DES PRINCIPAUX ATTRIBUTS DIVINISÉS
analogues, dont leur état moral fut le principal mobile. Je ne réserverai que les cosmogonies et la doctrine astrologique.
Le caractère éminent de la déviation du concept originaire de la divinité, chez les Sémites, est le transport des attributs sexuels à l'être producteur et dominateur du monde. Dans la mythologie aryenne, l'emploi de la sexualité était naturel, et de l'essence même des représentations mythiques. Celles-ci demeurèrent longtemps partielles et symboliques, en sorte que le vice n'eu apparut qu'assez tard, à l'époque où l'on philosopha et dogmatisa. Mais la mythologie sémitique, à laquelle ne convient qu'à peine ce nom de mythologie, partait de la notion d'une puissance souveraine, notion absolue quoique anthropomorphique; aussi, dès ses premiers développements, les déterminations matérielles des attributs divins n'empruntèrent un sens qu'à la spéculation panthéiste, et à la plus grossière. On eut, non des mythes riants, moraux quelquefois, mais des symboles terribles, accablants pour la pensée, funestes aux mœurs mêmes qui les inspiraient. Au premier abord, il semblerait que l'anthropomorphisme devait se marquer d'autant plus qu'on s'éloignait de la personne, moralement déflnie, mais physiquement vague d'un créateur tel que rÉIohhn hébreu, pour se figurer des Dieux générateurs mâles ou femelles. C'est le contraire qui eut lieu, parce que l'ancien absolu divin s'appliquant à l'imagination des forces naturelles, le Dieu formateur et la nature formée ne se distinguaient plus. L'auteur en quelque sorte abstrait des choses ne pouvait se changer en générateur matériel de la vie, de la terre et des astres, sans dépouiller la forme humaine, emprunter celle de ses propres produits, et enfin devenir, à l'extrémité de la généralisation possible, un élément au point de vue physique, un pur symbole au point de vue moral.
Ainsi Bel ou Baal, le Dieu mâle, se détermine comme Feu, Baal Chammon, identique au Baal-Moloch. au Gamoch, à l'Ariel, à TOurotal, auDusarès des diverses tribus kananéennes ou arabiques; à l'Azar ou Nergal-sar-Azar,àl'Adrammélek et sans doute au Mérodach des Babyloniens ou des Assyriens. Ce Dieu du feu s'assimile ensuite aisément à tel ou tel astre, et principalement au soleil, dont la puissance fécondante a été une idée de physique primitive six mille ans avant qu'on put avoir la plus légère idée de sa fonction dans les réactions chimiques dont dépend la génération et la nutrition des végétaux et de tout le règne animal en conséquence. Or le soleil n'engendre pas seulement, mais il détruit et consume. Ce grand producteur est aussi le dévorateur par excellence là où son action s'exerce d'une manière exclusive.
A l'idée de la génération active, celle de la génération passive se