THAITEMENT DE L'INFECTION AIGUË
atteinles, ce qui est aussi à vérifier, la série des moyens à employer est tout entière à emprunter à l'ancienne pralique.
On est en présence, en effet, de ces formes à infection diffuse, dans lesquelles les épilhéliums et le derme muqueux, parfois le slroma sous-jacent à la muqueuse, sont intéressés. C'est la forme aiguë, ou, si le mot ne convient pas, une forme telle que les efl'els rapidesde l'infeclion devancent toute action efficacedn traitementaclif.
Voici la thérapeutique à suivre :
Le repos: les lavages fréquents du vagin et du col avec des soliilions de sublimé; les tampons vaginaux à demeure, tantôt imbibés de glycérine diversement antiseptisée (action dialysanle, to()ique, sur le col utérin), tantôt calmants (par addition de médicaments analgésiants) ; les révulsifs sur l'abdomen, en cas de désordres abdominaux, etc.: les émollienls et les balsamiques en cas d'uréthiite. En un mot, ce sera le traitement de la chavde-pisse aiguë de la femme, tel que le comprennent les médecins spécialistes, et sur lequel je ne veux pas insister.
Restent les cas subaigns et les cas clironiqtœs anciens où le fait de la localisation devient prédominant.
Récentes ou anciennes, les lésions sont ici passibles d'un traitement local, qui, pour n'être pas toujours heureux, n'en est pas moins indiqué, rationnel et dépourvu de tout danger.
Si la blennorrhagie est confinée exclusivement au col, et il faut admettre que la chose arrive, j'en ai vu et cité des cas, la situation diffère, car un danger naîtrait certainement de l'occlusion partielle ou totale de son conduit.
Je ne sais pas si ce que disent quelques auteurs, que chez les nuUipares la blennorrhagie s'attarde dans le col et que chez les multipares elle est plus franchement envahissante, leur est bien apparu tel, mais j'ai une tout autre opinion à cet égard, et j'incline à croire le contraire d'après mes observations personnelles. La gonorrhée latente de Nœggerath n'est-elle donc pas précisément la maladie des nullipares, des jeunes mariées et la cause fréquente de la stérilité? J'estime l'idée de Nœggerath exagérée, je l'ai dit déjà: mais, pour d'autres raisons, je trouve peu en harmonie avec l'observation l'opinion précitée. Je pense que, à virulence égale et même peut-être à virulence moindre, le gonocoque trouve un terrain très
514 INFLAMMATION lil.KNNUUlUIAr.lQUE.
vulnérable chez la \ierge et que rinfection précoce extensivc est la règle. Elles sont rares les observations de ce genre, bien exactement prises et interprétées, mais j'ai rencontré des cas assez précis pour pouvoir affirmer le fait.
Ce qui est peut-être de nature à mettre d'accord ces deux avis opposés, c'est la supposilion suivante : L'infection atténuée, insidieuse, chez certaines femmes, débute au col et accomplit rapidement son parcours du col au péritoine, en marquant à peine son passage par des lésions qui s'éteignent assez vite dans le corps utéiin et la trompe. Mais le col est l'Iiabitat de choix comme ou sait, c'est l'éponge qui arrête et retient les éléments infectieux, c'est leur premier et dernier cantonnement. D'où il suit que, vraisemblablement, telle cervicite gonococcienue, qui parait récente et bien cantonnée, n'est souvent que le vestige unique, permanent, d'une gonococcite qui a été généralisée, mais insidieuse et subaiguë, c'est-à-dire suffisamment atténuée pour avoir à peine touché le corps utérin et la trompe, ces deux régions s'étant débarrassées spontanément de l'élément infei tieux.
Dans ces cas, que mon interprétation soit acceptée ou non, il y a à faiie, et le médecin doit adopter un lôle actif. Le traitement veut être cependant mené avec vigilance et une prudente réserve. Le succès est dans la minutie des détails.
