RÉCAPITULATION. CE QUI SUBSISTE DES PLUS ANCIKVNKS TRADITIONS
tout théisme, àux yeux d'ua honrae de boniia loi vis-à-vis de luimême, est parfailement anthropomorphique. Mais il faut renoncera liiitliii el il l'absolu, et bannir de la religion, aussi résolument que de la science, les values prétentions à la synthèse universelle. Si ce pasdécisit commandé par le crilicisme était fait, on s'apercevrait qu'il n'y a plus un intérêt tellement j^rand à conserver un dogme de l'unité divine absolue, dont le sens et la destim^e historique sont attachés au dogme tout métaphysique de l'universaUlti inlinie, c'est-àdire à des notions, — mais ce mot notions est lui-même usurpé, — au fond contradictoires, dont les proj^rès de la méthode de peneer pourraientamener la (in. La religion, en ce cas, devrait donc disparaître du monde cultivé avec la fausse philosophie ! Mais si la théologie, accomplissant la première une révolulion intérieure ([ui lui est conseillée par l'état de ruine, et d'abandon tout à l'heure, où sont tombées les spéculations conciliaires et scolastiques, répudiait une doctrine qui n'a jamais pu représenter la loi <lu peuple, ni tenir par conséquent à ce que la religion a d'essentiel, la théologie, dis-je, prendrait sur le matérialisme et le panthéisme, ces phiLosophies toujours intinitistes el déterministes aux yeux de qui les approfondit, ravantagedelacorrectionderenteudeiiient, la supériorité du bon sens.
Mais alors il semble que la même foi, franchement anthropomorphique, qui se contenterait pour son objet d'un dieu assujetti aux conditions et limites nécessaires de rentendemenl, et à celles qu'implique aussi le cat ictère des alfeclions et de l'activité qu'elle n'a jamais laissé de lui attribuer, pourrait envisager plusieurs dieux sans contradiction et eans honte? il en serait certainement ainsi, si la doctrine de l'unité avait pour unique ressource l'idéal de la métaphysique absolutiste.
Mais, au contraire, la « démonstration de l'unité de Dieu » a toujours été un point faible de cette métaphysique, aux yeux mêmes des théologiens ses adhérents ; tandis que le crilicisme, si, bornant son aftirmationà la divinité ddn.s Ic.^ limites de l'enlendement, à la divinité dont la considération de la loi morale permet seule de composer l'idée en s'alfranchissauL de la contradictiou inhérente à Vuniversel incondiifonné, intelligent et vivant, il ne se refuse i^as à déterminer cette idée au point de vue de Tuniversaiité Unie de l'univers créé et des lois de cet univers, le crilicisme trouve dans le tait de l'existence et de l'unité des lois la preuve de l'existence el de l'unité d'un créateur. J'ai montre ailleurs comment cette preuve devenait possible grâce à la connaissance de la nature el du siège de ce que nous appelons une loi, et à la juste idée à se faire de ce qui constitue Vaccord ou unité d'entendement des êtres pensants (1).
(1/ Ces derûiors paragraphes out t-té remauiéa sur la première éditiou, cou*