‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoire [microform]. Les idées. Les religions. Les systèmesChapitre 195 sur 253 · CARACTÉRISTIQUE INTELLECTUELLE DES SÉMITES · texte numérisé non relu

CARACTÉRISTIQUE INTELLECTUELLE DES SÉMITES

Et combien ce jugement est fortifié quand nous songeons à ce qu'on oublie trop, au service capital rendu à l'humanité par les Sémites inventeurs et propagateurs de l'éciiture alphabétique! Ce moyen d'expression et de communication exacte de la pensée fut peut-être recommandé à leurs yeux par les facilités qu'il donne à la pratique, beaucoup plus que par ses services dans la spéculation transcendante, mais il s'est trouvé être la condition par excellence du travail intellectuel et du progrès des idées.

Les qualités de race que je viens de passer en revue appartiennent à cet ordre passionnel qui occupe en quelque sorte le milieu entre les aptitudes intellectuelles et les déterminations morales. A la rigueur, on pourrait y voir moins un tempérament moral inné que le produit des aptitudes sans doute, mais aussi des circonstances, et des premières décisions et des antiques elTets de la liberté. Mais ce point de vue n'est vraiment plus soutenable devant d'autres caractères opposés que présentent les deux races que je compare. Il s'agit des formes qu'aflèctent leurs intuitions respectives du naturel et du divin, des phénomènes et de leurs causes. Ici^ les langues, en nous donnant un moyen d'atteindre les idées primitives, nous y révèlent une diverfzence radicale dans l'imagination et dans l'entendement, deux emplois vraiment contraires de la raison, deux principes appliqués à l'exclusion l'un de l'autre. Chez les Aryens, la substance et la pluralité; chez les Sémites, la causalité et l'unité, sont les idées directrices de la rt'llexion qui s'éveille au spectacle de la nature.

Déjà nous avons pu remarquer qu'à autant de grandes races distinctes correspondaient tout autant de manières d'cnvi-ag^r la vie générale et les moteurs du monde, quoique certaines lois religieuses, telles que le sacrifice, se retrouvent partout également. Ainsi, nous avons observé chez le Chinois une notion générale de l'ordre cosmique enveloppant l'ordre humain, et Fidée de la personnalité étendue à la terre et au ciel, aux éléments et aux corps célestes, au moyen d'un spiritisme mal défini, de signification surtout morale. Avec l'Égyptien c'est autre chose : l'Egyptien nous a paru avant tout frappé des phénomènes divins de fécondation et de génération : partout, dans le soleil, dans le Nil, chez les dynastes antéhis toriques, assimilés àdes forces de la nature, chez les animaux divinisés, il a vu et adoré la reproduction et V incarnation de certains êtres porteurs et transmetteurs de vie, dont il a construit des familles, jusqu'au point où, forcé de s'arrêter, il s'est mis en face de la génération de soi et en soi. L'incarnation et la métempsychose, le culte des animaux et celui des corps délaissés par leurs âmes sont des corollaires d'une même conception.

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Ces deux religions, quoique si différentes, expliquent Tordre et la vie par l'action d'un principe informateur, animateur, c'est-à-dire

par le dualisme de ce qui anime et de ce qui est animé. Pour l'une comme pour l'autre c'est le symbolisme, non la mythologie proprement dite, qui fournit les idées ajoutées à la réalité sensible. Seulement, d'un côté, les forces motrices et directrices, aussi bien que les symboles qui en suppléent au besoin les concepts, tiennent plutôt des catégories de l'entendement ; de l'autre, elles se rapportent beaucoup plus au genre de l'organisme; et cette différence est capitale en principe, et pour les doctrines qui en ressortiront.

Avec l'Aryen, un procédé tout autre de l'intelligence s'est offert à nous : le procédé mythologique. La confusion des choses et des personnes, l'identification du phénomène avec sa cause, sont portées au dernier degré par cette race, qui doit plus tard pousser si loin tous les genres de distinctions réelles et artificielles. En revanche, l'esprit d'analyse se donne carrière dans la pluralité indéfinie des rapports du cosmos, séparés et divinisés. Le mythe nait spontanément de la méthode qui concrète ces rapports, et de la langue qui les traduit en les individualisant sous des attributs humains.