La médication consistera dans l'emploi des moyens qui doivent viser les objectifs suivants, solidaires les uns des autres :
1" Détruire radicalement les gonocoques dans le col;
2" Les atteindre dans leurs reli'aites les plus profondes;
5° Pour cela, il faut multiplier l'action des agents microbicides, par la répétition des lavages antiseptiques spéciaux;
4" Étaler, metire à découvert le plus possible les diverticules folliculaires profonds;
h" Maintenir le col béant et son trajet largement ouvert, par un bon drainage, pendant un temps suffisant;
6" Se metire à l'abii des léinléctions venant d'en bas par la vulve et le vagin, ou d'en haut par la filtration des exsudats tubaii es, si les trompes sont infectées. Dans ce dernier cas d'ailhun-s, le traitement intra-utérin, loin d'être contre-inditpié, est d'un ellét favorable.
Comment ié|)ondre à la première indication? Vraisemblablement par le choix du meilleur agent microbicide pour le gonocoque.
TliAITEME.NT DE L'INFECTION SUBAIGUË. 515
Janef, nprès d'aiitics auteurs, A. Reveidin do Genève, en particulier, a préconisé spécialement le permanganate de potasse. Quelques spécialistes veulent voir, dans le nitrate d\trgent dilué, une espèce de spécitique contre le gonocoque. J'en sais qui tiennent, malgré tout, pour le ehlorure de zinc plus ou moins étendu, ou pour le nitrate acide de mercure sous la même forme; la plupart enfin s'en tiennent au bicliloriire de mercure.
Schatl'er l'ccommande une substance particulière, l'argentamine (éth\lène, diamine, phosphate d'argent). Elle seiait très énergique comme microbicide et, n'ayant pas l'inconvénient du nitrate d'argent d'être précipité par l'albumine et le chlorure de sodium, pénétrerait plus profondément dans les tissus.
Je note que c'est uniquement comme choix d'un spécitique antirjonucoccique que j'entame cette courte dissertation, car s'il s'agissait d'antiseptiques simplement, la chose serait vite jugée : ils sont tous bons ou mauvais, suivant qu'ils ont le degré d'action suflisant pour le but à réaliser, et ce di'gré d'action dépend de leur titre.
Donc, pour la valeur des antigonococciqnes, ou, pour ne rien préjuger, des antiblennorriiagiques, les opinions peuvent ditï'érer; mais, en réalité, le pi-oblème n'est pas si complexe qu'il en a l'air. Les sels mercuriques sont d'une action inconlestable, énergi([ue et rapide.
Le point important n'est pas dans cette discussion; il git surtout dans l'action en profondeur. Or, les lavages sont le remède de la première heure. Si nombreux et répétés qu'on les fasse, loisque le microbe a gagné les cryptes folliculaires et les culs-de-sac, l'efl'et des lavages devient douteux. A la vérité, il n'est pas difficile de déterminer à quelle profondeur le microbe est logé; mais si l'on réfléchit que l'attention n'est généralement appelée, sur des phénomènes d'intensité modérée, que tardivement, il est à craindre que le mal ne soit déjà profond quand le médecin peut agir.
La conclusion, pour moi, c'est que la dilatation, lente, progressive, excessive et répétée, est l'élément le plus sûr du traitement intra-utérin sur lequel on ait le droit de compter le plus. J'ai déjà combattu et discuté pour l'adoption de cette méthode qui, pour quelques inconvénients, offre des avantages inappréciables. Ce n'est pas le lieu d'insister sur cette technique.
A la dilatation on doit associer une antisepsie de tous les instants et suffisamment prolongée.
INFLAMMATION BLENNORUlIAfilQl K
TRAITEMEM' DES LÉSIONS BLEKNORRHAGIQUES PERSISTAMES.
Ail cours (lo l'exposé qui précède, j'ai louché à nombre de points relatifs aux lésions gonococciennes arrivées à la période chronique. Ces lésions, une fois invétérées, rentrent dans la catégorie des localisations morbides fixées dans tel ou tel organe de l'appareil génital, et y ayant déterminé des altérations des tissus, le plus souvent définitives et irrémédiables.
Parmi ces lésions, les plus communes sont la cervicile scléreusc et la salpingite Hiippuréc chronique. Plus rare est l'ovarite sclérokystiquc. Je ne puis que renvoyer pour le traitement aux considérations exposées à propos des infections banales chroniques ayant réalisé des lésions semblables à celles de la blennorrhagie, dans l'utérus et les annexes.
Le traitement chirurgical, l'ablatiou des tissus ou des organes malades, devient, après l'épuisement des moyens conservateurs déjà énumérés, la ressource unique et légitime contre ces alVections.