‹ Introduction à la philosophie analytique de l'histoire [microform]. Les idées. Les religions. Les systèmesChapitre 234 sur 253 · RÉCAPITULATION. LES RACES ÉTHIQUES · texte numérisé non relu

RÉCAPITULATION. LES RACES ÉTHIQUES

raison pure ont manqué presque totalement. Son inconsistance ou sa faiblesse sont des caraclères des familles les plus déchues, les plus étrangères de toutes a la raison.

De ce point de vue, il est facile de définir ces races qu'on a eu le tort d'appeler sxiuunjrsy car l'homme sauvage n'existe pas, et les liens de tribu les plus étroits et les plus forts, la plus entière sujétion, tantôt à la coutume et tantôt aux caprices d'autrui, la vie à tous égards la plus dépendante sont le lot des hommes les plus dégradés. Ce qui caractérise ces hommes et leurs familles, et qui explique en même temps l'origine morale de leur étal, c'est le quadruple vice contracté el invétéré de paresse, d'irréflexion, d'intempérance el d'injustice; c'est l'esprit de ruse et de violence, le défaut de solidité et de suite, l'absence du vrai courage, c'est-à-dire de celui qui agit, résiste et soutient avec constance, sans excitations malsaines, et s'emploie d'abord et essentiellement à la possession de soi-même; c'est par conséquent l'inaptitude irrémédiable à tout ce qui permet le progrès de la personne et l'amélioration de la société.

Ces races ethniquement si différentes, moralement si semblables, peuvent être en partie originaires des lieux où elles se sont rencontrées pour nous à l'époque de nos voyages de découvertes. Elles peuvent aussi, toutes ou la plupart, avoir gagné ces lieux du globe écartés, insulaires, ou difficiles à atteindre, ou de climats excessifs, lorsque des races relativement nobles, c'est-à-dire moins déchues, les ont exterminées de leurs premières possessions sur l'ancien continent. Chacune de ces dernières paraît en effet s'être trouvée quelque temps en lutte avec des tribus harbarps, plus anciennes qu'elle sur le sol de son établissement. Ce phénomène s'explique sans peine en observant que le plus grand nombre des familles primitives ontdù trouver dans leur déchéance une cause de faiblesse matérielle, en même temps que d'infirmité d'esprit et de cœur, et par là n'être point en état de résister au mouvement d'expansion du plus petit nombre, qui joignait la vertu prolifique à ses autres vertus. Ainsi les races dégradées n'auraient point formé, comme on le croit trop généralement, une sorte de première et fatale couche d'humanité, recouverte par le dépôt d'une couche nouvelle el moins bestiale; mais nous avons le droit de voir en elles les membres malheureux, perdus et rejetés d'une seule et même humanité morale, dont toutes les branches, physiquement ou même intellectuellement distinctes, avaient originairement participé à l'attribut essentiel de l'homme.

L'examen le plus sommaire des faits, l'appréciation philosophique

de mœurs et de religions sur lesquelles il ne peut y avoir dissidence

de témoignages, obligent en effet de nier, non seulement l'innocence,

mais encore, l'état humain normal de tant de tribus remarquables par

RECAPITULATION. LES RACKS ÉTIHOIES

la subversion des seul imeuts iialurels. Si on refusail d'a<l mettre un ar^'iiment fondé sur l existence de ces sentiment^, faute de croire leur défini lion possible en dehors des milieux soiùaux dans lesquels ils se produisent, au moins faudrait-il avouer i\ne ceux-là ne tiennent poiut à un état natif qui cssei-iient de se manifester chez un enfant né dans un milieu et élevé dans un autre. Or le bas fétichisme et les ludeusés pratiques de la sorcellerie des sauva^^es, les sacrilices humains et ranlhro|K)j)ha!ïie, les passions de hy'o'rn' en quelque soi-le )7/(//Vv^A' que ces institutions supposent, pourraient bien se trouver en ^'erme, à létat de semence plus ou moms visible, chez l'enfant transplanté et devenant homme parmi nous: nous-mêmes nous avons de ces germes, et l'histoire de nos crimes en fait voir des développements partiels, et tout ce dont rhomnie s'est tuonlié capable doit ;ivnir urif t'xislencc pottMilit'liiî dans son cd-ur; mais cet enfant échapperait à la plus •iiuiide [.artiedes contaj^ions de sa race, qtii en doute? i»u n'en garderait que df mystérieux éléments, tels qu'il peui s'en infuser par une longue transmission du sang. Mais alors l'actif et complet déploiem. nf de la suliversion morale n'est un fait, ni <Ie la simple nature et d»' l'homme comme il naît, ni de la société envisagée dans ses lois nécessaires. C'est un fait social produit de la volonté, transmis, enraciné par la coutume, devenu moral et religieux à sa manière, en ce que les hommes corrompus ensemble se sont fortement tendus poui- e faire un idéal dans le mal. pour tirer de leur perversité même quelques notions d'ordre, de vérité et de mérite à leur portée. Cet état d'extrême tension de Tâme explique ce que la relii^ion de la -guerre semble avoir de grand et d'héroïque chez certains, surtout vus à distance.