Le Sémite apporte une quatrième manière d'envisager le monde. Ce ne sont plus des esprits multipliés, directeurs et ordonnateurs, soumis dans un vague concept à la volonté universelle de l'Ordre du Ciel. Ce ne sont plus des puissances génératrices, couvant dans le limon, élevées jusqu'au concept de la production génératrice par soi. Ce ne sont plus des faits naturels, se divinisant en autant de causes spécifiques personnifiées que les sens et l'imagination présentent de rapports différents. C'est l'idée de Cause placée dans une personne, un dieu, et c'est la nature envi.sagée comme effet. Les mythes proprement dits sont absents de la pure antiquité sémitique dans toutes ses branches. La multiplicité des dieux, ou personnes divines, porte sur leurs caractères, leurs attributs, leurs sièges, — dans l'astrologie babylonienne, par exemple, — mais ils ne sont point confondus avec les phénomènes dus à leur action ou à leurs influences. Les émanations et les cosmogonies, quand elles ont été élaborées, ont ellesmêmes supposé une idée générale de puissance première et souveraine. Cette idée est essentielle. Le langage en fait foi par la signification des noms affectés au concept de divinité : partons de ceux des Hébreux, comme les mieux connus, et nous trouverons les mêmes radicaux, c'est-à-dire les mêmes idées originaires et les mêmes impressions religieuses primitives chez toutes les nations du même groupe hnguistique.

Les noms de Dieu expriment pour les Sémites, tant polythéistes que monothéistes, les notions de Force, d'Élévation, de Seigneurie et

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d'Être. Si la notion d'être (en admettant le sens étymologique assez communément attribué au nom de Jéhovah) a prévalu un jour chez les Hébreux pour la définition de Dieu, il est remarquable qu'elle n'a jamais voulu être exclusive. Les radicaux relatifs à la puissance et à la souveraineté sont les plus anciennement communs à tout le sémitisme. Nous assistons en quelque sorte, grâce à eux, au commencement moral et intellectuel de la religion dans la série sémitique : moral, par l'adoration de la force créatrice et le sentiment de la terreur sacrée ; intellectuel, en ce que l'anthropomorphisme nécessaire à la construction divine s'applique directement à la Personne qui peut et qui fait, nullement aux apparences transitoires du monde.

De là vient que les idées de Création, de Révélation et d'Alliance divines se sont fait jour d'abord dans cette série, et s'y sont portées à l'absolu dans un certain groupe. C'est aussi la cause pour laquelle les peuples qui ont étroitement représenté l'esprit commun de la race ont été si impropres à la science et aux arts plastiques, si peu soucieux des œuvres de la nature et de l'homme. Leur pensée allait droit d'un phénomène quelconque à l'auteur de tous les phénomènes, et s'y confinait dédaigneusement. Telle est la véritable caractéristique intellectuelle des Sémites, frappante chez les purs, transformée chez ceux qui, d'eux-mêmes ou par influence, ont tourné au sens polythéiste la notion commune de la puissance et de la personne divines. Ajoutons, pour être complet, que la race sémitique offre à notre analyse deux dispositions de l'intelligence et de la sensibilité qui, au premier abord, semblent inconciliables, mais dont on peut se rendre compte psychologiquement quand on les voit liées l'une et l'autre à l'anthropomorphisme le plus positif : d'un côté, cette sorte d'abstraction de la nature en vertu de laquelle se posent des notions absolues de Force, d'Élévation et de Domination; de l'autre, ce matérialisme d'impressions et de langage, si marqué dans la langue hébraïque, où l'on voit les métaphores conserver toujours leur rôle primitif et leur énergie, et les idées comme les mots échapper jusqu'à la fin à la généraUsation idéale des langues aryennes. Le Sémite est le plus sensuel des hommes des races élevées, le moins propre à l'abstraction et au raisonnement. H n'abstrait avec énergie que l'idée de Puissance et de Supériorité. C'est dans une Personne, c'est, disons-le, dans V Homme qu'il en fixe le siège. En ceci je n'entends pas le blâmer.

