II. INFLAMMATIONS ET SUPPUli ATIONS MIGRATHICES
1" Tantôt la migration vei's les annexes et le péiitoinc s'effectue exclusivement par la voie interne ou muqueuse, ce qui est très rare. C'est en quelque sorte !a forme érysipélateuse de l'infection.
2° Tantôt l'inflnmmation s'étend de dehors en dedans vers les tissus profonds el de là, suit exclusivement la gaine génitale externe; c'est le processus habituel, en cas de traumatismes.
5" Tantôt enfin, et c'est l'éventualité la plus ordinaire, la migration est mixte; elle suit la voie muqueuse, en cheminant lentement parles fins réseaux lymphatiques de cette membrane, jusqu'au pavillon de la trompe el au péritoine; en même temps qu'elle gagne directement en profondeur, par les réseaux intra-musculaires et les troncs collecteurs de la gaine celluleuse, trouant ainsi la paroi utérine, de la mu- <jueuse au péritoine, au parametrium, à l'ovaire, à la trompe.
a). — Migration par la imiqiieuse exclusivement. Salpingite puerpérale.
C'est un processus analogue à celui de l'érysipèle, d'aucuns disent identique, car il s'agit apparemment ici de l'infection streptococcique type. Dans tous les cas, c'est le processus classique des lymphangites réticulaires de surface ; avec cette particularité que, parfois l'inflammation effleure à peine les tissus et saute d'un organe à l'autre, par < xemple de la vulve au péritoine, en ne laissant d'autres preuves de son passage que les plaies enflammées sur son trajet, comme on le voit pour la lymphangite d'un membre.
On ne saurait donc mieux comparer ce processus qu'à l'érysipèle grave.
Il est d'autant plus redoutable que son irruption dans le péritoine •est plus précoce et que, d'ordinaire, l'inflammation de la totalité de la séreuse, la péritonite généralisée, éclate très peu de tenips après le début de l'infection. :
. Dans ces conditions, il est de règle que la malade succombe dans l'espace de quatre ou cinq jours à peine.
Exceptionnellement le processus peut rétrocéder. C'est dans de
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{elles conditions qu'on voit apparaître à la vulve, aux fesses, aux cuisses, de larges plaques d'érysipèle véritable dont l'évolution ne difl'ère en aucune façon de l'érysipèlo phlycténoïde vulgaire.
Ces formes i^opides, à allures décidées, sont heureusement rares et le deviennent de plus en plus.
On conçoit que leur porte d'entrée puisse être une simple lésion de la vulve; ce qui n'a guère lieu dans les autres formes.
D'ordinaire, la migration du streptocoque, même limitée à la voie muqueuse ascendante, va d'une allure plus lente. Les lésions, caractérisées par la congestion d'abord, la suppuration ensuite, prennent le temps d'évoluer. Les phénomènes réactionnels n'apparaissent guère que vers le 4^ ou le 5'' jour ; mais le processus marche et gagne incessamment du tcri-ain.
Partout où il se (ixe, il produit des désordres visibles et durables. A la vulve il pénètre parfois les glandes conglomérées, et les fait suppurer; au col, au corps de l'utérus, il détermine la désintégration rapide de tous les matériaux morts ou caducs qui s'y rencontrent et les transforme en pus; il s'empare des coagula sanguins, qui bouchent les ouvertures des sinus de la plaie placentaire.
Si des saprophytes joignent leur action, et c'est le cas le plus fréquent, à celle des streptocoques, les éléments, mortifiés sur une couche parfois très épaisse, se putréfient rapidement, et donnent naissance à des écoulements et à des gaz toxiques hori iblement fétides, caractéristiques de la pulrescencia uteri de Bauer. Ces phénomènes sont ceux qui ont été envisagés autrefois par moi, comme dépendant de la forme bacillaire, sepfique proprement dite, et récemment encore par Bumm et Vignal. La muqueuse de la matrice est convertie en un détritus noirâtre, putride et sanieux. Si l'infection se prolonge, l'organe finit par se dépouiller de ce revêtement iiécrobiosé, et, dans les cas où la malade succombe quelques semaines après le début de l'infection, c'est à peine si l'on trouve les vestiges de la muqueuse.
Dans les trompes et à la surface de l'ovaire, comme dans le péritoine, l'inflammation suppurative, putride ou non, crée l'ensemble de désordres qui caractérisent la pelvi-péritonite suppurée : pyosalpinx, agrégat des viscères pelviens, trompes, ovaires, intestin, épiploon, cimentés par un exsudai fibrino-purulent, à organisation rapide, et présentant quelquefois une réelle tendance à la résorption plus ou moins complète, lorsque les désordres sont modérés.