NERFS DE L'APPAREIL GÉNITAL
seconde masse ganglionnaire dite rétro-vésicale qui se ratlacherait probablement au plexus vaginal'.
Le système nerveux utérin présente trois variétés de filets :
1" Les uns destinés aux parois musculaires des vaisseaux;
2" Les autres aux fibres musculaires de l'utérus;
5° Les troisièmes à la membrane propre des glandes.
Les branches musculaires motrices se terminent, d'après Frankenliauser, comme dans tous les organes à fibres lisses.
Les filets sécrétoires se perdraient, d'après Patenko', dans la membrane propre des glandes; ils se termineraient par un réseau très élégant de fibres sans myéline.
c) Le plexus vaginal envoie des filets nerveux au vagin, au rectum et à la vessie. Nous avons vu qu'il se dégage de l'hypogastrique en même temps que le précédent. Les nœuds ganglionnaires et les amas plexiformes de filets nerveux sont abondants au niveau des culs-desac vaginaux, et spécialement du cul-de-sac postérieur. Cela explique le cantonnement singulier de la sensibilité spéciale et de l'excitabilité thermique ou électrique autour du col utérin, ce qui t'ait de cet organe un centre rcflexo-moteur très important, soit pour l'enchaînement réflexe des douleurs avec la contraction utérine au cours de la dilatation, dans l'accouchement spontané, soit pour la provocation artificielle de l'accouchement par les douches chaudes ou la faradisation.
Je reviendrai là-dessus tout à l'heure.
N. B. — Le ligament rond, bien que rattaché à l'utérus, tire son innervation principale d'un nerf rachidien et reçoit un filet du rameau génital du nerf génito-crural dont il va être question.
Remarquons, en terminant, que ces plexus s'anastomosent les uns avec les autres, et forment une sorte de réseau nerveux continu, enveloppant les organes génitaux internes. L'utérin s'anastomose, d'une part, avec l'ovarique juste au niveau des trompes et des faces latérales de la matrice et, d'autre part, avec le vaginal, qui a d'ailleurs même origine que lui.
1. Jastrebow. On thc normal and pnlhological anatomy of the ganglion ccrvicis t/teri.
— London Obstetric. Transactions, t. XXIII, 1882, p. '2.
2. Patknko. Veber die Nervenendigungen in der Ulcnis Schleimhnut des Memclien.
— Cenlralblatl fur Gynsecologie (1880), n° 19.
L'innervation de l'appareil génital interne do la femme est utile à connaître, surtout pour l'interprélation de certains symptômes dépendant d'impressions réflexes des organes les uns sur les autres. Vhémorrhagie utérine est un de ces symptômes réactionncls, souvent commandé par une excitation partie de l'ovaire. Ce dernier organe est, nous l'avons vu, innervé par des bianches émanées du plexus solaire (plexus ovarique) qui piend ses racines à une région relativement élevée de la moelle.
Si l'on suppose une impression d'origine centrale, il est rationnel d'admettre que l'ovaire relativement plus rapproché des centres supérieurs sera le premier impressionné.
De l'ovaire à la trompe et à l'utérus, il y a une filiation chronologique de réactions successives.
Que l'on suppose maintenant une impression sensitive périphérique à la vulve ou sur un des filets cutanés de l'appareil génital, le centre diaslaltique sera dans ime région de la moelle très voisine de celle où se trouvent également les centres médullaires du plexus solaire, et l'aboutissant sera le plexus ovaiùque; puis successivement, dans l'ordre descendant, le plexus utérin, le plexus vaginal, etc. Cet exposé hypothétique cadre avec l'évolution rationnelle du phénomène de la ponte commandant les règles (hémorrhagie physiologique).
11 explique tout aussi bien certaines métrorrhagics de nature réflexe et répondant àuneexcitationpartie de l'ovaire oude latrouipcmalades.
L'étude détaillée de l'innervation s'impose encore en raison de l'importance que prend le phénomène douleur dans le cadre symplomatique des inflammations génitales de la l'emme.
Les sensations pénibles se localisent, tantôt dans la région médullaire, d'où partent les racines sensitives (jui alimentent les plexus nerveux du petit bassin ; — tantôt dans les branches nerveuses départies à l'organe malade lui-même; — tantôt enlin à une région cutanée, correspondant aux filets périphériques qui émanent du tronc radiculaire principal d'innervation.
