BERCEAU DES RACES SÉMITIQUES : DOCUMENT JKHOV- HLOIIISTE
vUa, où se trouvent l'or et les pierres précieuses, l'autre contourner la Terre de Kousch. Les difficultés inhérentes aux diverses suppositions ne sont pas même sauvées parl'arbitraire dont on yfait usage. Onpeut alors prendre raisonnablement deux partis: ou considérer le pays de Héden comme tout mythique (v. Munk, La Palestine, p. 428), ou chercher un heu de l'Orient des Sémites qui satisfasse à la condition principale, celle de renfermer les sources de quatre grande fleuves. Dès lors le Tigre et l'Euphrate n'y sauraient figurer ; mais on remarque que, à mesure que les Sémites s'avancèrent vers l'occident, ils durent naturellement substituer dans la légende deux fleuves nouveaux, coulant sous leurs yeux, à deux des quatre fleuves qu'ils avaient perdus de vue. Et ceci n'est pas une hypothèse invraisemblable, car il est prouvé que les Iraniens, dans le cours deleurs déplacements géographiques, furent amenés à remplacer ainsi par l'Euphrate des fleuves plus orientaux (v. Renan, Histoire comparée des langues sémitiques, p. 467, et Bumouf, Commentaire sur le Yaçna, p. 239 et les Additions).
On croit trouver ce lieu privilégié dans VOudyana ou Jardin de Kachemire, ou tout au moins, sans préciser autant, dans l'Imaûs des anciens, sur le versant occidental de l'Himalaya et des montagnes Célestes des Chinois. Et c'est la contrée même où remontent les plus anciennes traditions de la race aryenne. Mais, s'il est vrai que ce pays a passé chez la plupart des nations de l'Asie pour VOmbilic de l'univers, d'un autre côté, je ne puis me défendre de voir une illusion de savants et de géographes spéculant sur des cartes, dans cette facilité à prêter aux peuples primitifs des vues si étendues, presque tout abstraites, qui supposent une large civilisation. Le pays montagneux d'où il serait permis de dire que descendent l'Indus, l'Helmend, rOxus et le laxarte est extrêmement vaste et mal défini, embrassant de hautes vallées et des neiges perpétuelles; et les grands courants d'eau, qui doivent peu à peu se dessiner en se rendant à des mers éloignées, n'arrosent ipas par quatre plutôt que par deux cents canaux le jardin sauvage et glacé où ils ont leurs innombrables sources. La Terre de l'or et des pierres précieuses se trouve au besoin dans la région du haut Indus; mais le pays de Kousch nous transporte probablement dans un autre continent, ou pour le moins sur les côtes de la mer Rouge, et le sens géographique de la légende se trouve fortement compromis.
Il faut choisir, ou d'atiribuer au monde sémitique anté-historique un système savant sur la distribution des eaux entre quatre mers, système présenté sous des couleurs légendaires incompatibles avec sa vraie nature; ou de penser que la légende, essentiellement religieuse, de Héden a fixé le théâtre du bonheur et de l'innocence en se servant d'un mythe, connu d'ailleurs pour très ancien, celui d'une