‹ Introduction à la philosophie de Hegel (volume 2)Chapitre 7 sur 26 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

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tantiel entre eux, et doubler ainsi la difficulté au lieu de la résoudre. Toute philosophie qui se place à ce point de vue est, sinon fausse, du moins incomplète. Elle ne voit qu’un seul côté du problème, elle ne saisit qu’un seul aspect du vrai ; ce qui fait que dans le domaine de la science, aussi bien que dans celui de l’histoire , elle se trouve en présence de contradictions qu’elle est impuissante à concilier, qu’elle se donne à elle-même de perpétuels démentis, et que la science lui échappe tout aussi bien que la réalité. C’est que, en effet, il n’y a pas deux mondes indépendants et séparés, mais l’idéal et le réel ne sont que deux formes nécessaires de l’existence, deux éléments qui font comme la substance de tous les êtres, et qui sont enchaînés par cette unité profonde à laquelle est, si l’on peut dire ainsi, suspendue l’unité même de l’univers 1 .

Par la même raison, Hegel ne prend pas, à l’égard de l’histoire en général et de la philosophie en particulier, l’attitude que prennent ordinairement les novateurs et qu’avaient prise avant lui Bacon et Descartes. Aux yeux de ces philosophes, la rénovation et le perfectionnement de la science ne sauraient s’accomplir qu’à la condition de rompre brusquement avec le passé , de s’isoler de la tradition et d’élever le nouvel édifice avec la seule puissance de la raison individuelle. De là cette critique superficielle que Bacon dirige contre des doctrines qu’il connaissait à peine, et celte prétention d’inventer une méthode nouvelle et merveilleuse, bien que cette même méthode eût été décrite et appliquée, avec bien plus de profondeur, par ceux-là

1 Conf. plus bas, eliap. lit, S 2.

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