DU FONDEMENT DES DOGMES RELIGIEUX
Il ne s'ii^'it pas laiit «lu pi imiiM' cl de l'objet propre de ce travail, car on comprend assz «ju'il ost «l-.nné dans les idées naturelles d'ànic, de vie et de pouvoir co.sjnique; ni de son instrument et de son mobile, qui sont visiblenietit rimaginalion et la passion appliquées au futur et à l'inconnu : et pointaul ii'His venons quelles disseuiblances éclatent enlr.' ies iliverses nalious antiques, et sur un tond qu'on pourrait croire simple et coinmmi, et siu- la direction morale des esprits, li s'a^^it plutôt de d'Huir les eléiueuts de certaines créations relijîieuses qui servent à euvelopiJer les croyances humaines, et qu'on a nommées des lahle.s ou des do-;-ines, selon que 1 invention poétique ou l'efiort mélaphysi([ue y étaient le plus apparents. La critique s'est dejiuis loii^lemps donné carrière sur ce problème, comme s'il n'en existait [»as d'autres, et tle tout aussi impoi tants pour le moins. Un reconnaît aiijoiud'liui qti il a plusieurs solutions, applicables à des peuples difi'érents; mais raticienne el vul^^aire tendance à obtenir à tout prix la simplicité el runilé se niontie encore dans le parti pris (le la plupart des auteurs de n'admettre (pi'un seul et même procédé de l'esprit liumain dans la composition de ses croyances.
Il fut une époque où l'on ne connaissait j,^uère que le ^jjroupe des trois rel/;/ioii.s et la juti/'nii.smi'^ nom eomnmn sous lequel on réunissait toutes les autres, el même celles que nous savons aujourd'hui diiïérer si [irofondémeiil de ht mythologie «les Grecs. Dans le j^roupe des iroLs, le clu isliaiiismc échappait à la critique sérieuse, soit quand il pa.-sait non pas siiuplemeiil pour une religion, mais jwur la religion (tùsoiumtutf vraie, c'e-t-ànlire imposée à l.i raison par le lémoignaj^e, littérale, el llxée indépendammefil de la liberté d'interpiétalion des documents, soit quand des révoltés qualiliaient d'imposteur son Homuu>Dieu. L'islamisme et le mosa'isme ollraient un intérêt niédiocr<; el soulevaient peu de discussions, l'un à cause de sa *,Tande simplicité, l'autre, de plus, grâce au rapport trop siiiij)li(ié qu'on lui reconnaissait avec le christianisme. Tous deux avaient d'ailleurs, comme ce dernier, des fondateins en évidence Lo problèrm^ <le la production spontanée de la religion roulait alors tout entier sur la mythologie, et sur la seule mythologie connue. Les anciens se l'étaient déjà posé, et leurs opinions rationnelles s'étaient partagées entre l'évhémérisme, qui ne voulait voir dans les dieux que des hommes déiliés par leurs semblables,, et le symbolisme, qui, avec des applications variées, s'accordait à trouver en eux et dans leurs histoires une représentation de l'essence et du jeu des éléments et des phénomènes naturels. Cette dernière théorie ajustement prévalu chez les modernes, mais quelquefois avecexcès; car il parait bien, d'une part, que l'apothéose a occupé une certaine place dans le développement, sinon dans l'élablistement premier des religions mythologiques ;