‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoire [microform]. Les idées. Les religions. Les systèmesChapitre 153 sur 253 · DOCTHI.VE DE LA RÉMUNÉRATION TEMPORELLE · texte numérisé non relu

DOCTHI.VE DE LA RÉMUNÉRATION TEMPORELLE

âmes des injustes du commun. Celte demeure monstrueuse, née d elle-même, et dont les Dieux mêmes ont peur, semble n'avoir d'habitants, outre les grands ennemis de l'Olympe et leurs gardiens, que des^etres plus exclusivement mythiques, tels que le Sommeil et la

La doctrine homérique des ci'aoXa, qui ne se trouve pas dans Hésiode, me semble le produit naturel, et aussi exempt <le théologie que possible, de l'imagination o,ecque appliquée au concept de la mort. Aus.1 est ce une source de spéculation philosophique. Mais le système des Races et de leurs rémunérations diverses a d^utres racines religieuses, et rapporte tout à Zeus et à sa justice. Il reste à s expliquer comment Hésiode s'est arrêté en chemin, et, tout en permettant l'induction, n'a rien dogmatisé sur ce que Zeus peut réserver aux morts de la période post- héroïque. Mais, le poème des iiavaux et des Jours est là tout entier pour montrer que l'auteur a subi une innuence antagoniste du sentiment qui aurait pu le porter a donner pour sanction formelle à la morale un ensemble de récompenses et de peines posthumes. Aucun système ne se trouvait apparemment formulé autour de lui touchant ces dernières. Au contraire, une sanction tout actuelle et terrestre, analogue à celle que nous voyons invoquée constamment et exclusivement dans les anciens livres des Juifs, était sans doute a.issi l'instrument le plus or- .lina.re de l'édification religieuse des Grecs avant l'institution des Mystères. Les promesses, les menaces faites au nom des Dieux, dans a bouche des prêtres ou des aèdes pieux, se rapportaient aux biens temporels, aux troupeaux, à la fertilité de la terre, avant tout à la longue vie et a l'heureuse postérité. Une place importante appartenait encore à la notion de solidarilé. On s'appuyait sur un sentiment naturel, et souvent très naturellement fondé, pour déclarer es cites et les races solidaires des méfaits ou des belles actions de leurs membres. Enfin, la justice dislributive avait pour siège ce grand Zeus, dont l'œil voit tout, la i>ierge auguste Ùikè, qui, quand elle est offensée, arrive auprès de son père, lui expose l'injustice des hommes, et les trente mille gardiens divins des mortels, qui parcourent incessamment la terre. Hésiode a recueilli toutes ces croyances dans son poème, où elles tiennent la place qui aurait pu revenir à des doctrines eschatologiques.

L'ancienne Grèce s'est donc liée à ses Dieux par la foi en une rémunération temporelle des œuvres, en même temps qu'elle se formait des notions de vie future et d'immortalité naturelle, et qu'en outre elle imaginait des destinées affectées divinement après la mort à différentes espèces de mérites. D'autres peuples ont manifesté plus ou moins

INTRODDCTtON. g.

370 DOCTRINE DE L* BÉMUNÉRATION TEUPORELIE

inégalement ces de«x tendances P«^1"« "PP^^^V! .f XTt'de Te suppléer rane l'autre. Mais ce que seule la Grèce a fa.t "est de ne rien sacrifier à ses imaginations en pareille mat.ere, n> ^e é" g e de la gloire et des joies de la vie présente, m du concept le plus so t.. e? le plus aulLme de la i-'oe env..gé. ^^^^^l

conscience. ^';;f::^'l^:'^t,'ZJLln du droit, car toute page ; il ne s y sépare pas ue m i

l-obéissa^ce n'est pa, prescrite, et le ':<"°-»"'»;'"™' ° f ; ^^ Jn plus qu'un fait politique. Le poète insiste sur le P--P'-'" '^ ^^^ saint et salutaire, sur la nécessité de l'effort. Seulement .1 allns e et se décourage quand il compare son idéal ^es mœurs a deso

dre et les divisions des hommes. 11 reste «^^^"''f ^'''"'i'f '/" ! que ni les besoins de l'ordre social ni l'e,np,re d "- d«' "e^el gieuse ne l'inclinent à renier l'indépendance de la personne uma me et il émet cette maxime dont on chercherait vamement 1 équivalent

chez toute autre nation antique : , „, ,„i„; „„;

. 11 est d'un honnête homme de se laisser persuader par celu qu donne de bons conseils ; mais il est d'un homme accompl. (-«r^- -) de tout penser par soi-même, on rélléclussant a ce q"' « « meilleur eu égard aux conséquences et à la lin , (Les Iramu. et les Jours, V. 291).

Page 1