RELIGIONS DBS TRIBUS DE RACE NOIRE
en Afrique, et il y cède peu à peu à la propagande musulmane, non sans laisser de fortes traces chez les convertis. Les tribus occidentales et centrales offrent encore des types de cet état religieux. Les HottentotSy race et langue fort distinctes, tiennent aussi du fétichisme par la nature de leurs superstitions^ mais paraissent s'en séparer en ce que leurs divinités sont moins arbitrairement multipliées et, dans quelques cas, moins grossièrement définies. Plusieurs voyageurs leur ont attribué le culte de la lune, joint à celui de certains êtres personnels imaginaires et de certains animaux. Les esprits et les rêve* nants sont au nombre des objets qui occupent leur imagination. La tendance à Tadoralion de Tanimal, si naturelle dans l'ordre des sentiments fétichistes, semble avoir été générale et presque caractéristique dans toute celte partie du monde. On peut croire que la religion égyp* tienne, d'ailleurs très développée, a obéi sous ce rapport à l'influence d'une disposition commune. Mais il est possible que les Égyptiens, comme les Éthiopiens, comme les autres peuples qui touchaient à la côte orientale, aient reçu de l'Asie des éléments de religion, ainsi que de sang et de langue.
Il en est ainsi des Cafres. Certains rameaux de cette race se rapprochent, par le type physique et par quelques propriétés du langage^ des peuples anciennement civilisés du nord-est de l'Afrique. Ils offrent même tel caractère qui convient au groupe appelé sémitique, et, par conséquent, à l'Asie, à ce qu'il semble. Leurs religions portent au même rapprochement, si l'on a égard à la place considérable qu'y occupent les pratiques de purification et la doctrine des souillures attachées à divers états ou circonstances de la vie. Au surplus, la notion de la divinité est peu développée chez les Cafres ; l'idée de la vie future, vague; ils ont des sacrifices destinés à apaiser la colère des puissances naturelles, ou celle de quelques animaux sacrés, mais sans culte ni sacerdoce réguliers; la croyance aux influences et aux sorcelleries est le fond de leur état religieux, et les applications en sont nécessairement mobiles, comme l'imagination qui en est le principe.
Les nègres australiens, parmi lesquels nous comprenons ici des peuplades de l'Océan ie, telles que les Papouas, passent pour les restes dispersés et de sang mêlé d'une race antique, qui se serait étendue des côtes orientales de l'Afrique aux terres de l'Océanie, et que des races moins abaissées auraient anciennement expulsée des presqu'îles de l'Asie et progressivement refoulée vers le sud. Quoi qu'il en soit de cette hypothèse, les races noires dont nous parlons, physiquement très distinctes des races africaines occidentales et centrales, ne sont pas sans affinité avec certaines des tribus du bord oriental, et l'analogie de religion suit l'analogie physique. Les nègres proprement dits