‹ Introduction a la pratique gynécologiqueChapitre 105 sur 170 · MÉTRORRHAGIES PAR INFLAMMATION OU HYPERTROPHIE DE LA MUQUEUSE · texte numérisé non relu

MÉTRORRHAGIES PAR INFLAMMATION OU HYPERTROPHIE DE LA MUQUEUSE

La muqueuse de l'utérus est le siège de toute hémorrhagie utérine physiologique ou pathologique; il serait plus exact dédire qu'elle est l'aboutissant tînal de tout processus hémorrhagique ayant son siège dans l'organe de la gestation.

La congestion du réseau capillaire abondant, dont les mailles serrées s'entre-croisent dans le derme muqueux, augmente singulièrement l'épaisseur de Vendoinèlrc.

Une vive irritation tenant à l'infeclion de cette membrane, une inflammation persistante altèrent, par surcroît, la texture de ses vaisseaux et des éléments cellulaires qui la composent.

11 en résulte des formes d'endométrite dites végétantes, dont la forme la plus caractérisée aboutit à la production de saillies polypoïdcs dans lesquelles les glandes et les vaisseaux prédominent.

MÉTRORRHAGIES DANS L'ENDOMÉTRITE. 375

C'est dire que, seule, l'endométrite à la période congestive aiguë, ou dans ses formes végétantes, occasionne des hémorrhagies, tandis que l'endométrite scléreuse ou interstitielle cadrerait plutôt avec la rareté et le peu d'abondance de l'écoulement sanguin.

Le fait en lui-même est assez classique pour qu'il soit inutile d'y insister. Tout au plus est-il bon de souligner que des hémorriiagies pouvant se faire par la muqueuse utérine en tout état de cause et indépendamment de l'état même de celte muqueuse, ce symptôme perd beaucoup de sa valeur lorsqu'il s'agit d'endométrite.

L'étiquette hêmorrliagique n'ajoute proprement rien à l'idée que l'on peut se faire de la lésion elle-même.

En règle générale, cependant, les processus végétants, fongueux, polypoïdes exposent plus particulièrement aux pertes sanguines.

11 n'est même pas nécessaire qu'il s'y allie un élément inflammatoire vrai, car l'endométrium s'épaissit dans bien des circonstances qui ne toucbent en rien à un processus inflammaloiie, telles que les libroïdes utérins, à la suite d'aniénorrbéc accidenlelle el au moment de la ménopause, dans les périodes aménorrhéiques qui marquent cette phase de la vie féminine.

D'autre part, on est parfois étonné de rencontrer une muqueuse très épaissie chez des femmes qui n'ont jamais présenté d'hémorrhagie. 11 y a, dans ces cas, simple hypertrophie des éléments cellulaires sans néoformations vasculaires; et, dans des cas plus rares, on a affaire à une sorte de transformation adénomateuse de Tendomètre.

Les formes végétantes, fongueuses de l'ectropion cervical occasionnent parfois des pertes de sang peu abondantes, caractéristiques par leur durée.

Des polypes vasculo-giandulaires formant une masse isolée saillante sur la muqueuse utérine, nous n'avons rien à dire, sinon que les pertes qu'ils provoquent sont plutôt prolongées qu'abondantes. Il est impossible de diagnostiquer sûrement l'existence de ces productions, sans l'examen direct de la cavité utérine. Le seul indice ressort de l'aspect filant et sirupeux du sang qui sort parfois en longs filaments mélangés à du mucus.

L'inflammation prolongée de la muqueuse, surtout quand il s'y joint de la suppuration et une prédisposition spéciale, amène, au contraire, à la longue, la disparition des éléments glandulaires et l'atrophie des vaisseaux, par voie de dégénérescence scléreuse du tissu.

SÉMÉIOLOGIE GÉNÉRALE.

NKOPI.ASIES MALIGNES DE LA MUQUEUSE UTÉRL\E.

Elles siègent au col le plus souvent, et plus rarement dans la cavité du corps. Les hémorrhagies provenant des premières (épithélioma, cancer, sarcome) n'ont point de caractère spécial en dehors de leur peu d'abondance habituelle, de leur continuité et de leur odeur. La circonstance qui peut faire soupçonner la dégénérescence est surtout l'âge des malades. Ce sont habituellement les femmes âgées, ayant dépassé la ménopause, qui sont atteintes par le cancer. Toutefois les exceptions ne sont pas rares de femmes jeunes également affectées.

Dans les formes végétantes, dites en chou-fleur, l'hémorrliagie est parfois abondante et se répète à de courts intervalles, survenant à tout propos, en dehors des règles et au moment des règles, ramenées par les contacts, coït, examen, touciier, etc.

Le diagnostic de la cause de l'hémorrhagie est tout entier dans l'examen direct.

Les pertes, qui proviennent d'un néoplasme malin du corps de l'utérus, sont d'ordinaire assez abondantes, en raison de la fréquence du sarcome de l'épithelioma et du deciduoine dans cette région spécialement. Or, ces tumeurs sont végétantes, forment des bourgeonnements très vasculaires et très friables. Leur masse est considérable et l'hémorrhagie est forcément en rapport avec la surface saignante. Coïncidant, plus encore que les néoplasmes du col, avec un âge avancé et un état cachectique prononcé, ces pertes reviennent tous les deux ou trois mois avec une grande abondance; parfois à plus grand intervalle, dès le début de la néoplasie. Elles tranchent nettement avec les hémorrhagies continuelles, légères, sanieuses et rapidement fétides des néoplasmes ulcéreux du museau de tanche ou de la cavité du col. Elles ne ressemblent guère non plus à celles du fibrome qui s'apaisent d'ordinaire après la ménopause et qui ont un début très ancien, noté à coup sûr par la malade. Elles ont encore ce caractère assez commun d'alterner avec des pertes hydrorrhéiques, dès que l'anémie commence à se manifester. Cette hydrorrhée est très abondante et elle augmente à mesure que les pertes sanguines diminuent de violence. Le curage explorateur suivi

MÉTRORRHAGIES DANS LA DYSMÉNORRHÉE MEMBRANEUSE. 575

de l'examen du tissu morbide peut seul lever toute incertitude sur l'existence d'un néoplasme végétant malin ou un fibrome.

Page 1