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DE LA METHODE EN GENERAL

Si parmi les conditions de la science l’une des plus essentielles c’est l’unité, et l’unilé systématique, il faudra qu’elle ait à sa disposition un instrument, ou un ensemble de moyens et des procédés à l’aide desquels elle puisse ordonner les connaissances. Car la systématisation suppose, d’une part, la découverte des matériaux de la connaissance, et, d’autre part, la faculté de les disposer de manière à former un tout, dont les parties soient liées par des rapports internes et rationnels. C’est là le problème de la méthode.

Or, de même que nous nous sommes borné à examiner jusqu’ici d’une manière abstraite et générale s’il y a une science absolue et quels sont les caractères d’une telle science, sans déterminer en quoi elle consiste, de môme nous commencerons par traiter la question générale de la méthode, et nous nous bornerons à rechercher s’il y a une méthode absolue, sans déterminer quelle elle est.

1 Conf. chap. IV, J 5, et chap. VI, § 4.

Et d’abord, s’il y a une connaissance absolue, il faut qu’il y ait une méthode absolue. Car le moyen doit être adéquat au résultat , et l’instrument à l’œuvre qu’on accomplit. Et ainsi, de même que la philosophie aspire à l’unité de la science, de même elle aspire à l’unité de la méthode. Ce sont là deux conditions , deux éléments indivisibles de la connaissance. Telle science emploie telle méthode, telle autre, telle autre méthode. Mais y a-t-il, en réalité, plusieurs méthodes? Et, s'il y en a plusieurs, n’y a-t-il aucun rapport entre elles? Et n'v a-t-il pas une méthode supérieure qui les domine et les embrasse dans son unité? Ce sont là des questions qu’on se pose naturellement, aussi naturellement qu’on se pose la question de l’unité de la science. Car c’est à la même loi, à la même nécessité de l’intelligence que l’on obéit.

11 y a donc une méthode absolue, par cela même qu’il, y, a une science absolue. Mai? la'TIttMftotïeàbsoiue ne saurait être un élément accidentel et extérieur à l’absolue connaissance, un élément qui viendrait, pour ainsi dire, s’y .ajouter du dehors. Car on aurait ainsi deux absolus distincts et indépendants, qui se trouveraient en présence dans un seul et même principe, dans une seule et même intelligence.

C’est là cependant la notion qu’on se fait généralement de la méthode. On la considère, en effet, comme un procédé, un élément subjectif et purement logique1, qui vient se placer entre la pensée et son objet, qui les met en rapport, mais qui n’atteint pas la nature même de l'objet.

1 Nous avons laisse- et nous laissons encore à ce mol le sens qu'on y attache le plus ordinairement, sens indéterminé comme nous le montrerons rltap. V ,

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