Le plus important et le plus ancien des radicaux sémitiques de la divinité, commun à tout le sémitisme, est le trilitère alh, qui exprime l'idée de Force (1). A lui se rattachent les noms hébreux ou chal-

(1) Pour orthographier méthodiquement en français des radicaux toujours

LES RADICAUX SÉMITIQUES DE LA DIVINITÉ

daïquesde Dieu, ^lah, ^Joha (1), et le pluriel ^lohim, constamment employé dans la Bible pour si{^nifier la réunion de toutes les puissances dans une personne ['Ij. Ce môme radical, par une association d'idées qui jelte du jour sur la nature antique de la religion, fournit le mot f/A///,/*^'/'. s>'r>ii>'nt, c/ios'' promise, alliance, imprécation, La notion de force ou celle de grandeur, qui y tient de près, peut-être aussi une sorte de culte primitif du clirne, expliquent les mots de môme famille, àlàhy :>'!àh, chêne, et alon, wlon, chênaie, bocage sacré {3).

Le radical bilitèie al et les mots qui en dépendent se confondent par la M-nilication avec les précédenis. Le mot al, comme particule, a ce sens de la négation par crainte (le n>' latin, qui manque au français), dont il ne ser.iit peut-rire pas trop téméraire de chercher l'origine dans l'impression de la terreur sacrée, c'est-à-dire de la force divine. .£'/, autre particule, exprime une multitude de rapports différents, comme c'est l'ordinaire des prépositions dans toute les langues. Mais del nous ramène directement à l'idée de Force, et représente tout pouvoir, ou celui qui l'a en main, un Fort, un Dieu étran"'er ou inconnu |»ar exemple, ou même un héros et un conquérant(4)Xepîurii;l 'i 'Hm (lé>i;4ii.'les puissants, les grands du monde (5) ; mais rîe/ est au-s.si l'idée générale et de plus en plus exclusive de Force divine, comme quand les Juifs traitent les dieux étrangers de schêdiin, c'est-à-dire de simples pouvoirs malfaisants et de nond(?l(6) ; ou que, dans un document plus ancien, ce nom, joint à celui de HGetioa le Htut),est appliqué au Dieu de Mdkisédeketd'Ahram.

Le nom à\£lohini partage avec celui de .El ce double sens, polythéiste ou monothéiste au besoin. 11 s'applique aux divinités de l'Egypte et à d'autres Dieux quelconques, différents de celui des

sauâ voyt'lles, el les mots qui to dérivent, j'adopte la lettre a po-jr l'aspirée uleph, h pour l'aspirée hé, j pour l'aspirée jod et A;/ i»our l'aspirée hgaïn. Je suis obligé de faire servir eocore la lettre a, iiiarquaBl simplemeut la pleine ouverture de la bouche, soit comme voyelle, soit pour accompaKner les voyelles qui viennent se joindre, pour la prouoiicialiou. à Valeph du radical. Je ne m'astreiud a cette loi qu'i' i et par besoin de clarté.

(t) Rare?, et ab?euls des ducuuieiits les plus anciens (voir Deutéronome, xxni, 15, et Habnkkouk, i, 11).

(2) Ou ne doute pas de ce i»eus, ou «le celui d'iiu pluriel de majedé, qui devait, primitivement eu être peu différent, quand ou voit ce pluriel régir coustammeot des verbes au singulier, et quand on lit les apparitions personnelles d'.flohim dans la Genèse.

(3) Genèse, xxxv, 4 et 8; xii, 6; xui, 18; Josué, xxiv, 26.

(4) Genèse, xxxi, 29; Exode, xxxiv, 14; Ps. t.xxxi, 10; Es., ix, ï,;Èzéch., xxxi,

(3) Ps. XXIX, 1.

(6) Deul., xxu, n et 2t.

