RÉCAPITULATION, LA DOCTRINE DES AMES
Les idées d'intelligence universelle (dans les limites de riutelli.nble) de création, et de puissance suprême (dans les limites du loî'nquement possible) deviennent, comme cela doit être, un fondemenr commun de la philosophie et de la religion.
Pour les autres questions religieuses, aussi bien que pour celle des dieux, la source de nos traditions encore vivantes et des formes que la raison essaie de donner aux objets de la foi remonte au berceau des deux mêmes races et à la même antiquité. Il en est ainsi du problème de l immortalité personnelle, malgré ce que le concept de l dme a de négatif chez les anciens Hébreux, ou plutôt à cause de cela précisément, car cette lacune est un fait considérable et qui a donné lieu a un mode de croyance énergique et particulier.
Toutes les branches de la famille aryenne, comme les Égyptiens d ailleurs et comme l'antiquité chinoise, paraissent s'être formé de tout temps une représentation des âmes séparées, dont le principe n est pas non plus étranger à la plupart des tribus du inonde. Mais il y a lom de quelques supertitions basses et variables à un cuite réguher des ancêtres et des génies, à une vaste théorie des transmigrations, ou a ce développement de l'idée de l'esprit qui s'étend°des amures d Homère aux dmes de Platon et d'Aristole, et à celles de Descartes et de Leibniz. Des corps légers, subtils, car il ne s'agi t d abord de rien d'incorporel, ont été imaginés comme une espèce de seconde substance matérielle, non sujette à décomposition et propre à olfrir un moyen physique d'immorlahté. La philosophie n'a fait que pousser ce concept à l'abstrait quand elle a feint l'existence de substrats purs pour des phénomènes exclusivement intellectuels, substrats qui n ont pas eu plus de fondement dans l'e.xpérience, qui en ont eu moins dans l'induction, et dont les prétendues preuves rationnelles se sont trouvées impuissantes à opérer la conviction, bien avant que le crilicisme les eût délinitivement renversées. L'important était de fixer pour l'imagination, des supports et fût-ce des symboles quelconques, a la faveur desquels on pût admettre la continuité des phénomènes lies a une seule et même personnalité, leur permanence après la mort. La notion d'ordre et de loi n'était pas assez développée (car à peine l'est-elle aujourd'hui même) pour permettre des vues directes, générales et indépendantes de toute hypothèse particulière.
La doctrine religieuse des âmes a rendu ce service. Il faut même lui reconnaître le mérite de l'avoir fait sans sortir de la nature, à l'aide de suppositions trop simples peut-être et bien peu savantes, lormément aux correctious apportées à la seconde éditiou da troisième, ainsi que du quatrième et préseut Essai,. Je m'en suis expliqué daus tous les.paseages où les chaugemeat» ont été faits.
tJîlb