‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoire [microform]. Les idées. Les religions. Les systèmesChapitre 193 sur 253 · CARACTÉRISTIQUE MORALE DES SÉMITES · texte numérisé non relu

CARACTÉRISTIQUE MORALE DES SÉMITES

et les Sémites. Toutes les inductions qu'il est possible de tirer des plus anciens documents à des temps plus anciens encore nous mènent à penser que les rapports moraux des hommes et la constitution de la famille étaient à peu près conformes aux mêmes lois de conscience, et sujets aussi à des égarements semblables chez les patriarches de la Bactriane et chez ceux de l'Arménie ; et j'ajouterai chez ceux du versant oriental des montagnes du Thibet dans la Chine, et probablement enOn parmi les vieilles tribus chamitiques, dont l'origine s'enfonce pour nous plus avant dans la nuit des temps.

Mais on peut admettre l'existence d'un certain caractère moral, antérieur jusqu'à un certain point à l'usage de la liberté. Je parle des données passionnelles primitives. Elles varient d'une race à une autre, quoiqu'il ne soit pas aisé de les dégager des premiers produits du libre arbitre, et des plus profondes racines de l'habitude à la suite des premières épreuves. Ceci posé, si l'on compare les Aryens et les Sémites à l'égard de ce tempérament en partie acquis, en partie primitif, on reconnaît bientôt, chez les uns, un esprit plus abandonné vis-à-vis de la nature, plus expansif et sympathique vis-à-vis des hommes. On trouve chez les autres plus de concentration et de personnalité.

L'Aryen a souvent manifesté, dans toutes ses branches, une vraie tendance au renoncement de soi-même et au dévouement à la chose publique ; il a le sentiment de l'universel et il s'y subordonne, quand le Sémite, dominé par des sensations énergiquement individuelles, se fait centre de tout. L'homme de l'expansion a à la fois plus d'impétuosité et est capable au besoin de plus de discipline ; mais ces qualités se nuisent mutuellement, et d'ailleurs chacune a son revers : la discipline peut conduire à la perte de la liberté comme à l'envahissement de celle d'autrui, et l'ardeur sympathique se change volontiers en humeur conquérante et absorbante.

Ainsi, l'Aryen a les vertus militaires, et aussi les vices; il a les vertus politiques, ou de gouvernement, et aussi les vices. Au contraire, l'homme de l'égoïté (pour ne pas dire de l'égoïsme, dont l'autre a sa part selon sa manière) est plus sage, plus prudent, moins léger et moins dangereux. Intéressé et calculateur, il pourra par là même avoir une idée plus stricte de la promesse et mettre plus de solidité dans ses contrats. La droiture sera son idéal, plutôt que le dévouement. Aussi l'altération, la perversion de l'idéal sera pour lui toute différente de ce qu'elle est pour l'autre, et il faudra craindre de sa part l'emploi des voies détournées bien plus que celui de la violence. Il suit de là que le Sémite apporte dans la grande mise de fonds des qualités humaines, sinon celles qui fmt les États (et qui les défont), au moins certaines conditions de durée et de prospérité des établisse-

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