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Beni-Israël (1). On ne le refuse pas aux Juges de la nation, ni, dans un mouvement d'inspiration, aux hommes en corps (2). Et pourquoi ne serait-ce pas un sentiment d'emphase anthropomorphique du même genre, qui aurait fait employer quelquefois le mot âel comme pronom, dans le sens de ceux-ci, ces hommes (3)? Ce qui est certain, c'est que del et ;elohim ne s'emploient pas seulement dans le sens ah.solu ou universel, mais aussi dans le sens pour ainsi dire partitif, applicable aux Dieux, aux Héros, aux Hommes; et ils s'emploient aussi attributivement pour exprimer la grandeur ou l'excellence, par exemple des montagnes, des arbres, de l'eau (4), ou la divinité d'un grand homme, tel que Moïse ou David, ou d'un simple prophète (5), aussi bien que celle d'un de ces messagers mystérieux de la puissance divine (6) dont la notion devait se fixer et s'amplitier par les emprunts faits à l'angélologie mazdéenne.Je me trompe fort si cette étude philologique, toute sommaire qu'elle est, ne jette pas déjà quelque lumière sur les fondements d'une idée religieuse sémitique où purent également s'appuyer la construction monothéiste et le polythéisme. Continuons l'examen des radicaux.

Le radical blh, qui ne diflère de alh que par une lettre (rappelons-nous que l'a n'est ici qu'une aspirée), occupe dans le système syrien et babylonien la même place que ce dernier dans le système hébreu. Les mots hdlàh, haléh expriment des idées de vieilles.se et d'ancienneté extrême, où l'on doit certainement reconnaître une des formes naturelles et primitives de la notion de divinité. Le Kronos pélasgique eut, comme on sait, le même sens, et on n'ignore pas non plus l'identification que tous les mythologues de l'antiquité firent de Bel et de Baal avec Kronos, à lepoque où les différents systèmes polythéistes commencèrent de se fusionner. II n'est pas impossible, d'ailleurs, qu'il y ait eu un contact anté-historique entre V Ancien des Sémites, répandus dans la Méditerranée, et VAncien des ancêtres des Grecs, dont la légende se rapporte principalement à l'ile de Crète.

Quoi qu'il en soit, c'est un radical simplifié, et de deux lettres seulement, bl (comme tout à l'heure al dans la forme hébraïque), qui assume surtout la signification du divin, et cela sous l'acception de Seigneurie, collatérale de celle de Force. Bel est ce Dieu de Baby-

(1) Exode, xri, 12, et xxxiv, 15.

(2) Exode, XXI, 6, et xxu, 8, et Ps. lxxxii : « ^lohim se tient dans l'assemblée de iEl; il juge au milieu des iEloliim (des juges)... Moi, j'ai dit : « Vous êtes « des .(Elohim, vous êtes tous des Béni-HGélion. »

(3) Gen., xix, 8; Chron., xx, 8.

(4) Ps., XXXVI, 7; Lxxx, 11; lxv, 10.

(5) Deut., xxui, 1; Néhem., xii, 24; Sam., I, n, 27.

(6) Juges, xiu, 6.

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lone dont le nom entre en composition dans ceux de tant de rois, et forme d'autres noms de Dieux en se joignant à divers attributs. La forme phénicienne Bahgal représente le même Dieu avec la même généralité, et le mot hahgal signifie en hébreu courant un maitrey un violent, dominer, posséder, épomt'r. Enliu, si nous prenons les mots que leurs lettres radicules niellent en rapport avec les précédents, nous trouvons l'idée de terreur et d'épouvante, halàhàh, l'idée de dévastation, bâlach, de confusion, hàlal, d'absorption et d'engloutissement, bàlahj, etc., et la négation rendue, comme plus haut, par les lettres du nom de Dieu et de la Puissance, Bal.

