‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoire [microform]. Les idées. Les religions. Les systèmesChapitre 20 sur 253 · OBSERVATIONS SUR LES CONJECTURES DE KANT · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS SUR LES CONJECTURES DE KANT

auraient transmis à leur postérité un penchant héréditaire à des transgressions semblables; car des actes volontaires nont nen de ransmissible par rhéré.Hté. Il reconnai.ra, au contraire, qu '»Fut s attribuer en toute justice ce pre.nier délit et s accuser, par con^nt' de tous les maux que l'abus de la raison a fait na.tre; car il sent a fort bien, s'il veut rédéchir, que dans les mômes circonstances i aurait agi de la même façon, et que, malgré l'avis de la nature il eu comnrencé l'usage de la raison par en abuser. Ce qui regarde le ma moral élanl ainsi réglé, les maux physiques apportes en compte dans la balance de nos mérites et de nos démérites ne pourront guère la faire pencher en notre faveur.

« La philosophie, on essayant de trouver le commencement de l'histoire du genre humain, arrivera donc à ce résultat : qu i taut être «satisfait de la Providence et de la marche générale des choses humaines qui, loin d'aller du bien au mal, s'avancent insensiblement du pis au mieux, progrès auquel chacun est appelé par la nature même à contribuer selon ses moyens et ses forces. »

J'ajouterai ici quelques remarques sur la manière dont Kant, au commencement de ce petit traité, pose le point de départ de l'histoire conjecturale des premiers pas de Thomme dans la réflexion et la moralité. Il déclare d'abord que, pour ne pas se perdre « en vaines conjectures ^ dans l'impuissance où il e^X de donner une mère au premier homme, il le supposera <r tout formé », en ses deux sexes, et commençant par un seul couple, afin de n'avoir pas à envisager, dès l'origine, la gueire entre des hommes qui seraient « des étrargeis l'uni l'autre ». Kant supprime de cette manière une question qu'il devrait traiter et sur laquelle il ne reviendra pas d'une manière assez distincte et théorique : celle du commencement de la guerre et de la violation de la loi morale qu'un tel fait implique. Il ignore, au fond, s'il y a eu pohjgénie dans la ptoduction de l'espèce humaine; supposé que c'ait été le cas il appelle étrangers les uns aux autres des hommes qui n'auraient pas une descendance commune; d'autre part, dans l'hypothèse de Vàmonogénie, qu'il préfère, il doit savoir que, après la dispersion d'une première famille, le temps vient où diverses branches de ses descendants ont perdu de vue leur parenté et se composent d'étrangers respectivement : si donc il désire laisser de côté la question morale de la guerre et de son origine, c'est qu'il n'admet pas dans l'enfance de l'humanité la conscience de la Loi morale. Et, en effet, il est de l'essence de cette loi de poser l'homme comme ne pouvant être pour l'homme un étranger.

L'initiation de l'homme à la notion de lui-même comme fin pour

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