III. Des conducteurs
IV. Des électrodes, instruments destinés à mettre le courant en rapport avec le corps de la malade, sur lequel ils sont appliqués.
Les appareils générateurs sont de deux ordres :
A. La pile, qui engendre les courants galvaniques ou continus;
B. La bobine de Ruhmkorff, qui détermine les courants faradiques ou induits.
A. — Pile.
Personne n'ignore qu'une pile est constituée toutes les fois que deux corps diflérents sont plongés dans un liquide capable d'attaquer l'un de ces deux corps. 11 suffit de les réunir par un fd conducteur extérieur, pour qu'un flux électrique se produise dans ce fil, allant du corps le moins attaqué au corps le plus attaqué. Dans l'immense majorité des piles, le corps attaqué est le zinc, — le corps inattaqué le cuivre ou le charbon, — et le liquide excitateur, une solution d'acide sulfurique.
La réunion de plusieurs éléments de pile constitue une batterie.
Au point de vue médical, la première des qualités d'une pile est sa constance.
Une pile constante est celle qui donne un courant d'intensité égale, pendant un temps assez long, soit cinq ou six mois, en fonctionnant, bien enlendu, d'une façon intermittente, comme cela a lieu pour les appareils médicaux. On voit de suite l'intérêt qui s'attache à la constance d'une pile.
Quand un appareil offre cette qualité on possède un instrument
ÉLECTROTIIÉRAPIE. 407
toujours égal dans ses efl(!ts et qui n'exige que rarement de fasti (lieuses manœuvres de recharge.
Les piles au chlorhydrate d'ammoniaque, type Leclanché, qui sont celles employées dans les sonneries des appartements, les piles au bisulfate de mercure à immersion, sont celles qui doivent actuellement être préférées. Gaitle construit une batterie au sulfate de
mercure et à immersion qui, pour les appareils transportables, nous parait actuellement préférable.
Pour les appareils de cabinet, tous les fabricants en possèdent divers modèles qui ne dilTèrcnt entre eux que par quelques points de détail. Les grands appareils de Gaiffe présentent en particulier une disposition des plus commodes.
Tous ces appareils, comme on le voit d'après les figures, sont munis d'un collecteur double. Ce collecteur, composé d'une série de boutons métalliques en rapport, chacun avec un élément, permet.
au moyen du glissement de la manette, de mettre en action, successivement et un à un, tous les éléments, de façon à n'atteindre que progressivement l'intensité voulue. Quand l'intensité de 50, 100
Kig. 155. — Appareil de cabinift.
ou 200 milliampères couramment employée est, en efl'et, brusquement mise en jeu, la patiente reçoit des secousses qui sont parfois dangereuses et en tout cas très désagréables,
11 y a donc un tics grand intérêt pratique à user du collecteur qui supprime cet inconvénient.
ÉLECTROTHERAPIE.
\B. — Bobine de RuhmJwi'ff.
Chacun connaît le principe de la bobine qui repose sur le phénomène de Vinduction. Un courant détermine, au moment de son interruption, un courant de sens contraire dans un ciicuit voisin. Ruhmkorlï, par une très heureuse disposition, a eu l'idée de faire passer les deux courants, le premier dit inducleur, le second dit induit dans des fils enroulés autour de deux bobines concentriques. Dans les appareils médicaux que nous conseillons, la bobine induite, qui est la plus extérieure, peut s'engainer plus ou moins dans la bobine inductrice, en glissant le long d'une réglette. Cette disposition des plus commodes a été imaginée par Tripier; elle permet d'augmenter ou de diminuer à volonté l'énergie du courant, en mettant en rapport avec Vinducteîir, un plus ou moins grand nombre de tours de spire de Vindiiit.
Une seule bobine est insuffisante, les qualités du courant d'induction variant avec la longueitr et le diamètre du fil induit.
Un fil gros et court donne une tension relativement faible; un fil long et fin une tension considérable.
On appelle tension l'énergie avec laquelle le courant tend à s'éloi-
Fig. 130. — Appareil à l'uradisation.
gner de sa source. Au point de vue pratique, l'application sur un muscle, d'un courant induit \i faible tension, donne lieu à une contraction musculaire presque dépourvue de toute autre sensation; un courant à haute tension provoque aussi une contraction musculaire, mais accompagnée d'une sensation très vive de piqûre, de pincement qui va rapidement jusqu'à la douleur. Les courants à faible tension
agissent donc sur les nerfs moteurs; les courants à haute tension sur les nerfs moteurs, mais aussi et surtout sur les nerfs sensitifs. En médecine, cette distinction ne manque pas d'importance. Dans une boîte en acajou, Gaiffe range une bobine à gros fil, une
bobine à fil fin, deux petits éléments destinés à donner le courant inducteur et le Irembleur, sans lequel, nous le savons, le phénomène de l'induction ne se produirait pas. Ce trembleur doit pouvoir donner des interruptions lentes et des interruptions rapides, soit de 2 par seconde, soit de 15 à 20.