‹ Introduction a la pratique gynécologique (volume 2)Chapitre 45 sur 100 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — FOYERS PRIMITIFS · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — FOYERS PRIMITIFS

raît à l'occasion de l'accouchement, dans une région préalablement infectée, le col, par exemple, et les tissus qui l'avoisinent immédiatement. La cervicite, si fréquente avant et pendant la grossesse, sert donc parfois d'initium à une complication puerpérale. La lésion préexistante entretenait depuis longtemps le germe torpide d'une inflammation que le traumatisme obstétrical est venu réveiller. Mais habituellement il faut compter surtout avec l'infection secondaire des diverses régions.

A la vulve, les déchirures susceptibles de se produire, tantôt à la fourchette, tantôt sur les parois latérales, ou même sur la commissure antérieure, servent de porte d'entrée et de foyers primitifs.

Si un traumatisme intéresse soit le conduit, soit un diverticule de la glande de Baî'tholin, il peut se produire une adénite.

Le vagin, sauf dans les cas de traumatismes profonds, résiste mieux à l'intlammation. Son épithélium solide et stratifié en couches épaisses et nombreuses le protège efficacement.

Le col utérin, souvent lacéré en divers sens, et toujours desquamé par le passage de la tète, olfre à l'inflammation locale des surfaces cruentées multiples, qui ne se réduisent qu'avec la diminution rapide du volume du col et le tassement de ses faisceaux musculaires. Le mouvement d'involution qui s'accomplit, dans le col, ramène vite à une simple endométrite cervicale, un processus qui, autrement, tendrait à devenir profond.

L'arrêt de l'évolution inflammatoire est moins aisé dans la portion sus-vaginale du col et dans Visthme utérin, où de nombreuses bouches veineuses et lympliatiques sont ouvertes aux microbes. Les traumatismes septiques qui atteignent cette région, par l'effraction complète de la couche musculaire, donnent prise au développement d'un processus qui se localise mieux dans la gaine celluleuse.

Dans cette dernière {parametrium juxta-cervical), se cantonnent la lymphangite, la phlébite, et la cellulite locales constituant le noyau d'un phlegmon qui peut s'abcéder ou rétrocéder, suivant les circonstances.

Faut-il accepter que V endometrium du corps, la trompe et Vovaire

échappent toujours, dans ce type de puerpérisrae léger, à l'extension d'un processus à foyer principalement cervical? Certainement non; mais il est probable que si la muqueuse corporéale, la trompe, l'ovaire se prennent dans ces conditions de bénignité bien déterminées, ce qui arrive même avec les précautions antiseptiques externes les plus rigoureuses, cela tient à des raisons multiples.

1° D'abord c'est que, déjà malades avant l'accouchement, les annexes offrent une grande pi ise à un retour offensif de l'infection. Les accidents occasionnés par les salpingites que l'observateur attentif peut soupçonner à certains symptômes, pendant la grossesse, et dont il a parlois pris connaissance avant la conception, constituent un (les élém.ents de ce groupe spécial que j'ai désigné plus haut sous le nom d'infection puerpérale inévitable.

On voit que, dans mon idée, la répercussion sur les annexes d'une infection utérine légère, qui serait demeurée latente ou peut-être se serait éteinte sur place, au cas où ces organes se fussent trouvés dans des conditions normales, peut prendre des proportions équivalentes à celles d'une métastase des plus virulentes, si les annexes sont affectées de lésions contractées antérieurement.

2* Ou bien un mécanisme d'occlusion quelconque empêchera les produits sécrétés par la muqueuse du col de s'écouler librement au dehors. Ce sera une antéflexion exagérée obstruant le conduit et laissant en amont de l'atrésie une portion infectée; — ou une rétrodéviation plaçant la cavité du corps dans une position déclive par rapport au col; — ou tout autre obstacle -momentané siégeant sur le trajet cervical. Dès lors, retenus ou refoulés dans la grande cavité utérine, les germes, pour bénins qu'ils soient, saprophytes ou staphylocoques, n'en feront pas moins de l'endométrite et des sepsines, c'est-à-dire une lésion locale et de l'infection générale. De même ils produiront, par extension, une salpingite tardive. La propagation sera ici fonction de l'obstacle au drainage naturel de l'utérus et non point fonction du microbe lui-même. Que si l'inflammation tend de bonne heure à se propager, soit vers l'ovaire par le parametrium, soit vers le péritoine par la trompe, le processus piend déjà un caractère migrateur très différent du précédent, qui doit faire suspecter la présence d'un streptocoque plus actif selon Widal, d'un microbe différent selon d'autres, ou encore d un terrain moins résistant et de conditions plus favorables à l'extension des lésions, l

ANATOMfE PATHOLOGIQUE. — JIIGRATIONS.

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