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RELIGION PRIMITIVE DES JAPONAIS

mais l'idéal planait au-dessus de l'empereur, considéré comme un fonctionnaire aux ordres du Ciel. Le devoir et le règlement le dominaient si bien, qu'il avait, comme ses sujets, des pédagogues attachés à sa personne. Les lois, les peines (les peines relativement douces et modérées dans les temps anciens, quoique corporelles) étaient accompagnées de maximes et de considérations morales. Naturellement,, il fallait à l'Idée morale et aux règlements qui en découlaient des représentants autorisés par la science et la tradition. C'étaient les Lettrés. On comprend qu'entre l'autorité du fait et du sabre et celle du devoir et de la parole un jour la lutte se soit établie. Nous verrons quelles en furent l'occasion et l'issue. D'ailleurs on devine aisément que cette merveilleuse économie de l'État, décrite dans les livres, dût être plus ordinairement l'idéal que la réalité des choses. L'anarchie désola souvent les cent familles et dépeupla leurs royaumes, comme elle les dépeuple aujourd'hui.

Mais, en dépit de tentatives de plusieurs sortes, jamais le principe théocratique ne triompha dans la Chine, et jamais les religions dogmatiques qui parvinrent à y faire des établissements n'eurent la puissance d'effacer des traditions plus anciennes, ni de supprimer ce culte de l'État qui rappelait et rappelle encore les croyances et les rites de l'époque patriarcale. Il n'en fut pas précisément de même au Japon. Le dogme théocratique s'y implanta, vers le temps où se fit contre l'esprit chinois un effort tout semblable, et sous l'influence des mêmes causes. Il résulte de là que l'ancienne religion japonaise ne nous est pas connue aussi particulièrement, ni par des documents authentiques, mais il reste assez de signes certains des traits qui la caractérisèrent.

Quoiqu'il soit peu probable que les races japonaise et chinoise eussent une origine commune, l'état social et religieux primitif ne fut pas moins, des deux parts, l'état patriarcal, avec la croyance aux Esprits célestes, terrestres et humains, le culte des mânes, les offrandes pieuses et l'imploration des puissances cosmiques. La religion actuelle du-S/n^o^au Japon, est une dégénération seulement partielle de cette religion antique; il n'est pas possible d'en douter quand on lient compte de ce que le Sinto est encore aujourd'hui et de ceux de ses changements dont la mémoire n'est pas perdue. En effet, les représentations idolàtriques n'y appartiennent pas aux temps anciens. Le culte y est resté singulièrement simple, sauf les modifications apportées par le bouddhisme et qui se distinguent sans peine. Enfin les Esprits et les mânes en forment l'objet essentiel, caries divinités sintoïstes tiennent visiblement de cette nature, et leur introduction, qui ne doit pas remonter beaucoup plus haut

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