DU SYMBOLE, DU MYTHE ET DE LA LÉGENDE
ont forcé Tarchéologue d'avoir égard au génie propre de chaque peuple, pour interpréter ses œuvres, et la lumière projetée sur des nations et sur des âges autrefois si obscurs a dû démontrer aux savants les plus systématiques combien les créations spontanées de l'homme l'emportent en variété sur les élucubrations de celui qui les médite. Les sujets les plus divers ont certainement ofifert une matière aux antiques mythologies. De plus, le penchant mythologique lui-même a été très inégalement partagé. La production légendaire a obéi à des impulsions bien différentes et réalisé plusieurs genres d'idéal. Le travail métaphysique s'est porté à l'établissement de véritables dogmes, avec des degrés de profondeur variés et des caractères qu'il n'est pas permis de confondre. Enfin certaines races paraissent, dès le commencement, s'être placées en face des essences mystérieuses du monde, dont la religion poursuit la connaissance, et n'avoir point subi ou n'avoir subi qu'imparfaitement l'influence des causes qui ont entraîné les autres. En dépit des lumières apportées dans ce sujet par la mythologie scientifique et par la philologie, il arrive encore qu'un philosophe adopte et soutienne pour les besoins de sa doctrine un système exclusif sur l'origine de la religion. Mais on peut en pareil cas se demander lequel fait le plus de tort à l'autre : la philosophie de l'auteur à son système mythologique, ou son système mythologique à sa philosophie.