‹ Introduction a la pratique gynécologique (volume 2)Chapitre 53 sur 100 · PROPHYLAXIE · texte numérisé non relu

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muqueuse. Néanmoins, il est des femmes chez lesquelles les glandes péri-uirlhrales et les glandes de Bartholin conservent des vestiges d'infections anciennes, généralement à l'orifice externe de leur conduit d'excrétion. Le méat urinaire lui-même peut recéler des éléments infectieux. C'est quelquefois par des végétations bourgeonnantes que se révèle l'inflammation permanente de ces conduits. Ces végétations sont de couleur rouge vif, d'aspect framboisé, molles, facilement saignantes, et habituellement baignées de muco-pus jaune verdàtre.

Dans le vagin, les germes sont également ou déposés à la surface de la muqueuse, ou exceptionnellement infiltrés dans le chorion mnqueux. Dans ce dernier cas, la muqueuse vaginale est hérissée de saillies papillaires dont la présence coïncide avec une abondante desquamation muco-purulente.

Toute femme affectée de ces sortes de lésions vulvo-vaginales peut être suspectée de blennorrhagie. Non que la démonstration de celte hypothèse soit absolument possible pour tous les cas; mais, à ne s'en rélérer qu'à leur similitude avec les altérations de même apparence survenant à la suite de l'infection gonococcienne, et à l'affirmation de quelques auteurs qui considèrent ces saillies trachomateuses comme autant de nids à gonocoques, il est prudent de baser sa conduite sur cette donnée, toute problématique qu'elle puisse être.

De toute façon, un devoir s'impose à l'accoucheur, c'est de tarir autant que possible les sources de l'infection, quelle qu'en soit la nature. Et ce devoir a un double objet également important : d'abord préserver la mère d'une infection post payHum, et ensuite garantir les yeux de l'enfant contre toute contamination, dans son passage au travers des voies génitales.

L'infection du col utérin est autrement délicate à apprécier, et cela pour diverses raisons.

Le col, j'en ai acquis la preuve certaine par des examens répétés, des cultures et des injections chez les animaux, contient dans ses utricules des germes pathogènes, lorsqu'il a été touché par une infection de nature sérieuse. J'ai dit et écrit bien souvent que le col utérin était, au trajet génital de la femme, ce qu'est l'urèthre postérieur, par rapport au conduit urinaire chez l'homme. Il est le

réceptacle des infections tenaces; et les raisons anatomiques sont les mômes dans les deux cas.

Pendant lu grossesse, le ramollissement qu'il subit, en même temps que la congestion passive dont il est le siège, déterminent souvent une exagération des sécrétions qui, avant la conception, avaient été rendues discrètes par le siège ntriculaire profond des agents infectieux ou par un traitement topique. Il faut bien qu'il en ait été ainsi pour que la fécondation ait pu se produire.

On voit donc des raétrites cervicales, atténuées jusque-là, prendre, chez la femme enceinte, des proportions inattendues. La muqueuse devient étonnamment épaisse, turgide; des saillies miliaires ou perlées s'y dessinent enfouie; les œufs de Naboth, vrais kystes acineux, s'y développent avec des proportions inusitées. La sécrétion est profluente; la surface d'aspect bourgeonnant, fongueux, violacé, saigne facilement.

Le produit de sécrétion est purulent par moments, muco-purulent en général. 11 consiste en une glaire épaisse, jaunâtre, adhérente.

Quand on examine ces cols, on voit certains kystes présenter une coloration jaune opaque. Si on les ouvre avec l'extrémité d'un bistouri, il s'en écoule du pus. Le pourtour du kyste est souvent œdémateux, d'un rouge plus vif que le reste du col; l'organe est douloureux spontanément et au toucher.

Je ne veux pas insister sur les conséquences de ces lésions lorsque, après le passage du fœtus, le col, distendu et aminci, a déversé dans le vagin le contenu de ses utricules et surtout loisqu'il s'est produit des lésions traumatiques à son niveau, ce qui est la règle.

La théorie seule indique que l'infection est à redouter de ce fait, pour les suites de couches et justifie l'usage si ancien des injections vaginales antiseptiques post partum qui, certes, sans être d'une réelle efficacité, tendaient néanmoins à neutraliser l'infection dans son siège le plus fréquent, le col déchiré, et à entraîner les produits conlaminateurs au dehors.

Mais la pratique même a montré les dangers de cette infection permanente et j'en reparlerai à propos de l'antisepsie post parfum.

