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EXFOLIATION DE LA MUQUEUSE ET AVORTEMENT

C'est encore à une lésion de la muqueuse qu'est due l'hémorrhagie qui résulte de Vexfoliation de la muqueuse utérine en totalité, le derme y compins. Cette muqueuse a généralement subi des lésions profondes par lesquelles s'explique le phénomène insolite de l'exfo ^iation.

La perte sanguine, dans ces cas, prend assez les allures de l'hémorrhagie dans l'avortement. Elle est précédée généralement d'une aménorrhée d'un ou plusieurs mois.

Elle s'accompagne de douleurs expulsives qui durent aussi long temps que se fait le détachement de la membrane à éliminer. Elle est suivie de l'expulsion parcellaire ou totale de cetle membrane.

Elle diffère de la fausse couche par l'absence des signes habituels de la grossesse à son début.

La répétition du phénomène anormal chez la même femme initie rapidement le médecin à la cause de la perle.

Il n'en est pas moins vrai que l'ensemble du phénomène réalise une fausse couche en miniature.

L'hémorrhagie rarement unique, plus fréquemment répétée et abondante, qui marque le début et l'accomplissement de Vavorfement vrai des deux ou trois premiers mois, présente de tels caractères qu'il n'y a pas lieu d'y insister ici.

Les commémoratifs symptomatiques du début de la gestation, l'ensemble des phénomènes sympathiques, le volume anormal de l'utérus entourent le diagnostic de garanties suffisantes.

En cas de gravidité anormale, de grossesse extra- utérine, il y a aussi des pertes sanguines.

Celles-ci débutent généralement avec les troubles occasionnés par l'évolution ectopique de la grossesse, la douleur, la réaction péritonéale, etc. Elles s'accentuent s'il survient un avortement tubaire,

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et surtout à chaque tissure de la poche salpingienne donnant naisà une hémorrhagie interne.

Leur caractère est d'être continues avec des redoublements paroxystiques, et parfois expulsion de parcelles de caduque. Mais jamais elles ne prennent des proportions considérables.

L'anomalie même d'une perte utérine prolongée, coïncidant avec ime tumeur dont la nature gravidique est révélée par l'ensemble symptomatique, et avec la constatation, par l'hystéromélrie, d'un utérus de dimensions à peu près normales, est le principal phénomène qui doit éveiller l'attention et permettre de fixer le diagnostic.

On peut dire, en somme, que ces trois phénomènes comparables mais non identiques, se révélant tous trois par des métrorrhagies répétées, l'endométrite exfoliatrice, la fausse couche, la grossesse extra-utérine, et évoluant avec un cortège de symptômes qui se ressemblent assez, doivent être appréciés avec l'aide des moyens d'investigation appropriés, rhéinorrhagic n'offrant par elle-même qu'un caractère incertain.

Le médecin, dans ces cas, aura besoin de toute son attention et de toute sa sagacité.

Hémorrhagies par lésions du stroma musculaire de l'utérus.

Dans le cadre des hémorrhagies utérines qui ont pour origine un trouble ou une altération matérielle de la structure, une néoplasiede ta tunique musculaire de l'utérus, nous trouvons comme causes précises :

a) La subinvolution.

b) La sclérose.

c) Les néoplasmes fibreux et cancéreux.

Elles sont caractérisées par la coexibtence d'un phénomène commun : Vamjnientation de volume de la matrice.

MÉTRORRUAGIES DANS LA SUBLNVOLUÏION.

a) SUBIiSVOLUTION.

La siibinvolution crée, dans le muscle utérin, un état d'atonie fort explicable par la persistance d'éléments anatomiques dégénérés, non encore remplacés. La fibre musculaire vieillie ne peut plus remplir son rôle comme élément modérateur de la circulation, les vaisseaux sont forcément ectasiés, les lymphatiques restent agrandis également; et, comme conséquence, l'organe est volumineux, déformé, de consistance moins élastique qu'à l'état normal. Il offre bien tous les caractères décrits autrefois sous le nom d'engorgement chronique.

Dans de telles conditions, les ménorrhagies sont fréquentes. Le retour de couches est très abondant et dure longtemps, les règles suivantes sont précoces et offrent le même caractère hémorrhagique, et cela peut se renouveller ainsi pendant des mois successifs, au point d'amener une anémie marquée et d'effrayer la malade.

