‹ Introduction à la philosophie de HegelChapitre 16 sur 23 · IL Y A UNE IDÉE PODR CHAQUE CHOSE · texte numérisé non relu

IL Y A UNE IDÉE PODR CHAQUE CHOSE

Si la méthode est la forme, la méthode absolue sera la forme absolue, et la forme absolue de la connaissance et de l’étre tout à la fois.

Mais quelle est cette science absolue où la forme et l’être, les lois de l’intelligence et les lois de la réalité se confondent, et ne sont que deux modes, deux éléments indivisibles d’une seule et même existence?

Nous voici arrivés au cœur même de la philosophie de Hégel. Et ici ce n’est plus de la science en général, mais de la science telle que Hégel l’a conçue, que nous avons à traiter.

Suivant Hégel, la science absolue est la science quj connaît par les idées et dans les idées, ou ridéalisme, et une telle science ne peut se fonder qu’à l’aide de la Dialectique.

h' Idée et la Dialectique, voilà les deux éléments constitutifs de la philosophie de Hégel.

On ne pourra, par conséquent, se rendre compte de cette doctrine qu’autant qu’on se fera une notion claire

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et complète de ces deux éléments. Nous allons à cet effet appeler l’attention du lecteur sur quelques points ^sentiels qu’il faut avoir toujours présents à l’esprit, pour bien saisir la vaste et profonde conception de ce prodigieux penseur.

Il importe d’abord de se pénétrer fortement de ce principe qu’il y a un monde idéal, qui enveloppe le monde de la réalité sensible, qui en fait le fond et la substance, et que, par conséquent, il y a une idée pour toutes choses, pour tous les êtres et pour tous les modes ou formes de leur existence (I).

Et il faut se rappeler, à ce sujet, ce que nous avons établi précédemment, à savoir, que la pensée et l’idée sont inséparables, et que là où il y a idée, là il y a aussi pensée, et là où il n’y a pas d’idée, là il n’y a pas non plus de pensée. D’où il suit : 1” que la pensée se produit, se développe et s’achève avec l’idée, et qu’il existe entre les choses et l’idée le même rapport qu’entre elles et la pensée; 2" que, puisque connaître c’est penser, et que là où s’arrête la pensée, là s’arrête également la connaissance, la connaissance et l’idée sont aussi inséparables; enfin 3°, et comme conséquence de ce qui précède, qu’autant il y a de déterminations de la pensée et des objets auxquels la pensée s’applique, autant il y a d’idées, et que plus on pénètre dans la nature de l’idée, et plus l’on a une connaissance com-

(1) Platon a posé ce principe dans la liépublique, et plus eiplicitement encore dans le Parménide, mais il ne l’a réalisé que d'une manière incomplète. Voy. §suiv., etpraserlim § b, et V Hégélianisme et la Philosophie, cbap. VI et VII.

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