Congrès obstétrical de l'aris
dans le col ou dans les annexes : c'est l'infection génitale pré-partum ou auto-infection, telle qu'il faut l'entendre.
Celle-ci comprend surtout des formes mixtes, parfois très inattendues, par l'adjonction de microbes non puerpéraux à proprement parler, tels que le f^onocoque, en cas de gonorrhée antérieure, — tels que le coli-bacille, ou tel autre bacille intestinal ou vésical, s'il s'agit d'une collection qui aété primitivement en communication tîstuleuse avec l'intestin, la vessie, l'uretère, etc.
Je terminerai sur ce point, en rapportant qu'il y a plusieurs années j'ai parlé de ces sortes d'infections en leur attribuant l'étiqueUe très significative cVinfections inévitables, ce qui veut dire qu'il n'est pas au pouvoir de l'accoucheur de les éviter.
11 eût été imprudent autrefois de trop y insister et peut-être c'eût été donner une excuse Irop facile aux fautes commises contre l'antisepsie.
Mais aujourd'hui il importe de dégager, dans une certaine mesure, la responsabilité professionnelle, dans un cas où elle ne peut pas être rigoureusement mise en cause.
J'ajouterai encore qu'il y a douze ans, j'émettais implicitement cette idi'e en proposant cette l'ormule simple de l'antisepsie obstétricale : avant, pendant et après l'accouchement.
Avec l'observation de plus en plus minutieuse des faits je me suis habitué à ne point considérer comme une banalité, presque comme une lésion nécessaire ! ces infections cervicales caractérisées par une sécrétion purulente ou par des néo-formations glandulaires, kystiques {œufs de Nabolh).
Sans y insister autrement, je puis dire que la prudence commande de faire l'antisepsie préalable du col et du vagin, quelle que soit la banalité apparente des lésions pathologiques qu'ils présentent.
Ce qui précède a trait uniquement aux affections contenues dans l'appareil génital.
Il y a une autre catégorie d'infections auxquelles les femmes enceintes et accouchées n'échappent pas plus que les autres.
INFECTIONS EXTÉRIEURES A l'aPPAREIL GÉNITAL
1° Maladies organiques prœ-partiim, de nature infectieuse. 2° Infections d'aventure.
uo INFLAMMATION PUERPÉRALE.
Elles sont en dehors de l'appareil génital.
Comme celles de la premièrè catégorie, ou bien elles préexistent à l'accouchement, quelquefois aussi à la grossesse;
Ou bien elles sont contemporaines du puerperium et, dans ce dernier cas, ce sont, si je puis m'exprimer ainsi, des infections d'aventure pouvant retentir sur les organes gcstateurs, mais n'ayant aucun rapport avec les septicémies ou les suppurations spéciales aux accouchées.
1" Infection prœ-partum. — 11 faudrait parcourir la série nosologique tout entière pour faire un exposé de ces infections. En ce qui me concerne, j'ai été témoin de catégories restreintes. Voici comment je les classe.
Infection d'origine intestinale et pcri-intestinale. — Ti/phlite, péritijphlite, appendicite, entérocolite infectieuses.
C'est surtout lorsqu'il s'est formé des exsudais ou des foyers abcédés en dehors du tube intestinal, et principalement dans le voisinage des organes génitaux internes, que la distinction clinique est d'une difficulté spéciale : bactériologiqucment, la distinction est faisable, et c'est sans doute à des cas analogues qu'ont eu afl'aire MM. Widal et Chanlemesse quand ils ont découvert le coli-bacille dans une affection puerpérale suppurative mortelle.
Infection d'origine rénale. — Les infections d'origine rénale se rattachent aux néphrites infectieuses chroniques dont j'ai observé un petit nombre de cas.
Infection d'origine sanguine. — Je veux parler de l'endocardite ulcéreuse principalement et, sans insister sur ces origines, je rappellerai un fait que j'ai observé dans lequel une très ancienne maladie de ce genre, accompagnée d'albuminurie intense, a pi ovoqué l'apparition d'accidents infectieux locaux dans l'appareil génital et déterminé la mort de la femme. Les recherches microbiennes ont été faites à diflérerites reprises, longtemps avant l'accouchement.
Enfin, on a parlé du pouvoir infectant de certaines collections purulentes bien enkystées, situées plus ou moins loin de l'appareil génital et sans aucune connexion avec lui. Si je cite cette variété, c'est plutôt pour m'élever contre l'idée qu'elle doive être, après l'accouchement, une source d'infection généralisée.
Toutes ces modalités pathologiques peuvent en imposer, à divers titres, par l'appareil symptomatique général qu'elles développent et surtout s'il se produit, en même temps, un retentissement dans la sphère gestatrice.
2° Infections contemporaines au puerperium. — Ce sont ce que j'appelle les infections d'aventure. Les femmes enceintes n'échappent pas aux affections saisonnières ou épidémiques. C'est ainsi que beaucoup de fièvres éphémères caractérisées par des symptômes sympathiques, des infections intestinales se rapportant de près ou de loin à l'entérite typhique, la plus simple constipation prolongée, des affections catarrhales peu conséquentes, une éruption d'herpès et, depuis quelques années, l'influenza, la grippe grave, produisent la fièvre et des phénomènes réactionnels marqués chez les accouchées.
J'ai été frappé de la nécessité d'établir cette distinction, déjà pendant mon clinicat, alors que je constatais parfois des élévations de température avec endolorissement de la paroi abdominale, que j'étais toujours tenté de rapprocher de l'infection puerpérale vraie, mais qu'un scrupule exagéré m'empêchait de rapporter à autre chose qu'à des négligences d'antisepsie.
Enfin, pour compléter ce tableau, forcément succinct, il faudrait parler de certaines infections très atténuées, telles que la plilegmatia alba dolens tardive et apyrétic[ue.
Sans y insister autrement, je suis porté dès aujourd'hui à affirmer que cette lésion morbide est, dans quelques cas, absolument indépendante de toute infection microbienne ; que certaines altérations du sang, certains produits d'excrétion, accumulés dans ce fluide, et peut-être la résorption des antiseptiques suffisent à provoquer de vastes thromboses, surtout chez des malades prédisposées à la neurasthénie.
liSFUMMATION PUERPÉRALE.
Thérapeutique de l'infection puerpérale.
C'est une question de première importance que celle-là, si Ton considère que l'accouchement est l'origine de la majorité des inflammations génitales. Je m'efforcerai donc d'épuiser l'étude de tous les détails qui s'y rattachent.
Si je voulais donner à ce chapitre l'extension qu'il devrait comporter dans un traité d'obstétrique, je reprendrais le programme que j'ai formulé dans mon travail de 1880 et qui se résume dnns cette formule : antisepsie des voies génitales avaint, penda?;! et après l'accouchement ou l'avortemenl.
J'aurais donc à m'étendre sur la propliylaxie et les précautions minutieuses usitées soit pour empêcher l'arrivée des germes pathogènes au contact des organes génitaux, soit pour les détruire dans ces organes, s'il est constant qu'ils y ont déjà établi leur domicile du fait d'infections antérieures. Mais je m'elforcerai d'être bref sur ce sujet, tout en restant aussi complet que possible.