Il n'est pas rare qu'après une involution irrégulière de l'utérus, il ne persiste un peu de prolapsus et que, désormais, la menstruation ne reste définitivement plus abondante, il était utile de signaler le fait.

h) SCLÉROSE UTÉRINE.

La sclérose utérine qui est une forme de dégénérescence du stroma musculaire, où celui-ci se trouve remplacé par un élément parasite, en quelque sorte, le tissu fibreux, n'est pas assez connue pour que nous y insistions beaucoup.

Néanmoins, comme cause de métrorrhagies, coïncidant avec l'augmentation générale du volume de l'utérus, la sclérose diffuse, quelle que soit son origine, se rapproche de la subinvolution : même hypertrophie, même atonie, avec congestions faciles et excessives, en un mot insuffisance de l'action musculaire.

L'hémorrhagie utérine, dans ces cas, n'est pas seulement la ménor-

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lhagie, comme dans le cas précédent, mais aussi la perte proprement dite. A certaines périodes, il existe un état fluxionnaire persistant, pendant lequel le sang apparaît d'une façon fréquente et inattendue.

Si des troubles psychiques surviennent, des deux éléments associés, altération matérielle du muscle et névropathie momentanée, résulte un de ces états fluxionnaires avec pertes sanguines graves.

c) MÉNOPAUSE.

Si la malade est âgée, si elle est à la période de la ménopause, les conditions réunies : sclérose, état nerveux, trouble cataménial de la ménopause, constituent une trilogie d'éléments associés prédisposant au plus haut degré à l'hémorrhagie.

Les caractères diagnostiques de la perte résident, dans les cas précédents, dans le fait qu'il s'agit d'un gros utérus non gravide, et non infiltré par une néoplasie commençante; — que la malade présente les attributs de la sclérose généralisée cl les stigmates du neuroarthritisme.

Notons que, par opposition avec les cas qui vont suivre, l'utérus, ici, ne dépasse jamais un certain volume : on peut le dire gros, mais il ne donne pas l'idée d'une tumeur.

d) HÉMORRHAGIES DANS LE FIBROME ET LE MYOME UTÉRINS.

Les perles de sang éprouvées par les femmes affectées de fibrome utérin se présentent de différentes façons : sous forme de ménorrhagies ou de métrorrhagies.

Elles appartiennent à toutes les périodes de la vie sexuelle de la femme : le début de la menstruation, la période d'état, la ménopause et même la phase qui succède à cette dernière.

Il faut dire d'abord qu'elles peuvent manquer, dans certains cas, et même que certaines malades atïectces de fibromes peuvent présenter de l'aménorrhée passagère.

MÉTROliRHAGIES DANS LE FIBROME UTÉRIN". 379

La régidarité des mensirues, dans le cas de fibrome utérin, s'observe surtout chez les femmes qui mènent une \ie active. Les femmes de la campagne, qui passent la plus grande partie de leur temps au grand air, en sont un exemple fréquent. Les règles durent 4 ou 5 jours et sont assez abondantes les '2 ou 3 premiers jours, mais ceci ne tranche pas notablement sur l'évolution menstruelle en général. Nous avons vu le môme phénomène se produire chez des sujets dont la profession exige une dépense de force musculaire notable : des danseuses en particulier.

L aménorrJtée passagère se rencontre dans les cas où les ovaires sont envahis eux-mêmes, de bonne heure, par une dégénérescence fibreuse, et arrivent à une véritable calcification qui suspend leur fonction. Nous possédons des exemples de ces faits, démontrés par l'inspection directe de l'appareil génital, au cours ou à la suite d'opérations entreprises contre la tumeur fibreuse.

Hormis ces circonstances, il y a surabondance de l'écoulement sanguin menstruel.

Ménorrhagies. — Les règles durent 8 ou 10 jours et la perte est considérable, au point que la malade reste afiaiblie pour un temps. Lorsque cette spoliation sanguine se montre excessive pendant quelques mois de suite, une anémie véritable en est la conséquence et coïncide avec l'afiaiblissement général de l'organisme.

La répétition des règles profuses apparaît })ar périodes de 2 ou 5 mois et cadre souvent avec des modifications de l'état psychique et de l'état physique. Chaque année semble ainsi ramener, pour les malades, une époque critique qui se traduit par le retour de ces accidents.