Ce n'est pas à nous, et les plus habiles mêmes ne trouvent pas aisé de classer ces familles de mots, de discerner les radicaux primitifs et communs, ou ceux qui diflèrent entre eux, et dont les différences peuvent n'èlre que de dialecte. Mais il ne ressort pas moins clairement de ces données principales qu'un seul et même sentiment, celui de la Force, ici plus terrible ou cruelle, et là plus sublime, a été le mobile des religions qui adoptèrent de tels noms pour la divinité. Et ceux-là ne sont pas les seuls qui rendent cette pensée fondamentale delà domination; d'autres l'expriment également et sont communs à plusieurs cultes sémitiques. Ainsi, le radical m/A, d'où l'hébreu melk ou mélek, roi, a fourni les noms de divinité Milich, Malika, Moloch, qui d'eux-mêmes ne pouvaient inspirer aucune répugnance aux Beni-Israël, avant que des cultes affreux en eussent fixé le sens définitivement barbare. Le Tout-Puissant de la Bible, Schaddaï (du radical schdd, ffétruire), aurait pu avoir une destinée analogue, s'il avait été conçu quelque part sous l'attribut du Feu dévorant, comme Moloch. Mais d'autres noms, Adon, Adoni, Adonaï, Maître, mon Maître (du radical adn, fondement^), ont pris beaucoup d'importance chez les Sémites polythéistes, et cependant sont restés en possession, chez les Hébreux, de désigner Élohim ou Jéhovah comme le Seigneur par excellence.

J'insiste sur les radicaux de la divinité qui expriment la Puissance, parce qu'ils sont les plus anciens, et communs au plus haut degré à la famille sémitique, laquelle s'est divisée seulement sur la manière de les interpréter et de les appliquer. Ce n'est pas que des radicaux d'une autre signification ne partagent cette communauté; mais pour ceux-ci, les applications ont encore plus divergé s'il est possible. Je citerai d'abord le radical hglh (hgâlâh, monter, s'élever, et ligolàh, holocauste) et le bilitère hgl {hgdl^ haut^ sur, à, élévation). Hgdl exprime V En-haut appliqué au ciel (1), et quelquefois au Dieu-Haut que les prophètes opposent aux idoles terrestres (2); mais la forme

(1) Gen., xux, 25; Ps., l, 4.

(2) Osée, vit, 16; \i, 7.

DIVISION INTELLECTl-ELLE ET MGRAlK DES SÉMITES 44J)

consacrée pour ce dernier sens est hnélwn que i'ai déii a.. .. •

dp nipnfinnnor H\ A . , ^' ^ J '^' "^^J** ^U OCCaslOn

de menfionner (1). On ne saurait douter que ce concept du Divin sous l emblème de l'Elevé ait appartenu au sémitisme autre qu'h" braïque, attendu q„e le nom d'Hélioun se retrouve à Byblo. comme synonyme d^Adonis, et joue un assez grand rôle dans fra" phéniciens de Sanchoniatbon. Mais le polythéisme en al.éra leCc tere absolu de deux manières, en le faisant entrer dans des systèn s de dynasties d.v.nes, et en l'assimilant à des êtres naturels tels que les astres, ce qui fut aussi le sort de Bel (2) ^

Reste maintenant le radical de Véire, knh, dont les Hébreux ont t.re celui des noms de la divinité qui devait représenter pour eux après Moïse le monothéisme le plus net, et qui, en effet L Itait' moins que d'autres à l'in.e.-p.-é.ation polythéiste. L'emp Vde ce r d.cal ne paraît pas leur avoir été rigoureusement propre mais -Ua Lr d un certain moment, il a été de leur part très réso u, rsvt m t.que, ans. exclu.! que les traditions le permettaiJnt. Co t ^ s agit d un nom postérieur aux aul.es, sinon en son origine même au moins en tant qu'il marqua le sens d'une évolution reli'eure commencée et poursuivie avec les plus grand, eflorfs pour afTi^nchir hdee de Dieu des déterminations particulières de l'idê de Puis ncé j aurai a y revenir dans la suite. ui.sance,

