S20 BERCEAU DES RACES SÉMITIQUES : DOCUMENT JÉROV-ÉLOBISTE
source unique et sainte des eaux données à la terre par le créateur^ Prenons ce dernier parti, et le développement ira de soi. Le nombre quatre est un nombre dont l'emploi en pareil cas se passe d explication Le Tigre et l'Euphrate se trouvent au cœur du semitisme e doivent nécessairement figurer parmi lesgrands canaux d'arrosement sortis de la fontaine première. Kousch et Havila, la Terre des Noirs et la Terre qui produit l'or, sont des pays lointains apportes a l imagination par la renommée, ainsi que les deux grands fleuves qui les arrosent, et on comprend qu'il soit difficile aujourd'hui de décider si le Gihon et le Phison représentent le Nil et l'indus ou des eaux moins
illustres dans le monde.
Mais je passe à une considération plus importante. Quelque opinion qu'on se forme du mythe des quatre fleuves, arrangé par es Sémites il n'est très probablement pas d'origine sémitique, et les conclusions qu'on en tire ne seraient applicables qu'à la race iranienne, qui l'a possédé d'original. Le concept religieux d une monta-ne sacrée et d'une source sainte appartient aux textes mazdeens les plus antiques : .J'invoque le haut, le divin sommet source des eaux, et l'eau donnée par Mazda . (Burnouf, Commentaire sur le Yaçna p 256) Les livres postérieurs de la tradition de l'Iran développent la géographie à demi fabuleuse des grands cours d'eau qui, descendus d'une source et d'une montagne unique, arrosent les pays les plus éloignés, après avoir coulé quelque temps en commun autour du monde. Les textes nomment VArg (laxarte?). le Ké^Ûxus), \e Frat (Euphrate). (v. Anquetil, Zmd-Amsla, t. II, p. 78et390sq. et Burnouf, ouvrage cité, p.239 sq. et p. 185 des ^o/« et éclaircisse.nents). Au contraire, ce get.re de spéculation ne reparaît plus dans les livres et s'elîace de la mémoire nationale des Hébreux, après s'être montré dans un unique document, ainsi que le ferait un produit de source étrangère, qui marque sa trace, puis demeure isolé. Le reste de la légende, accessoires et principal, ne semble pas plus sémitique. La fi-ure des Kroubim (Chérubins) a tout le caractère d'un emprunt, quoique celui-là doive reparaître ailleurs, mais sans que sa signifition y soit plus éclaircie. Aujourd'hui on est forcé d'y reconnaître ces grifl-oDS gardiens de trésors, qui appartiennent à de vieux mythes aryens et dont le nom hébreu s'explique par le même radical indoeuropéen que le nom grec {Kroubim, Vpù^e^. Enfin c'est le génie persan, tel qu'il se montre dans tous les temps, qui éclate mcontestablement dans l'imagination du jardin de Délices. Le Hédenhéhren est une traduction antique du Pardès iranien, lequel devait paraître sous sa forme propre dans des parties postérieures de la Bible, passer également dans le grec et, de là, descendre jusqu'à notre mot Paradis {\. le Comos de Humboldl, t. II, p. 473).