A ces phases de ménorrhagie succèdent des phases de réduction dans la durée et l'abondance des règles. Le repos, le bien-être, l'équilibre physique et moral jouent un rôle important dans ces accalmies.

Il est néanmoins constant que beaucoup de malades semblent s'habituer à ces pertes anormales et que, chez elles, la réparation des forces et du sang s'cfiectue aisément. Ces malades ont l'accoutumance de l'hémorrhagie.

Il est une forme de ménorrhagie, dans les fibromes, qui n'a pas suffisamment attiré l'attention, ce nous semble: c'est celle qui est caractérisée par ce qu'on appelle Vavance des règles.

m SÉMÉIOLOGIE GÉNÉRALE.

Des malades assez nombreuses ne perdent pas avec excès ni comme quantité ni comme durée, n'ont point d'hémorrhagics dans l'intervalle des époques régulières, mais, au lieu de voir les menstrues apparaître tous les 50 jours ou tous les '28 jours, sont habituellement réglées tous les 24, ou même tous les 20 jours. Les variétés sont grandes de ces avances de règles.

Si, dans l'interrogatoire, on n'y prend garde, on peut, à l'occasion d'un diagnostic délicat, être trompé par l'affirmation des malades qui accusent une parfaite régularité de la menstruation.

En y réfléchissant bien, cependant, on voit quelle spoliation excessive dérive de ce fait. Ainsi, tandis qu'une femme bien portante, menstruée tous les 50 jours durant 6 jours, a 12 fois ses règles par an, ce qui fait qu'elle perd du sang 72 jours pendant l'année, soit 72/565, une femme menstruée tous les 20 jours, pendant le même temps, voit 18 fois ses règles, c'est-à-dire pendant 108 jours par an, soit 108/565. Cela équivaut à 58 jouis d'hémorrhagie de plus que la pi'emière. Ajoutez à cela qu'il y a généralement plus ou moins de profluence de l'hémorrhagie chez la dernière.

Métrorrhagies. — Ce cas est si fréquent dans le fibrome qu'on peut dire qu'il est la règle, et que ce symptôme est précieux pour le diagnostic.

L'hémorrhagie se produit sous forme intercalaire le plus souvent, e'est-à-dire qu'après un répit de huit, dix ou quinze jours, les règles, disent les malades, réapparaissent pour un temps et cessent de nouveau jusqu'à la date régulière de l'époque la plus prochaine.

Parfois il n'y a point d'intervalle sensible entre les phases hémorîfhagiques ; durant certains mois, la malade est constamment dans le sang. C'est à peine s'il y a atténuation de la perte pendant quelques iours après l'époque régulière et avant l'époque suivante, la période intercalaire étantalorsmarquéepar une recrudescence de l'hémorrhagie.

Caractères physiques du sang. — Le sang est fluide ou mélangé à des caillots.

Fluide, il a sa couleur et son apparence habituelles.

Les caillots sont de volume, d'abondance et d'aspect variables. 11 faut, en effet, distinguer les caillots, plus ou moins vermiculaires, qui se sont formés dans une cavité utérine spacieuse et ont passé avec difficulté au travers d'un trajet cervical qui les a laminés pour ainsi

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dire, des amas de sang coagulé dans le vagin où il a peu séjourné.

Les premiers sont durs parfois, et décolorés en partie, ou striés de traînées fibrineuses. Les seconds sont peu denses, d'une cohésion imparfaite et toujours colorés vivement,

A côté de ces caractères, il faut noter les pertes pseiido-hydrorrhéiques qui apparaissent chez les femmes profondément anémiées et viennent remplacer l'écoulement sanguin pur. Le liquide ici esé pâle, rosé, abondant, très fluide. C'est le sang réduit au sérum et à une fort petite quantité d'éléments colorants. Certaines femmes perdent, de la sorte, d'une façon vraiment extraordinaire et s'en trouvent aussi afïaiblies que s'il s'agissait d'une hémonhagie véritable.

Parfois, chez les sujets tout à fait cachectiques, et lorsque la muqueuse utérine paraît avoir subi des modifications d'ordre plastique qui équivalent à une sorte d'infiltration myxomateuse des éléments cellulaires sécrétants, il s'agit d'une hyârorrhée véritable : le liquide n'est même plus teinté; c'est de l'eau tenant en suspension des albuminoïdes, un sérum sanguin incomplet, mêlé à une sécrétion muqueuse très étendue.