La critique est parvenue à distinguer les principaux traits éthiques de plusieurs des races nobles, pour des époijues où il est permis de les regarder comme à l'état primitif : j'entends primitif après l'invasion du mal, lors de la première réaction sociale et de la station plus ou moins longue qui s'ensuivit. La simplicité des mœurs, celle des notions et des procé lés de l'entendement, l'intégrité originale des manières de sentir, de penser et de parler, sans trace aucune de comparaison et d éclectisme, sont de.s caractères auxquels on ne se trompe pas. Sans doute il faut que le philosophe réfléchisse, si j'ose le dire, avec passion et jusqu'à produire en lui un commencement d'assimilation avec la conscience ardiqne, lui\-<qu'il veut approfondir les créations intellectuelles de la jeunesse de l'homme. Le sentiment de la vérité est à ce \>riyi d.jn^ plus d'un problème de religion. Mais un si "-rand etfort n'e-t jtis n'ce->ii!'' |» >ur recmmaitre que les familles des Aryens et des Sémites, eu leur ran>le> subdivisions, et des Chi-

RÉCAPITLLATION. LFS RACES NOBLES

nois,etdes Égyptiens ont radicalement différé entre elles par la direction de l'intelligence et les habitudes de l'esprit; que leur vie morale, au contraire, a été presque toute semblable à des époques corresp,uidantes de leurs développements, et qu'aucune d'elles n avait procédé de l'état sauvage, de celui du moins que nous connaissons sous ce nom et dont la dégradation parait constituer une maladie spontanément incurable. On serait d'accord sur ces points, si on voulait ne juger que (l'après les faits, et si les systèmes matérialistes et la reaction contre le svstème de l'homme primitif unique, auteur et racme de tout péché, ne favorisaient pas l'opinion qui fait sortir le civilise du sauvage et le sauvage de la bête.

Il rsl remarquable, et c'est une confirmation de mon point de vue, ,,ue tous les renseignements historiques fixent la déchéance la plus prononcée des races nobles à des temps moins éloignés de nous que ceux que nous appelons primitifs mais sur lesquels nous ne sommes pas absolument sans données. L'empire chinois, les royaumes de l'Inde et de l'Egypte, la période qui précè<le immédiatement I histoire en Crèce et en Italie, la partie la moins corrompue du monde sémitique, enfin, oflrent des traits de barbarie qui s'eflacèrent dans la suite du dévelopi^ment dos peuples, mais que nous ne saurions faire remonter jusqu'à leurs berceaux, à moins de fausser l'esprit des plus anciens documents et de préférer à des inductions naturelles des hypothèses gratuites. Les hommes de ces races ne déchurent le plus gravement de leur conscience qu'en même temps qu ils formeren des sociétés plus étendues et plus compactes. Le mal a ce moment porta son correctif avec lui ; la réaction du bien put prendre un insrument puissant à son service. H y eut des peuples qui firent de cet Ltrument l'admirable usage que l'on sait; .^'-J- palh ren^ moins par les bienfaits de l'organisation sociale les f--»- 1^^ a'une démoralisation profon le. Enfin, certaines grandes familles poursuivirent très long.en.ps une existence étrangère a la et- - on uuelquefois même inclinèrent sensiblement à la vie dite sauvage , mais rplupart de celles-ci (Celtes, Germains et autres) avaient conserve lillLses vertus des temps patriarcaux, lorsque leur vn. ^-moral, il est vai chèrement payé, des nations qui avaient ciee ledro.t

"' U^La..e et les castes sont des t^iits propres à résumer les pro- .lut!^ l'^Utuitédans les relations humaines. Or, si ces institu ions ; ont pas toujours trouvées bien visibles chez les races egradees, ^'seulement e^ tant qu'elles supposent un état -^"^--» -;^-;; M«.s le uarta-e le plus monstrueux des droits, ou plutôt le culte de ul^J^el peine réglée par la coutume, l'avilissement e la ÏnZ' 1.' ...épns, le s .r.lice du faible eu toute occasion, voila ce

Page 1