‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoire [microform]. Les idées. Les religions. Les systèmesChapitre 165 sur 253 · CARACTÉRISTIQUE DES CELTES; LEUR MYTHOLOGIE · texte numérisé non relu

CARACTÉRISTIQUE DES CELTES; LEUR MYTHOLOGIE

de rentendement. Ils ne leur ont pas été moins inférieurs en vertus sociales, eu égard à la société élémentaire qu'ils avaient, et en moralité des institutions domestiques. La férocité du Germain, comme homme exclusivement élevé pour la guerre, s'adoucissait à l'intérieur sous des coutumes qui eussent été presque patriarcales. L'esclavage était très mitigé en Germanie, ou plutôt ne différait pas de ce servage qui naguère encore y avait de grands restes. On connaît ce qui a toujours été dit, fût-ce exagéré, du respect de celte race pour la femme, et de ses mariages sérieusement monogamiques. Mais, chez les Celtes, la condition des femmes sous le mariage était de la dernière barbarie, et la promiscuité régnait dans plus d'une peuplade, là surtout où Tautorité druidique était le plus en vigueur, chez les Bretons. Enfin, l'esclavage, la corruption, le luxe, la licence dévoraient l'ancienne Gaule, telle que les Romains la connurent. C'était la suite des expéditions et des brigandages des Gaulois dans le monde entier, et sans doute aussi de l'imitation des nations plus civilisées, dont ils contractèrent volontiers les vices avant d'en recevoir de force les vertus.

Par où les Celtes se relevaient-ils de cette infériorité? Parleur mobilité même, leurs facultés imitatives, leur goût des nouveautés, leur esprit d'entreprise, leur sympathie pour l'étranger, leurs qualités sociables, nées de l'inconsistance de caractère et du besoin de briller et de plaire. Chose étrange à la superficie, mais qui s'explique aisément par une loi psychologique ! ces hommes si mobiles sont disciplinables. Privés de stabilité en eux-mêmes, faibles de conscience et infirmes dans leurs résolutions, ils cherchent au dehors une autorité, quelque chose qui tienne ferme. Voilà pourquoi la discipline ecclésiastique leur a convenu de bonne heure, pourquoi ils ont appris facilement et vite la discipline militaire à l'école d'un conquérant. Ils aiment toute volonté souveraine qui les dispense de vouloir personnellement, pourvu qu'elle ne les conduise pas trop contre leurs sentiments ; je dis pas trop, et s'il n'y a pas prestige de victoire et de gloire. Ils se personnifient dans un chef, et ils le servent, en eussent-ils brisé un autre, persuadés qu'ils ne voulaient plus servir: peut-être manquaitil de l'énergie du commandement et ne les a-t-il pas assez entraînés et violentés. Leur dévouement à Julius Caîsar, qui les a battus dix ans, fait suite à leur dévouement à Vercingétorix, qui défendait leur indépendance. C'est que ce n'est pas tant l'indépendance qui leur plaît que de ne dépendre que de ce qui leur plaît. Ils ont accepté des Druides une sorte de papauté, la direction de leurs affaires civiles et même domestiques, l'excommunication. De leurs nobles ou chevaliers, ils ont souffert tous les mépris et le plus complet anéantissement de leurs

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