Cette forme d'écoulement qui équivaut à une perte hémorrhagique, malgré les caractères distincts que nous venons de mentionner, ne doit pas être confondue avec l'écoulement incolore qui habituellement apparaît et dure un ou deux jours après les véritables menstrues.

Elle ne doit pas être confondue non plus avec l'écoulement muqueux teinté de sang qui la précède.

Caractères si/mploinatlques de Vhémorrluujie dans les fibromes^ — La perte dans les fibromes est généralement abondante, parfois, profuse, le sang coule à flots, C'est là un de ses principaux caractères.

Elle est rarement indolore.

Presque toujours elle est précédée d une phase très pénible de sensibilité de l'abdomen, avec tension et gêne considérable des viscères pelviens, de péritonisme, subordonné, bien entendu, au volume et au siège du fibrome. Ces phénomènes sont motivés par l'expansion prémenstruelle de la tumeur, son augmentation de volume et les phénomènes de compression qui en sont la conséquence.

L'apparition du sang est généralement accompagnée de douleurs

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spasmodiques, de véritables coliques dont iî a été question ailleurs; ensuite d'une nervosité morbide avec excitation ou au contraire abattement. Ce caractère n'est pas à négliger, car il révèle un des principaux facteurs de l'accident. Il nous a semblé en effet que, cliez certaines femmes, la terreur inspirée par l'attente du retour de la" perte, l'angoisse éprouvée, créent un trouble nerveux très favol able à l'apparition et à l'aggravation de l'hémorrhagie.

Entln toute phase hémorrhagique est suivie d'une période d'affaiblissement très marqué.

Signalons, à titre de phénomènes exceptionnels, constituant de véritables complications liées à l'hémorrhagie des fibromes, rhématosalpinx et les embolies.

Marche et dates (Vapparition diverses de fhémorrhagie. — Nous avons dit que les sujets très jeunes, des jeunes filles à peine menstruées pouvaient être alfectées d'accidents hémorrhagiques liés à la présence d'un fibrome. C'est qu'en effet, ce genre de tumeur, bien que particulièrement commun chez les adultes, se rencontre môme chez les enfants.

Il faut préciser ici que, même avant qu'il existe un noyau myomateux ou fibromateux, circonscrit, si minime soit-il, l'utérus peut déjà traduire sa tendance à contracter cette forme de dégénérescence, par des congestions anormales et excessives, une sorte de pseudo-hypertrophie dont tout l'organe se ressent. Ceci explique que telle femme qui ne présentera de signes réels d'une tumeur fibreuse utérine qu'à l'âge de trente ou trente-cinq ans, ait été déjà, dès la puberté ou peu après, affectée de ménorrhagies véritables. Le point est d'une appréciation délicate, mais il n'en est pas moins dans la logique des faits.

Dans Vâge nioijen de la vie sexuelle, il y a, nous l'avons dit, ou il n'y a pas de phénomènes hémorrhagiques et c'est souvent un élément d'optimisme pour certains médecins qui tendent à atténuer le pronostic général des fibromes utérins. Nous ne pouvons pas partager cette appréciation. C'est qu'en effet il est une période où l'hémorrhagie est en quelque sorte inéluctable, c'est la péiiode qui précède la ménopause définitive, dans la période de la ménopause, si l'on préfère, à condition de ne pas oublier qu'elle peut être de plusieurs années. Or, durant ces années, il n'y a presque pas

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d'exemple que le fibrome ne s'accroisse notablement, en s'accompagnant de perles. C'est donc la période vraiment critique pour ces tumeurs.

Après la ménopause, l'hémorrhagie peut encore continuer à signaler la présence d'un fibrome volumineux, ou faire suspecter l'évolution d'un libroïde de petit volume vers la cavité utérine.

Ces derniers cas se présentent tout comme se présenterait un début de cancer utérin intra-cervical et veulent ôire mis en évidence par l'examen direct du point suspect.

Quant à l'évolution persistante d'un gros myome, même après la ménopause, c'est un fait reconnu comme banal aujourd'hui, surtout quand la tumeur est de gros volume. S'il est de volume moyen, il y a quelques chances d'arrêt, mais toujours danger de superposition d'une lésion néoplasique maligne. Le fait est exceptionnel, mais réel.

