‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoire [microform]. Les idées. Les religions. Les systèmesChapitre 157 sur 253 · CARACTÉRISTIQUE DES LATINS · texte numérisé non relu

CARACTÉRISTIQUE DES LATINS

m'ayant obligé à en parler ici. Et à ce propos, il se présente une observation que je ne dois pas négliger, car elle est propre à éclairer la méthode et la classification des matières de cet ouvrage.

C'est que la mythologie des Latins et des autres peuples de l'Italie, celle-là même dont les annales romaines nous présentent des traits assez nombreux avant que le grécisme les eût recouverts, appartient à une formation religieuse primaire. J'entends par là tout ce qu'un peuple produit d'un jet spontané, avant la réflexion sur soi et la composition systématique. Au contraire, les doctrines cosmologiques des Étrusques, leurs essais de coordination des Dieux et des temps se rapportent à une formation secondaire qui se déposa au-dessus de la couche mythologique commune, soit d'ailleurs que l'on reconnaisse ou qu'on nie, en totalité ou en partie, les importations de l'étranger. Or, ce travail des prêtres (qu'il ne faut pas confondre avec un culte et des croyances populaires, qui, de leur nature, se perdent bien plus difficilement et lentement) s'effaça des esprits, n'y laissant que des traces, à partir du iii« siècle avant l'ère vulgaire, tandis que la mythologie, plus ancienne, subsista, pour identifier ses concepts avec les concepts analogues des races voisines. La chronologie et le développement religieux marchent donc en sens inverse l'un de l'autre à ce moment de l'histoire. J'explique aisément ce phénomène par le triomphe de la liberté en Italie : les esprits libres et émancipés renoncent à l'héritage de l'œuvre sacerdotale, en assumant pleinement la tradition de leurs croyances antiques et naturelles.

Qu'était-ce que cette mythologie des races latines ? Afin d'abréger, je réunis sous le nom latin les éléments de religion des nombreuses peuplades de l'Italie, de même que ce sont groupés leurs éléments de langue (1) ; et c'est à Rome que je les prends, puisque c'est laque la connaissance nous en a été transmise. Deux points tout d'abord me frappent :

Le premier est l'identité de ce qu'on pourrait nommer le procédé créateur de la parole, chez les Latins, avec ce que nous en connaissons chez les anciens Aryens par les hymnes védiques : personnification intrépide de tous les rapports qui s'off'rent à la pensée et qui intéressent l'homme. En cela, comme pour la langue même, de l'avis des philologues les plus compétents, on doit reconnaître aux Latins un caractère plus archaïque qu'aux Grecs des temps homériques, un moindre développement de l'esprit, un jaillissement plus simple et plus spontané de la source première.

(i) A parler strictement, la Sabine, ou plus généralement les peuples Sabelliques, réclameraiout une part au moins égale à celle du Latium. .Mais il suffit que j'avertisse du seus que je donne aux mots.

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