‹ Introduction à la philosophie védanta; trois conférences faites à l'Institut royal en mars 1894Chapitre 10 sur 38 · Voyez Vedânta-Soutras, I · texte numérisé non relu

Voyez Vedânta-Soutras, I

subsiste sur l'un des points importants de la philosophie de Sankara, ce que l’on ne sauraitdired’aucunautresystème de philosophie depuis l’époque de Platon jusqu’à celle de Kant.

Préparation morale à l’étude du Védanta

L’étude de la philosophie dans l’Inde n’était pas seulement une partie intégrante de la religion des Brahmanes, mais elle était basée dés le début sur un fondement moral. Nous avons déjà vu que personne n’était admis à l’étude des Oupanishads sans avoir été convenablement initié et préparé par un maître qualifié et sans avoir rempli les devoirs civils et religieux incombant à un chef de famille. Mais cela ne suffisait pas. Nul n’était considéré comme apte à la vraie spéculation philosophique s’il n’avait complètement dompté ses passions. La mer ne doit plus être agitée par les tempêtes pour pouvoir refléter la lumière du soleil dans son calme et sa pureté divine. En conséquence,

A LA PHILOSOPHIE VÉDAXTA

l’ermite de la forêt devait être un ascète et. endurer de cruelles pénitences afin d’éteindre toutes les passions qui auraient pu troubler sa paix. Et ce n’était pas le corps seul qui devait être dompté et endurci contre tous les troubles extérieurs comme la chaleur et le froid, la faim et la soif, six choses devaient être acquises par l’esprit, à savoir : la tranquillité1, l’abstention, l’abnégation, la longanimité, le recueillement et la foi. L’on a pensé 2 que cette quiétude n’est guère l’armement qui convient au philosophe, lequel, selon notre façon d’envisager la philosophie, doit entasser Ossa sur Pélion pour attaquer la forteresse de la Vérité et conquérir de nouveaux royaumes sur la terre et au ciel. Mais il faut nous rappeler que l’objet du Védanta était de montrer que nous n’avons en réalité rien à conquérir que nous-mêmes, que nous possédons tout en nous, et qu’il

1. Sama , Dama, Ouparati (souvent expliqué comme étant la cessation de tous les devoirs concernant les sacrifices), Titiksha, Samâdhi, Sraddha.

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