Or, de ceci il résulte que des liémorrhagies sont toujours à redouter dans ces cas et que l'âge ne doit point faire éliminer l'idée de fibrome.

Les causes directes de la perte de sang sont variables : le fait môme d'un corps étranger, la tumeur, dans le stroma utérin, affaiblit celui-ci et le rend atone.

Le voisinage de la tumeur avec la muqueuse utérine agit sur cette dernière pour créer des congestions apoplectiques qui dégénèrent en hémorrhagies; au-dessus d'un tibrome sessile ou ([ui tend à se pédiculer, le muscle utérin est généralement infilti'é de sang et la muqueuse est altérée de même façon.

L'endométrite à forme végétante, qui coïncide parfois avec le myome, peut aussi expliquer quelques formes d'hémorrhagie, mais non toutes. 11 faut en tenir compte sans exagération et savoir que la muqueuse utérine peut être normale, dans un utérus fibromateux, tandis que les hémorrhagies sont abondantes.

L'augmentation de surface de la cavité utérine suffirait d'ailleurs à elle seule pour faire comprendre l'abondance des règles.

L'état nerveux habituel, l'anémie qui résuite des premières pertes sanguines créent une réelle prédisposition à des hémorrhagies nouvelles. Nous laissons de côté les causes hypothétiques qui ont été données de la perte de sang due aux fibromes, pour nous en tenir aux précédentes, qu'il est toujours indispensable de bien connaître pour asseoir une thérapeutique utile.

SÉMÉIOLOGIE GÉNÉRALE.

e) NÉOPLASIKS MALIGNES DU STROMA UTÉRIN.

Les néoplasies malignes du tissu musculaire, cancer, épitliélioma, sarcome, existent bien certainement et peuvent prendre naissance dans les éléments du stroma utérin.

Néanmoins, l'hémorrhagie ne devient un symptôme de ces affections qu'autant que la muqueuse est impressionnée par le processus dégénératif, ce qui arrive précocement, vu la marche de ces productions.

Nous ne pouvons donc que renvoyer aux hémorrhagies du cancer, déjà exposées.

ni

Hémorrhagie par lésions des annexes.

Les affections chroniques des annexes sont une cause de métrorrhagie, plutôt même de ménorrhagie. Ce fait est reconnu par tous les gynécologues et le mécanisme de la perte semble tellement simple qu'on ne le discute pas, car il rappelle le cycle physiologique de la menstruation. L'irritation permanente de la trompe et de l'ovaire, par l'évolution d'une lésion persistante, a pour contre-coup la fluxion excessive de l'utérus, au moment des règles, et des fluxions intempestives dans la période intercalaire. On pourrait assimiler le phénomène à une ponte déréglée.

En elle-même, l'hémorrhagie n'a aucun caractère et pourrait être prise pour un trouble névropatliique, n'était l'existence constatée d'une tumeur annexielle.

Phénomène intéressant, c'est que plus le processus est atténué, c'est-à-dire plus il respecte l'intégrité des tissus de l'ovaire et de la trompe, et plus les hémorrhagies u térines sont abondantes et répétées. Par contre, les grandes phlegmasies tubo-ovariques ont l'effet apposé et ralentissent ou suppriment même la menstruation. Les tumeurs annexielles, d'origine infectieuse banale ou de nature congestive, sont donc les plus à redouter, comme prédisposant à la ménorrhagie.

DE L'AMÉNORRHÉE.

DE L'AMÉNORRHÉE.

Tout important que soit un phénomène aussi insolite que celui de Y aménorrhée, il présente bien peu d'éléments de description et d'utilité, au point de vue d'un diagnostic positif à établir.

L'aménorrhée reconnaît plusieurs causes :

Un défaut de développement ou l'absence de l'utérus ou des ovaires;

L'atrésie des voies génitales ; La grossesse, l'allaitement;

Les altérations des ovaires, en particulier l'alrophie et les néoplasmes : sclérose, kystes, fibromes, etc. La rétroversion utérine au début; Un état nerveux ou névropathique; La cachexie ou l'anémie.

Elle est donc tératologique ou bien physiologique et, à ce titre, ne nous intéresse pas ; ou spasmodique, et elle ressortit à la neuropathologie; ou enfin dyscrasiquc et elle appartient au domaine de la pathologie interne.

