbère supérieure. Il y aies rapports d'État à État; mais un État est lui-même sans droit à l'égard d'un État plus général. Ici et partout la vraie généralité se constate par le fait d'enveloppement et d'absorption, la substance s'étend et s'impose à ses accidents. Celte série ne s'arrêtera pas que nous ne soyons parvenus à l'être universel, qui est la substance et la fin de tout, dont l'identité reconnue avec l'individuel est le but dernier de l'individuel, et qui en soi, pourtant, est identique avec rien.

La moralité, bannie des rapports directement accessibles à la conscience, va-t-clle se retrou ver dan s la comparaison des moments d'évolution du monde, et notamment de ceux de l'humanité que nous avons ici en vue? La moralité, non, mais son suppléant, c'est-à-dire la loi de l'évolution, chargée du rôle de justiciëre et le remplissant à titre de nécessité. Au fond, le Juste et le Bien sont le Nécessaire, ou le fait, généralement parlant : l'Injuste et le Mal sont l'Impossible ou ce qui n'est pas. Dans les cas particuliers, les jugements se fondent sur l'événement et le succès. Mais le philosophe éprouve le besoiii

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