Pour l'instant il importe de se pénétrer de l'utilité d'assainir le milieu génital par tous les moyens possibles.

a) Dans les formes légères habituelles de Vinïeciion, qu'on pourrait

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appeler normale, du trajet vulvo-vaginal, comme on peut le dire de l'infection normale de la bouche, du nez, etc., les injections antiseptiques, les lavages fréquents forment la base du traitement. Je ne veux pas m'inscrire en faux contre les expériences qui montrent que ces pratiques sont décevantes, si on compte sur elles pour aseptiser entièrement les organes, et je connais la rapidité avec laquelle les germes détruits ou atténués, par une première injection, sont capables de repulluler. Steff'cck a fait ressortir la difficulté d'obtenir une désinfection complète; mais la question, en pratique, n'est pas aussi compliquée qu'elle le paraît. L'important est d'attaquer le plus souvent possible les germes de l'infection, pendant la grossesse, et de les poursuivre avec ténacité, aux approches de l'accouchement, avec les antiseptiques les plus sûrement microbicides, par la répétition ((uotidienne des irrigations prolongées. Les brossages de la vulve et du vagin sont inutiles et ont le grave inconvénient de créer des érosions, des pertes de substance qui permettent à l'infection de se propager en profondeur et de mettre les microbes pathogènes hors de l'atteinte ultérieure des agents de désinfection. Ajouter un traumatisme à l'infection n'est point un bon moyen de la juguler, si l'on n'est pas certain de la détruire entièrement et partout, ce qui est le cas.

D'ailleurs n'oublions pas que, dans ces cas d'infection légère, superlicielle, les microbes pathogènes sont de virulence très atténuée et de caractère peu nocif. M. le D' Bourges, mon chef de laboratoire, a examiné et cultivé souvent du pus provenant de vaginite gravidique, profluente, qui a fourni du streptocoque vivace mais non pathogène. Injecté à des souris que l'on sait être très sensibles au streptocoque, cet organisme n'a rien produit. 11 est vrai de dire que cela ne prouve pas que ce microbe atténué ne retrouvera pas une certaine virulence après l'accouchement dans un milieu de culture plus favorable tel que la lymphe, le sang.

b) Dans les cas plus sérieux, la question delà désinfection change. La vulvife folliculaire et la vaginite granuleuse sont rebelles à tel point que la lutte contre l'infection doit être ici rigoureuse, absolue. La persistance et la forme des lésions révèlent la virulence et la résistance des germes qui les ont créées.

La destruction des végétations papilliformes aux orifices excréteurs des glandes vulvaires et uréthrales doit être tentée, et s'obtient aisé-

ment par les moyens connus : caustiques, cautère, ablation suivie (le la cautérisation.

La vaginite granuleuse est autrement rebelle. Les injections môme de solutions fortes de sublimé ne suffisent pas. Je n'ai réussi qu'avec l'un des moyens suivants :

Tamponnement du vagin avec gaze ou ouate recouverte d'onguent liydrargyrique simple belladone, que l'on introduit, après avoir asséché entièrement la surface du vagin, et que l'on laisse à demeure douze à quinze heures; après quoi, on les retire et on fait une injection antiseptique. Il faut répéter plusieurs fois ce traitement pour tarir la suppuration. Et pourtant, dans quelques cas très rebelles, je n'ai réussi qu'à moitié. La desquamation du vagin s'effectue presque sans douleur, grâce à la belladone.

Une autre pratique consiste à badigeonner fortement toute la surface du vagin avec de la glycérine iodée par parties égales, et à tamponner ensuite avec de la gaze iodoformée. Au bout de vingtquatre heures, on retire la gaze et on fait une injection de sublimé en solution forte à l/^000^ On répète ce traitement jusqu'à ce que la sécrétion soit tarie.

La desquamation du vagin s'obtient plus sûrement encore par le badigeonnage de teinture cViode pure et elle a cet avantage que, lorsque le revêtement épithélial tombe, il est déjà remplacé par un nouvel épidémie déjà constitué. On peut alors user efficacement des injections de sublimé.

Reste le col utérin. Contre l'infection endocervicale et les kystes, ce n'est pas un traitement par les injections, ni le grattage, ni le frottage avec les doigts qui peut réussir.

Il devient nécessaire d'instituer une thérapeutique méthodique et suivie, faite avec mesure et prudence, mais aussi rationnelle que la nature invétérée des lésions la nécessite.

Large ouverture des kystes saillants, suivie de l'abstersion du contenu au moyen de tampons de glycérine légèrement créosotée à 1/10''. Si possible, au moment même de l'ouverlnre, promener un pinceau imbibé de glycérine iodée à 1/100° sur la surface de tous les kystes béants .

La cavité cervicale peut être irriguée avec douceur au moyen de la solution de sublimé au 1/1000% puis essuyée avec un écouvillon très

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