Ce qui en rend l'étude moins intéressante, c'est que l'aménorrhée n'est pas, comme l'hémorrhagie, un trouble capable d'altérer la santé; ce n'est pas un accident, un danger; mais elle peut être l'expression d'un état morbide sérieux.

Le gynécologue aura donc à en rechercher la cause.

Son esprit sera guidé par les indications qui précèdent.

En présence d'un cas d" aménorrhée la première question qui se pose est la suivante : 1' a-l-ll ou non coexistence d'un élat général inquiétant, (Vune lésion génitale constatable?

\. — Si oui, il faudra songer à un cas d'atrésie congénitale ou acquise des voies génitales, à Vhématotnètre. L'examen fera reconnaître une imperforation utérine ou vaginale, et assez souvent une

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tumeur. Celle-ci évoluera avec des paroxysmes périodiques et un retentissement fâcheux s'exercera sur l'abdomen.

Le diagnostic résultera ici de l'examen direct fait scrupuleusement et minutieusement.

Ou bien il s'agira de néoplasies ovariques, du kyste de l'ovaire double principalement.

Coïncidant avec l'augmentation régulière et progressive du volume de l'utérus et des réflexes très accusés du côté du système digestif, elle apparaîtra aisément comme symptomatique de la grossesse commençante.

Il ne peut guère y avoir de confusion qu'avec la rétroversion d'un gros utérus, et encore ici l'aménorrhée est-elle de courte durée. Il faudra néanmoins examiner de très près la malade, quand on surprendra la cessation des règles coïncidant avec des nausées, un utérus volumineux déplacé, et se rappeler que l'aménorrhée et les retards prolongés ne sont pas rares dans la rétroversion à son début.

La névropathie est la cause la plus fréquente de l'aménorrhée subite et persistante. Cette anomalie se rencontre fréquemment chez les hystériques et souvent elle coïncide avec Fexacerbation des manifestations névropathiques extérieures, ou avec des règles vicariées, hématémèses, hémoptysies, hémathydroses, etc.

En dehors de l'hystérie, chez des femmes simplement nerveuses, une émotion profonde peut suspendre les règles pour un certain temps ou pour toujours. Nous connaissons une malade qui, depuis un ébranlement psychique très intense, n'a plus revu ses menstrues.

Les fausses grossesses, ou grossesses nerveuses, s'accompagnent fréquemment de suppression des règles. Ici, en raison de l'apparition des réflexes pseudo-gravidiques, il faudra étudier la malade avec circonspection et s'assurer de l'intégrité de l'utérus.

Songer aussi à la dysménorrhée pseudo-membraneuse.

II. — Si, au contraire, l'état local n'est nullement modifié, si rien dans l'appareil génital ne révèle un trouble, une maladie, un vice de développement, il faudra penser néanmoins à interroger l'état de la muqueuse.

Dans certains cas, on peut avoir afl'airc à une sclérose utérine

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précoce, s'accompagnant d'un processus atrophique marqué et d'une quasi-disparition de la muqueuse. Celle-ci est réduite à une mince membrane présentant les lésions de l'endrométrite interstitielle.

La malade a-t-elle subi des cautérisations intra-utérines intenses et répétées? — La destruction de la muqueuse entraine presque toujours une diminution de l'écoulement menstruel et, souvent, l'aménorrhée persistante.

S'agit-il au contraire d'une jeune fdle de constitution débile, d'une chlorotique, d'une convalescente anémiée par une maladie longue et sérieuse, d'une femme ayant éprouvé des hémorrhagies graves et répétées? — L'aménorrhée est la résultante d'un état dyscrasique spécial qui disparaîtra avec l'âge et une médication reconstituante.

Parmi les constitutions les plus prédisposées, on peut placer les a7'Hiritiques obèses. Les femmes qui sont dans de telles conditions, deviennent-elles obèses par suppression des règles, ou n'est-ce qu'une coïncidence?

La dernière hypothèse est la plus probable, car l'arthritisme comporte l'altération spéciale de la nutrition en môme temps que la sclérose atrophique des ovaires.

Dans ces cas, l'iodure de potassium et les douches froides, unis au régime d'amaigrissement, ont pu parfois ramener les menstrues et enrayer l'obésité.

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