On doit voir clairement en quoi le concept ontologique reli-.ieux des Sémites difléra de celui des tribus aryennes. L^nthropomor Plusme primait et nécessaire de l'espri, humain était le mie de"s deux parts, je veux dire également intense, mais plus simple et plus jntelligible pour nous chez les Sémites, qui divinisaient ce le

iZT'la r "^^7*'^"^"^^"* ^' immédiatement dans la conscienc du moi, la Cause, et non pas ces phénomènes externes, cette nalur. d(3nt I essence profondément cachée est l'objet inépuisable des études p 0 ongees de la science et d'une expérience assidue que tirent san c .'s^e en tous sens les hypothèses et les systèmes

On doit voir aussi qu'une division devait nécessairement se prod are entre les hommes qui se plaçaient à ce point de vue de la Cause

uL ou à deTp T"" ' '"" ^"'"""^ ^"^'^•'^"''•-' -y^'érieuse, à

iTêr/ ^' ,^":^f "*^' ^ "« ^" à ae. Elevés, etc., selon ce que es

dees de culte et les mœurs, le genre de vie, nomade ou sédentaire

es impressions naturelles ou nées de la civilisation, l'étendue oii

1 etroitesse de 1 intelligence, l'énergie et la simplicité, ou la faiblesse

INTHOUUCTION

DIVISION INTtLLFXTlIKLLK HT MOUALK HlvS SKMITSS

et la confusion de quelques notions essentielles, apportaient de coefficients différents, propres à déterminer le premier fonds moral commun des tribus de la montagne, ou du désert, et des populations des empires. Il y a lieu certainement de joindre aux agents de transformation que j'énumère, les influences dues à des mélangesde races diverses, antérieurement aux époques de fondation des empires asiatiques (1); mais, même en dehors de cela, on n'aperçoit aucun empêchement de principe à la grave divergence intervenue dans le sein d'une race unique, pourvu qu'on ne regarde pas chaque type ethnique et psychique piimitif comme indissolublement lié aux faits de son histoire et engendrant un développement fatal.

Ainsi les Sémites apportaient dans l'humanité des propriétés intellectuelles communeset.à ce qu'il semble, les mêmes notions religieuses fondamentales. La philologie s'en assure, en remontant, pour trouver ces notions, à la source la plus ancienne, aussi profonde que la source des langues. Sur quels points essentiels a dû se déclarer, et comment nous expliquerons-nous une scission qui se sent dès l'époque où remontent les premiers souvenirs transmis du monde hébreu, et qui devint le fait générateur d'une période décisive de l'histoire des idées morales?

La scission porta-t-elle sur la tendance monothéiste des uns et le polythéisme des autres? Sans doute, et ce point importe, mais n'importe pas le plus. C'est, parmi les caractères distinclifs à signaler, celui qui paraît le moins tranché à l'origine. Il se marque plus profondément à mesure qu'on avance, mais l'observateur impartial des valeurs morales et religieuses des peuples devra reconnaître que ce sont bien moins le sentiment relativement monothéiste des Hébreux et les cultes polythéistes des Babyloniens ou des Ghananéens, qui creusent l'inteivalle entre le peuple de Jéhovah et les adorateurs d'Astarté et de Moloch, que les pratiques et les mœurs liées respectivement aux idées de chaque nation. Or, les égarements moraux sous couleur de religion ne sauraient passer pour inhérents à la croyance de la pluralité des Dieux, prise en elle-même. Autrement, il faudrait ranger sur la même ligne la religion de Minerve et celle de Moloch, et

frapper du même anathème la civilisation grecque et la vie infâme

du monde punique.

Et d'abord nous devons nous prononcer sur la thèse controversée

du monothéisme naturel et essentiel des t^émites. Elle a été soutenue,

au moins dans une certaine mesure, à l'aide des documents qui était) C'est ainsi, par Rxempl*-, <[ii<.ii a dtcoinn t Ar iiulr*- ti-mps la partie pro-

premeat chaldéeaut', c'est-à-dire priuiiliveiaeat tourauicuuf, des origiues de

la religioa ctialdéo-babylouieûne. Celle-ci ae peut plus» être considérée comme

exclusivement sémitique (v. ci-dessous, chap. xxix).

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