Un certain nombre de paires rachidienncs dorsales et surtout les plexus lombaire et sacré fournissent aux organes génitaux, par l'intermédiaire des filets médullaires qu'ils envoient aux plexus ganglionnaires solaire et hypogastriquc. De ceux-ci se détachent les plexus secondaires que nous venons de voir, et d'où partent, en
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suivant le trajet des artères, des filets nerveux moteurs, sensitifs, trophiques et sécréloires.
Ce qui importe, dans ce genre d'innervation, c'est l'adjonction aux nerfs rachidiens de filets provenant du sympathique abdominal. Comme, d'un autre côté, il existe des anastomoses nombreuses entre les différents plexus, on conçoit la solidarité des divers organes du même appareil,
B. — Innervation de la vulve et de la région musculo-cutanée.
Tout à fait en dehors de cette distribution directe aux organes, il existe une distribution collatérale à la peau et aux parois musculaires des régions correspondantes, par des filets médullaires dérivant des plexus d'origine lombaire et sacré, ainsi que de la dernière paire dorsale et n'ayant pas traversé les plexus ganglionnaires du sympathique.
C'est ainsi que le nerf génilo-criiral, issu directement du plexus lombaire — et que la branche périnéale du honteux interne, provenant du plexus sacré, viennent former aux téguments vulvaires un réseau superficiel très riche.
Le plexus lombaire fournit encore les deux branches ahdominogénitales et Vinguino-cutanée dont les filets tégumentaires se répandent à la |ieau des régions iliaques cl de la racine des cuisses, ainsi qu'à la partie externe des grandes lèvres.
Enfin le petit sciatique, issu des paires sacrées et lombaires conjuguées, fournit une branche récurrente à la peau de la fesse et de la région vulvaire.
11 est facile alors de comprendre que c'est simplement par un phénomène de sensibilité récurrente que les lésions internes retentissent douloureusement sur les régions musculaires et cutanées.
En effet, chacune des trois catégories de filets nerveux tégumentaires, que nous venons de signaler, tire son origine de centres médullaires voisins de ceux qui fournissent aux plexus ganglionnaires les éléments sensitifs et moteurs dévolus à chaque organe interne.
Cette considération fournit l'interprétation des phénomènes sensi-
lifs extérieurs dans les inflammations génitales internes : le prurit, la cuisson, le sentiment de brûlure, ou de battements à la vulve correspondant à la salpingo-ovarite ou à la paramétrite du même côté-, la sciatique, les névralgies crurales, la coccygodynio, le spasme douloureux uréthral et la cystalgie, dans la métrite et les inflammations annexielles; les contractures douloureuses et les névi algies fixes dans la paroi de l'hypogastre, principalement aux points d'émergence des filets nerveux.
La même considération permet de soupçonner la réalité de l'influence centripète des excitations périphériques : révulsifs, chaleur, froid, sur les états pathologiques des organes profonds. C'est le réflexe sensitivo-moteur s'exerçant en sens inverse, c'est-à-dire de la peau vers la cavité pelvienne, de l'élément sensitif cutané sur la circulation profonde.
Cette notion répond à un fait physiologique et thérapeutique accepté d'une façon générale, mais qu'on oublie trop facilement quand il s'agit du traitement des maladies spéciales à la femme.
Nul doute qu'il faille admettre qu'il s'est produit une répercussion salutaire d'ordre trophique, chaque fois qu'on observe la disparition rapide d'un exsudât pelvien, à la suite de l'application de sangsues, d'un vésicatoire, etc. sur la paroi abdominale. La commune origine de l'appareil d'innervation rend compte de ces phénomènes.
Un autre corollaire va découler de notre manière d'envisager l'innervation de l'appareil génital de la femme.
La siructure ganglionnaire, plexiforme des réseaux nerveux contenus dans les parois mêmes des organes, nous fait aisément comprendre leur rôle.
Il n'est pas nécessaire que les masses de substance nerveuse (ganglions) jouant le rôle de centres excito-moleurs soient d'un volume accessible à la dissection pour établir ce fait piiysiologiquement démontré : c'est que la paroi externe du fond du vagin (le fornix) est tapissée et pénétrée par un réseau dense et riche en nœuds de substance nerveuse, de la variété dite sans myéline analogue à (;clui des tuniques de Tinteslin.
Un réseau sensitif occupe la face interne de la même région.
Ces deux réseaux sont en communication directe entre eux, ainsi qu'avec les filets nerveux inlernes et externes du tégument cervical utérin.